1.2 : Les troubles concomitants sont-ils courants ?
Guide à l’intention des familles sur les troubles concomitants - Partie 1.2 : Les troubles concomitants sont-ils courants
?
Dans : Guide à l’intention des familles sur les troubles concomitants (© 2008)
Aperçu : Introduction aux troubles concomitants

Sur cette page :

Le fait d’avoir un problème lié à l’utilisation d’une substance accroît considérablement le risque d’avoir un problème de
santé mentale et vice-versa. Selon la Epidemiologic Catchment Area Study (Regier et coll., 1990), le risque qu’une personne ayant un trouble de santé mentale ait un trouble lié à l’abus d’une substance
au cours de sa vie est presque trois fois plus élevé que celui d’une personne n’ayant pas de trouble de santé mentale. Le
risque qu’une personne ayant un trouble lié à l’abus d’une substance (autre que l’alcool) ait un trouble de santé mentale
au cours de sa vie est environ 4,5 fois plus élevé que celui d’une personne n’ayant pas de trouble lié à l’abus d’une substance.
La prévalence des troubles simultanés de santé mentale et des troubles liés à l’utilisation d’une substance varie selon le
trouble :
- 24 pour 100 des personnes ayant eu un trouble de l’anxiété auront un trouble lié à l’abus d’une substance au cours de leur
vie ;
- 27 pour 100 des personnes ayant vécu une dépression majeure auront un trouble lié à l’abus d’une substance au cours de leur
vie ;
- 56 pour 100 des personnes ayant eu un trouble bipolaire auront un trouble lié à l’abus d’une substance, ce qui est plus de
trois fois supérieur à la moyenne, au cours de leur vie ;
- 47 pour 100 des personnes qui ont été atteintes de schizophrénie auront un trouble lié à l’abus d’une substance, ce qui est
près de trois fois supérieur à la moyenne, au cours de leur vie.
Les personnes qui travaillent pour un organisme œuvrant dans le domaine de la toxicomanie devraient supposer que leurs clients
ont peut-être également un problème de santé mentale, à moins qu’elles ne disposent de renseignements indiquant que ce n’est
pas le cas. De même, les personnes travaillant dans le domaine de la santé mentale devraient supposer que leurs clients ont
peut-être également un problème lié à l’utilisation d’une substance, à moins qu’elles ne possèdent des renseignements indiquant
qu’il n’en est pas ainsi.
Dans bien des cas, les problèmes liés à l’utilisation d’une substance et les problèmes de santé mentale ont une incidence
considérable sur le quotidien des personnes qui les éprouvent, bien que ces problèmes ne soient pas suffisamment graves ou
ne durent pas assez longtemps pour être considérés comme des troubles. C’est pour cette raison que nous utilisons l’expression
plus générale « problèmes de santé mentale et liés à l’utilisation d’une substance », sauf lorsque nous parlons d’un trouble
diagnostiqué conformément au Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, 4e édition (DSM-IV).
Voici des termes que vous entendrez probablement au sein des systèmes de traitement des troubles de santé mentale et liés
à l’utilisation d’une substance.
Les troubles mentaux (y compris les troubles liés à l’utilisation d’une substance) sont des troubles de santé caractérisés par des changements de la façon de penser, de l’humeur ou du comportement (ou un
ensemble de ces trois changements) associés à une détresse ou à une altération fonctionnelle (American Psychiatric Association,
1994).
En Amérique du Nord, on utilise le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM) pour diagnostiquer ces troubles. La quatrième et plus récente édition du manuel, le DSM-IV, établit 16 grandes catégories
de troubles mentaux, notamment les troubles de l’humeur et les troubles liés à une substance. Ces catégories comprennent des
sous-catégories telles que les troubles dépressifs et les troubles bipolaires, qui font partie de la catégorie des troubles
de l’humeur. Le DSM-IV établit des critères précis pour diagnostiquer chaque trouble.
Nous utilisons l’expression problèmes cooccurrents et troubles concomitants dans le présent ouvrage. Mais vous avez peut-être
entendu les expressions suivantes :
L’expression « double diagnostic » est répandue aux États-Unis. Elle laisse entendre que la personne a deux problèmes seulement. Toutefois, les études réalisées
semblent indiquer que les problèmes peuvent être plus nombreux. En Ontario, on utilise cette expression pour désigner les
personnes ayant un grave retard du développement et une maladie mentale grave et permanente.
L’expression troubles co-occurrents renvoie elle aussi à une personne ayant un ou plusieurs troubles de santé mentale et un ou plusieurs troubles liés à l’abus
d’une substance.