3.2ii Troubles de santé mentale : Humeur
Guide à l’intention des familles sur les troubles concomitants – Partie I : Que sont les troubles concomitants ?
Dans : Guide à l’intention des familles sur les troubles concomitants (© 2008)
Aperçu : Problèmes de santé mentale

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Il est normal d’avoir des humeurs variées. En général, les gens contrôlent plus ou moins leurs humeurs. Lorsqu’on a l’impression
de perdre ce contrôle, on éprouve de la détresse. Les personnes ayant une humeur euphorique (manie) peuvent également avoir une humeur expansive, des pensées qui défilent, des troubles du sommeil, une estime de soi exagérée
et des idées grandioses. Les personnes ayant une humeur dépressive (dépression) peuvent avoir des symptômes tels qu’un manque d’énergie et d’intérêt, un sentiment de culpabilité et de la difficulté à
se concentrer.
Prévalence
Entre 15 et 20 pour 100 des femmes et entre 10 et 15 pour 100 des hommes auront un trouble dépressif majeur au cours de leur
vie.
Symptômes
Une personne qui éprouve au moins cinq des symptômes suivants satisfait au critère diagnostic d’un trouble dépressif majeur
:
- Humeur dépressive : Une humeur dépressive est très différente de la tristesse. En fait, un grand nombre de personnes qui vivent une dépression
disent qu’elles ne peuvent pas ressentir de tristesse ou pleurer lorsqu’elles sont déprimées. Quand on parvient à pleurer,
cela signifie souvent que la dépression s’estompe.
- Perte d’intérêt ou de plaisir : Au début de la dépression ou si la dépression est légère, la personne aime encore se livrer à des activités agréables et
en éprouve du plaisir. Une personne qui vit une dépression grave perd cette capacité.
- Perte ou gain de poids : Un grand nombre de personnes perdent du poids lorsqu’elles sont déprimées, notamment parce qu’elles n’ont plus d’appétit.
Par contre, d’autres personnes voient leur appétit augmenter et peuvent mourir d’envie de manger des aliments riches en glucides,
ce qui leur fait prendre du poids. Selon le type de dépression, le métabolisme de la personne peut s’accélérer ou ralentir,
ce qui se traduira par une perte ou un gain de poids.
- Problèmes de sommeil : La dépression s’accompagne souvent de problèmes de sommeil. En effet, un grand nombre de personnes déprimées souffrent d’insomnie.
Elles ont de la difficulté à s’endormir, se réveillent souvent pendant la nuit ou se réveillent très tôt le matin. Leur sommeil
est agité et elles sont épuisées au lever. D’autres personnes dorment trop, surtout pendant le jour. C’est ce qu’on appelle
l’hypersomnie.
- Changements physiques : Chez certaines personnes dépressives, les mouvements, l’élocution ou la pensée ralentissent. Dans les cas graves, la personne
est incapable de bouger, de parler ou de répondre. Pour d’autres personnes, c’est l’inverse qui se produit. Elles deviennent
agitées et ne tiennent pas en place. Elles font les cent pas, se tordent les mains ou manifestent leur agitation d’autres
façons.
- Perte d’énergie : Les personnes dépressives ont de la difficulté à accomplir les tâches du quotidien. Il leur faut beaucoup plus de temps pour
faire ce qu’elles doivent faire au travail ou à la maison parce qu’elles manquent d’énergie et de motivation.
- Culpabilité et impression qu’on n’est bon à rien : Certaines personnes déprimées manquent de confiance en soi. Elles ne s’affirment pas et ont l’impression qu’elles sont bonnes
à rien. Un grand nombre pensent constamment à des événements passés. Elles sont obsédées par la crainte d’avoir laissé tomber
quelqu’un ou d’avoir dit quelque chose de blessant et elles se sentent coupables. Dans les cas graves, cette culpabilité peut
causer des idées délirantes. (Voir la section « symptômes psychotiques » trois paragraphes ci-dessous.)
- Incapacité de se concentrer ou de prendre des décisions : Certaines personnes sont incapables d’accomplir des tâches simples ou de prendre des décisions simples.
- Pensées suicidaires : Dans bien des cas, les personnes dépressives pensent que ça ne vaut pas la peine de vivre ou qu’il serait préférable qu’elles
meurent. Le risque est élevé qu’elles donnent suite à ces pensées. Un grand nombre de personnes tentent de se suicider lorsqu’elles
sont déprimées.
- Symptômes psychotiques : Ils peuvent comprendre de fausses croyances comme croire qu’on subit une punition pour avoir commis des péchés. Certaines
personnes ayant des symptômes psychotiques croient qu’elles sont atteintes d’une maladie terminale comme le cancer. D’autres
entendent des voix (hallucinations auditives).
Les autres symptômes peuvent comprendre les suivants :
- sensibilité et préoccupation excessives envers soi-même ;
- pensées négatives ;
- réaction minime au réconfort, au soutien, à la rétroaction ou à la compassion ;
- désensibilisation aux sentiments d’autres personnes en raison de la douleur interne ressentie ;
- besoin de contrôler les relations avec autrui ;
- incapacité de jouer un rôle normal.
Cours de la maladie
Le premier épisode dépressif peut survenir à tout moment.
La plupart des gens vivent avec la dépression pendant longtemps avant de demander des services de santé mentale. Certains
ont vécu plusieurs événements stressants et ont tenté de maîtriser leurs sautes d’humeur. Ils demandent de l’aide uniquement
lorsqu’ils ont beaucoup de difficulté à composer avec leur milieu familial ou professionnel ou avec des relations importantes.
La dépression peut prendre plusieurs formes. Il peut s’agir d’un « épisode isolé » (c’est-à-dire que c’est la première fois
que la personne vit une dépression majeure) ou d’un « épisode récurrent » (c’est-à-dire que la personne a vécu une dépression
majeure au moins une fois auparavant). La gravité des épisodes peut varier. Certains sont mineurs et affectent moins la capacité
de la personne de fonctionner tandis que d’autres sont majeurs et perturbent considérablement la vie de la personne.
Prévalence
Entre 1 et 2 pour 100 de la population sera aux prises avec un trouble bipolaire à un moment ou à un autre.
Symptômes
Il y a trois principaux groupes de symptômes associés au trouble bipolaire : la manie, l’hypomanie et la dépression.
Si l’humeur d’une personne est anormale ou demeure élevée pendant au moins une semaine, elle pourrait être dans la phase maniaque
de la maladie. Toutefois, les personnes dans cette phase ne se sentent pas toutes euphoriques. Certaines sont très irritables,
agissent de façon brutale, se mettent en colère, adoptent des comportements perturbateurs ou sont agressives. Elles peuvent
être très impatientes envers autrui, dire des choses blessantes ou agir de façon impulsive, voire dangereuse.
Pour qu’un diagnostic de trouble bipolaire soit posé, il faut que, en plus des humeurs mentionnées précédemment, la personne
présente manifestement au moins trois des symptômes suivants :
- elle a une estime de soi exagérée ou des idées de grandeur ;
- elle a moins besoin de dormir ;
- elle est plus bavarde ;
- elle est submergée d’idées ou ses pensées défilent constamment ;
- elle se met à parler plus vite et ses pensées, qui s’accélèrent elles aussi, peuvent être désorganisées ;
- elle manque de jugement ;
- elle manifeste des symptômes psychotiques comme des idées délirantes (fausses croyances) et, dans certains cas, elle a des
hallucinations (surtout auditives, comme entendre des voix).
Les personnes qui ont une manie deviennent émotives et ont des réactions fortes face aux situations dans lesquelles elles
se trouvent. Dans le cas des personnes qui ont de la difficulté à maîtriser leur colère ou qui deviennent facilement frustrées,
cela peut mener à des comportements violents.
L’hypomanie est une forme atténuée de manie dont les symptômes sont moins graves. Toutefois, ces symptômes peuvent nuire à
la capacité de la personne de fonctionner. On reconnaît maintenant que l’hypomanie a une plus grande incidence que ce que
l’on croyait sur la vie de la personne et les relations qu’elle a nouées.
Les symptômes d’un épisode dépressif ont été décrits dans la sections intitulée « Trouble dépressif majeur ».
Trouble bipolaire I
Pendant leur maladie, certaines personnes sont aux prises avec une manie ou une dépression ou ces deux affections entrecoupées
de phases où elles se sentent bien.
Trouble bipolaire II
Certaines personnes ont une hypomanie, font une dépression et traversent des phases où elles ne manifestent aucun symptôme
et ne vivent jamais de phase de manie.
Cours de la maladie
En général, les états maniaque/hypomaniaque, dépressif et mixte (état maniaque/hypomaniaque et état dépressif) ne se manifestent
pas dans un ordre donné. De plus, on ne peut prévoir à quelle fréquence ils se manifesteront. Chez un grand nombre de personnes,
il s’écoule plusieurs années entre chaque épisode tandis que chez d’autres, ces épisodes sont plus fréquents. Une personne
moyenne ayant une maladie bipolaire vivra environ 10 épisodes de dépression et de manie/ d’hypomanie ou des états mixtes pendant
sa vie. À mesure que le temps passe, les épisodes sont plus fréquents. Si elles ne sont pas traitées, les manies durent souvent
de deux à trois mois. Si elle n’est pas traitée, la dépression dure en général de quatre à six mois.
Une personne sur cinq ayant un trouble bipolaire a quatre épisodes par année – et parfois beaucoup plus – entrecoupés de courtes
phases où elle n’a aucun symptôme. C’est ce qu’on appelle les cycles rapides. Ce sous-type de trouble bipolaire nécessite
un traitement spécifique. On ne connaît pas les causes des cycles rapides. Parfois, ils sont causés par l’administration d’antidépresseurs,
mais le lien entre ces deux facteurs demeure nébuleux. Dans certains cas, si la personne cesse de prendre des antidépresseurs,
son cycle redevient « normal ».
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