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3.2i : Troubles de santé mentale : Anxiété

 

Guide à l’intention des familles sur les troubles concomitants – Partie I : Que sont les troubles concomitants?

Dans : Guide à l’intention des familles sur les troubles concomitants (© 2008)

Aperçu : Problèmes de santé mentale

Il y a plusieurs types de troubles anxieux, qui sont les troubles de santé mentale les plus courants, ainsi que plusieurs causes et symptômes différents. Toutefois, les personnes ayant des troubles anxieux éprouvent toutes une anxiété et une peur profondes qui affectent leur humeur, leurs pensées et leur comportement. Lorsqu’une personne a un trouble anxieux, ses pensées et ses sentiments peuvent l’empêcher de prendre les mesures nécessaires pour être productive et retrouver une bonne santé. Cette maladie chronique peut s’aggraver si elle n’est pas traitée. On trouvera ci-après une description des troubles anxieux suivants :

État de stress post-traumatique

Comme nous en avons discuté au chapitre 1, un grand nombre de personnes qui éprouvent des problèmes liés à l’utilisation d’une substance ou des problèmes de santé mentale ont vécu ou vivent un traumatisme sexuel, physique, psychologique ou émotionnel.
Le traumatisme peut déclencher des problèmes de santé mentale comme l’anxiété, la dépression, des symptômes psychotiques ou des troubles de la personnalité (SAMHSA, 2003). La catégorie diagnostique du DSM-IV dont fait partie l’état de stress post-traumatique (ESPT) comprend une série de symptômes que l’on peut éprouver après avoir vécu un traumatisme.

État de stress post-traumatique simple

Une personne peut être dans un ESPT après avoir vécu ou observé un événement où des dommages physiques graves ont été infligés ou il y a eu des menaces d’infliger de tels dommages. Les symptômes comprennent les suivants :

  • flash-back, cauchemars ou souvenirs qui font revivre l’événement ;
  • anxiété intense ;
  • agitation intense ;
  • accélération du rythme cardiaque ;
  • tremblements ;
  • sueurs ;
  • conscience accrue de l’environnement (hypervigilance) ;
  • évitement de toute chose associée au traumatisme.

On pose un diagnostic d’ESPT lorsque les symptômes durent plus d’un mois. On entend par un ESPT simple les symptômes que peut éprouver une personne ayant vécu un événement d’une durée limitée comme un accident de voiture ou une catastrophe naturelle.

État de stress post-traumatique complexe

Les cliniciens et les chercheurs ont constaté que, dans bien des cas, les critères du DSM-IV utilisés pour diagnostiquer l’ESPT ne reconnaissent pas les dommages psychologiques graves causés par un traumatisme de longue durée. Par exemple, certaines personnes ordinaires en bonne santé qui vivent un traumatisme chronique ne se perçoivent plus de la même façon et réagissent différemment pour s’adapter aux événements stressants. La Dre Judith Herman estime qu’il faut utiliser un nouveau diagnostic, appelé ESPT complexe (parfois appelé trouble du stress extrême) pour décrire les symptômes d’un traumatisme de longue durée.

Parmi les expériences pouvant causer un ESPT complexe, citons les suivantes :

  • violence familiale de longue durée ;
  • violence physique grave de longue durée ;
  • abus sexuel d’enfants ;
  • internement dans un camp de concentration ou un camp de prisonniers de guerre.

Pour poser un diagnostic d’ESPT complexe, il faut d’abord que la personne ait vécu pendant longtemps une situation où elle se sentait impuissante ou prise au piège.

Les symptômes comprennent les changements dans :

  • la régulation des émotions (p. ex., tristesse persistante, pensées suicidaires, colère explosive ou refoulée) ;
  • l’état de conscience (p. ex., oublier ou revivre les traumatismes ou se sentir coupé de son esprit ou de son corps) ;
  • la perception de soi (p. ex., sentiment d’impuissance, honte, culpabilité, préjugés et impression d’être totalement différent des autres) ;
  • la perception de l’auteur du traumatisme (p. ex., attribution d’une autorité totale à l’auteur ou préoccupation soudaine par rapport à sa relation avec l’auteur, dont un désir de vengeance) ;
  • les relations avec les autres (p. ex., s’isoler, se méfier ou chercher constamment un sauveur) ;
  • le système des valeurs et des croyances (p. ex., la perte de la foi ou le désespoir).

Certaines personnes ayant vécu un traumatisme évitent de penser à des sujets liés au traumatisme ou d'en parler, parce que les sentiments qui y sont associés sont souvent accablants. Un grand nombre d’entre elles (entre 50 et 90 pour 100) abusent de l’alcool et d’autres substances pour éviter ou atténuer les sentiments et les pensées liés au traumatisme. D’autres se mutilent ou se font du mal d’une autre façon.

En premier lieu, il faut régler les situations de crise qui menacent la sécurité de la personne se trouvant dans un ESPT (p. ex., elle dit qu’elle veut se suicider) ou la sécurité d’autrui (p. ex., elle réagit violemment lorsqu’elle se sent menacée). Toutefois, on obtient les meilleurs résultats lorsqu’on traite simultanément l’ESPT et l’autre ou les autres troubles au lieu de les traiter l’un après l’autre. Cela est particulièrement vrai lorsqu’une personne est dans un ESPT en plus d’avoir un trouble lié à l’utilisation d’alcool ou d’une autre substance.

Anxiété généralisée

Les personnes qui éprouvent une anxiété et une tension excessives depuis au moins six mois peuvent avoir une anxiété généralisée. En général, elles s’attendent au pire et s’inquiètent, même si rien ne laisse présager de problèmes. Dans bien des cas, elles éprouvent les symptômes suivants :

  • insomnie ;
  • fatigue ;
  • tremblements ;
  • tension musculaire ;
  • maux de tête ;
  • irritabilité ;
  • bouffées de chaleur.

Trouble panique

Le trouble panique survient lorsqu’on vit plusieurs crises de panique ou qu’on ressent brusquement une peur intense ou de la terreur. Pendant de telles crises, on peut éprouver les symptômes physiques suivants :

  • essoufflement ;
  • palpitations ;
  • douleur thoracique ou malaise pulmonaire ;
  • étouffement ;
  • peur de perdre le contrôle ;
  • peur de devenir fou.

Un grand nombre de personnes aux prises avec un trouble panique deviennent anxieuses face à des endroits ou des situations qui, craignent-elles, déclencheront une autre crise ou les empêcheront d’obtenir de l’aide. Elles peuvent même devenir agoraphobes, c’est-à-dire qu’elles ont peur des espaces ouverts ou des lieux publics. Les femmes sont deux fois plus susceptibles que les hommes d’avoir un trouble panique, qui se manifeste généralement au début de l’âge adulte.

Phobie sociale

Les personnes qui ont une phobie sociale éprouvent beaucoup d’anxiété et d’embarras dans les situations sociales du quotidien. Elles craignent d’être jugées et embarrassées par les gestes qu’elles posent. Cette anxiété peut les amener à éviter les situations où elles risquent de se faire humilier. Les autres symptômes comprennent le rougissement, la transpiration, les tremblements, la difficulté à parler et la nausée. Les femmes sont deux fois plus susceptibles que les hommes d’avoir une phobie sociale, qui se manifeste généralement pendant l’enfance ou au début de l’adolescence.

Trouble obsessionnel-compulsif

Les personnes ayant ce trouble ont des pensées obsédantes et non désirées qui leur causent une anxiété ou une détresse marquée ou qui les amènent à adopter un comportement donné pour composer avec cette anxiété. Elles posent des gestes pour prévenir ou éliminer les pensées obsédantes (p. ex., constamment se laver les mains ou nettoyer pour éliminer ou atténuer la peur des microbes). Ces comportements procurent un soulagement qui n’est que temporaire. Si elles ne sont pas traitées, ces obsessions et compulsions peuvent monopoliser la vie de la personne.

 

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