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8.4 : Abus de médicaments ou dépendance aux médicaments

Guide à l’intention des familles sur les troubles concomitants – Partie III: Traitement

Dans : Guide à l’intention des familles sur les troubles concomitants (© 2008)

Aperçu : Médication

Les professionnels de la santé doivent tenir compte d’une question très importante lorsqu’ils prescrivent un traitement pharmacologique à un client aux prises avec des problèmes de santé mentale qui a déjà eu un trouble lié à l’utilisation d’une substance dans le passé : la possibilité que le client abuse du médicament prescrit ou en devienne dépendant.

On entend par l’abus d’un médicament le fait d’en prendre plus que la quantité prescrite afin de ressentir d’autres effets (p. ex., l’extase). Une personne est dépendante d’un médicament lorsqu’elle s’y est accoutumée et doit en prendre de plus en plus pour ressentir ses effets. Cette personne sera en sevrage si elle cesse subitement de prendre le médicament. La dépendance à un médicament ne découle pas nécessairement de l’abus du médicament. Les anxiolytiques, les stimulants et les opioïdes sont les médicaments sur ordonnance les plus susceptibles de faire l’objet d’un abus. Comme les antidépresseurs, les antipsychotiques et les psychorégulateurs ont une capacité de renforcement minime et des effets secondaires prononcés, le risque d’abus est généralement limité. Le risque qu’une personne abuse d’un médicament ou en devienne dépendante découle d’un grand nombre de facteurs :

  • La capacité de produire des sensations et des effets agréables varie d’une substance à l’autre (effets de renforcement). Or, une personne est plus susceptible d’abuser d’un médicament si elle en ressent les effets rapidement.
  • La puissance ou la pureté d’un médicament peut influencer le risque d’abus.
  • Le coût et la disponibilité du médicament ont également une incidence sur le risque d’abus.
  • En général, les effets d’un médicament varient considérablement d’une personne à une autre. Comme chaque personne a des caractéristiques génétiques qui lui sont propres, le médicament n’est pas métabolisé de la même façon pour tout le monde. Par consé­quent, il peut avoir des effets différents pour une même dose.
  • Par ailleurs, certaines personnes déterminent elles-mêmes les médicaments qu’elles prendront pour atténuer les symptômes d’un problème de santé mentale comme la dépression et l’anxiété.
  • La pression des pairs et les normes de la société amènent certaines personnes à commencer ou à poursuivre l’utilisation et l’abus d’une substance (y compris les médicaments sur ordonnance). En outre, il a été démontré que l’emploi, la scolarité et la disponibilité d’activités agréables (p. ex., des activités sportives, sociales, récréatives ou organisées par un club) sont des facteurs qui protègent contre l’utilisation d’une substance.

Benzodiazépines

On ne s’entend toujours pas sur la meilleure approche à adopter pour venir en aide aux clients ayant des problèmes d’anxiété et liés à l’utilisation d’une substance. Certains chercheurs sont tout à fait contre l’idée de prescrire des benzodiazépines à moins que ce ne soit à des personnes en cours de désintoxication ou qui ont un syndrome d’anxiété aigu. Ces chercheurs estiment qu’il faut cesser de prendre des benzodiazépines lorsqu’une autre catégorie de médicaments efficaces prend effet, car l’utilisation de benzodiazépines peut mener à une dépendance physique, une consommation à mauvais escient et une utilisation accrue. D’autres chercheurs estiment que, bien qu’il faille éviter ces médicaments dans bien des cas, la décision de les prescrire doit être prise en fonction de la situation du client.

Toute personne qui prend des benzodiazépines devrait faire l’objet d’une évaluation médicale et de la santé mentale complète. Le clinicien devrait tenir compte du fait que le client a essayé ou non d’autres médicaments et déterminer si un traitement reposant sur une approche psychosociale serait suffisant pour aider le client à se rétablir, à composer avec son anxiété ou à éviter les rechutes. Il faut informer le client des risques comme les convulsions s’il cesse brusquement de prendre de l’alcool ou des benzodiazépines.

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