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Défis et décisions : Trouver des services de santé mentale en Ontario

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Prendre des médicaments

La prise de médicaments donne lieu à des controverses. De nombreuses personnes sont heureuses de trouver un comprimé qui réduit leur souffrance et améliore leur qualité de vie. Pour d'autres, les médicaments n'apportent aucune aide et les effets secondaires qu'ils entraînent sont désagréables et parfois même débilitants ou tout simplement inconnus à long terme. Beaucoup peuvent s'inquiéter des effets secondaires sur leurs pensées et sentiments. Pour d'autres, le besoin de prendre des médicaments dénote une faiblesse ou éveille une peur de l'accoutumance. D'autres encore fondent beaucoup d'espoir dans la médication et se voient vite découragés.

Même les personnes qui réagissent positivement aux médicaments peuvent devoir abandonner un traitement à cause des effets secondaires qu'ils entraînent. De nombreuses personnes doivent essayer deux ou trois médicaments avant d'en trouver un qu'elles tolèrent (qui comporte peu ou pas d'effets secondaires) et qui soit efficace. Il est en fait difficile de prévoir quel médicament conviendra le mieux à chaque personne.

C'est à vous de décider si un médicament vous convient ou non. Si vous décidez de prendre un médicament, vous devrez laisser le temps à votre corps de s'y habituer avant que votre médecin puisse déterminer le dosage approprié et la durée du traitement. Votre réaction au médicament et les nouvelles recherches effectuées dans le domaine pourraient modifier l'opinion de votre médecin à l'égard de votre médication.

Votre médecin peut augmenter graduellement le dosage de votre médicament pour déterminer la dose donnant le meilleur résultat. Habituellement, les médicaments sont présentés sous forme de pilules ou de comprimés. Il arrive également que les formes liquides ou injectées (à action brève ou prolongée) soient recommandées pour traiter certaines affections.

Établissez une relation avec un pharmacien en qui vous avez confiance, surtout si vous prenez plusieurs médicaments. Comme il connaîtra tous vos médicaments, il pourra vous renseigner sur leurs interactions possibles. Par contre, ne vous fiez pas uniquement à lui. Informez-vous auprès d'autres experts et lisez sur le sujet.

Types de médicaments

Il existe différents types de psychotropes (médicaments utilisés en psychiatrie) :

Les anxiolytiques visent à calmer les gens et à soulager leur angoisse. Les anxiolytiques courants sont le diazépam (Valium®) et le lorazépam (Ativan®).

Les antidépresseurs sont le plus souvent utilisés pour traiter la dépression, mais ils traitent à l'occasion diverses formes d'angoisse, les graves sautes d'humeur prémenstruelles et la boulimie. Parmi les antidépresseurs courants figurent la fluoxétine (Prozac®), la sertraline (Zoloft®) et la venlafaxine (Effexor®).

Les antipsychotiques, également appelés neuroleptiques, servent à traiter les symptômes de psychose chronique ou aiguë, notamment la schizophrénie, les épisodes maniaques et les troubles d'origine organique. Parmi les antipsychotiques les plus courants, notons la rispéridone (Risperdal®), l'olanzapine (Zyprexa®), l'halopéridol (Haldol®) et la clozapine (Clozaril®).

Les psychorégulateurs, ou régulateurs de l'humeur, servent à maîtriser les sautes d'humeur extrêmes (accès maniaques et dépressifs) associées au trouble bipolaire et à prévenir leur apparition. Les psychorégulateurs courants sont le lithium (Lithane®, Duralith®) et le divalproex (Epival®).

Cette énumération de médicaments les plus couramment prescrits ne signifie aucunement que le CTSM recommande ces médicaments plutôt que d'autres.

Question : Et si le médicament n'a pas d'effet ?

Réponse : Aucun médicament ne convient à tout le monde. Malheureusement, les médecins ne savent pas d'avance si un médicament vous fera de l'effet. Ils pourront cependant faire un meilleur choix s'ils possèdent certains renseignements. Quels médicaments vous ont déjà réussi, à vous ou à un membre de votre famille immédiate ? Quels sont vos symptômes ? Quels autres médicaments prenez-vous ?

Demandez à votre fournisseur de soins de santé combien de temps prendra le médicament avant d'agir. Certains anxiolytiques peuvent agir dans les 30 minutes. Les antidépresseurs peuvent prendre de quatre à six semaines avant que leur effet maximal se fasse sentir. Certains antipsychotiques prennent encore plus de temps avant de faire disparaître tous les symptômes. Vous devrez vous montrer patient, même si cela peut être frustrant. Entre-temps, trouvez d'autres façons d'obtenir du soutien et des soins.

Si votre médicament n'a pas d'effet, vous pouvez demander à votre médecin d'en modifier le dosage ou d'en prescrire un autre, soit pour compléter son action ou pour le remplacer. Les chercheurs travaillent à la mise au point d'autres médicaments et traitements qui pourraient être offerts sur le marché éventuellement.
N'oubliez pas, les médicaments ne sont qu'un outil de traitement des problèmes de santé mentale. Ils peuvent être jumelés à des séances de psychothérapie ou à des groupes d'entraide, à des conversations avec des amis ou parents, ou à un régime alimentaire équilibré.

Effets secondaires

Les effets secondaires peuvent être mineurs ou graves et varier d'une personne à l'autre. Voici certains de ces effets courants :

  • problèmes gastriques mineurs (nausées, constipation, diarrhée) ;
  • difficultés d'ordre sexuel ;
  • étourdissements ;
  • bouche sèche ;
  • vision trouble ;
  • réactions allergiques ;
  • fatigue ou difficulté à s'endormir ;
    fibrillation musculaire et tremblements ;
  • akathisie (agitation, besoin incessant de bouger ses jambes, surtout la nuit) ;
  • prise de poids.

La dyskinésie tardive est l'un des graves effets secondaires des antipsychotiques. Il s'agit de mouvements involontaires de la langue, des lèvres, de la mâchoire, des doigts ou autres, qui peuvent être permanents.
Vos effets secondaires dépendront du médicament que vous prenez, de son dosage et de votre propre vulnérabilité. La plupart du temps, ces effets s'estompent au cours du traitement. Mais il arrive également que des effets secondaires apparaissent avec le temps. Il est possible que vos médicaments soient à l'origine de certains symptômes si vous ne les aviez pas avant de commencer votre traitement.

Si vous ressentez des effets secondaires, n'arrêtez pas ou ne modifiez pas vous-même votre traitement. Parlez-en plutôt à votre médecin, pharmacien, infirmière ou travailleur social, qui vous expliquera comment vous y adapter. Si votre médecin ne tient pas compte de vos préoccupations ou questions, insistez. Si vous n'êtes pas satisfait des soins que vous recevez, demandez à être orienté vers quelqu'un d'autre.

Si ses suggestions ne donnent pas de résultats, le médecin peut :

  • prescrire un second médicament pour contrer les effets secondaires du premier ;
  • changer votre médicament ;
  • diminuer le dosage de votre médicament ;
  • éliminer progressivement votre médicament.

Votre médecin devrait toujours surveiller votre médication. Il pourra dans certains cas faire analyser votre sang pour vérifier le bon fonctionnement de votre foie et autres organes et s'assurer que vous avez une concentration acceptable de médicament dans votre sang.

Pour connaître les effets secondaires des médicaments d'ordonnance et en vente libre et des produits à base de plantes pendant la grossesse ou l'allaitement, appelez la ligne d'information du programme Motherisk, au 416 813-6780 à Toronto. Si vous désirez vous renseigner sur les effets de l'alcool, de la nicotine et des drogues comme la marijuana, la cocaïne et l'ecstasy pendant la grossesse ou l'allaitement, appelez sans frais la ligne d'information sur la consommation de drogues et d'alcool pendant la grossesse ou l'allaitement du programme Motherisk, au 1 877 327-4636. Site Web : www.motherisk.org (en anglais).

Si vous avez des questions concernant la santé, appelez Télésanté Ontario, une ligne téléphonique d'information confidentielle, en service 24 heures sur 24. Des infirmières autorisées, avec l'aide de pharmaciens, répondront à vos questions. Vous pouvez les joindre aux numéros sans frais, 1 866 797-0000 ou 1 800 387-5559 (ATS). Site Web : www.gov.on.ca/health/french/programf/telehealthf/telehealth_mnf.html.

Question : Est-ce vrai que les médicaments utilisés en psychiatrie ont de graves effets secondaires ?

Réponse : La plupart de ces médicaments ont des effets secondaires légers et temporaires. Certains ont par contre de graves effets à long terme que vous devriez connaître. Si vous avez des effets secondaires, n'hésitez pas à en parler à vos fournisseurs de soins de santé. Vous ne les dérangerez pas. S'ils ne savent pas que vous avez des problèmes, ils ne pourront pas vous aider. Demandez de l'aide à votre famille. Parlez des effets secondaires que vous pourriez ressentir. Elle pourra alors surveiller leur apparition. Il est également important que vous discutiez avec votre médecin des avantages et inconvénients de vos médicaments.

N'hésitez pas à parler de vos médicaments avec vos fournisseurs de soins de santé. Vous pourriez même faire la liste de toutes les questions à poser à votre prochaine visite.

Votre médecin, pharmacien ou autre fournisseur de soins de santé peut vous aider à composer avec ces effets secondaires. Il peut, par exemple, vous conseiller de prendre votre médicament au coucher s'il vous donne envie de dormir, ou avec vos repas s'il vous donne la nausée.

Mélanger ses médicaments avec d'autres substances

Votre médecin ou pharmacien doit connaître tous les médicaments en vente libre, vitamines, produits à base de plantes, drogues illégales ou remèdes homéopathiques que vous prenez. C'est important, car ces produits peuvent interagir avec vos médicaments sur ordonnance. Informez-vous sur la caféine, l'alcool et même le jus de pamplemousse. Ce jus n'interagit pas avec tous les médicaments, mais il peut dans certains cas causer de graves effets secondaires et même s'avérer toxique.

Arrêter de prendre ses médicaments

Vous devez consulter votre médecin avant d'arrêter de prendre vos médicaments. En arrêtant soudainement votre médication, vous pourriez souffrir de symptômes de sevrage ou même voir réapparaître les symptômes pour lesquels vous preniez le médicament (p. ex., l'insomnie que traitait un somnifère). Vous pourriez éprouver d'autres symptômes comme la nausée, des maux de tête et des étourdissements.

Les symptômes de sevrage apparaissent habituellement quelques heures ou un à deux jours après l'arrêt du médicament. Le seul fait de sauter deux doses consécutives peut entraîner un effet de sevrage. Le problème initial peut réapparaître quelques jours après l'arrêt du médicament, ou parfois quelques semaines ou des mois plus tard. Il peut également être difficile de distinguer entre un effet de sevrage et la récurrence du problème initial.

Si, de concert avec votre médecin, vous décidez d'arrêter ou de remplacer un médicament, votre médecin réduira graduellement votre dose actuelle. Cela peut prendre de quelques jours à plusieurs semaines, de façon à réduire les risques de symptômes de sevrage. La gravité des symptômes de sevrage est fonction de votre médicament, de la durée du traitement et du dosage.

Question : Aurai-je besoin de prendre des médicaments toute ma vie ?

Réponse : Pas nécessairement. La durée de votre traitement dépend de plusieurs facteurs :

  • le type de problème de santé mentale que vous avez ;
  • vos symptômes et depuis combien de temps vous les avez ;
  • le nombre de vos rechutes (récurrence des symptômes) ;
  • la gravité de vos symptômes ;
  • le soutien sur lequel vous pouvez compter.

Certaines personnes se remettent complètement et rapidement d'un problème de santé mentale. Cependant, certains problèmes sont de plus longue durée et nécessitent un traitement de durée indéfinie. Certains médicaments, comme les somnifères et les anxiolytiques, ne devraient être pris que pendant une courte période, le temps d'apprendre d'autres techniques d'adaptation.

Lors d'un premier épisode de dépression, le traitement aux antidépresseurs devrait durer environ un an, à moins que la personne n'ait eu plus de deux rechutes ou des symptômes initiaux très graves. Le traitement sera alors plus long et pourrait même se poursuivre indéfiniment. Comme la schizophrénie et le trouble bipolaire sont des problèmes de longue durée, les régulateurs de l'humeur et les antipsychotiques doivent habituellement être pris indéfiniment.

Demandez à votre médecin de vous expliquer combien de temps vous devrez prendre vos médicaments et de comparer leur efficacité à celle d'une psychothérapie. Vous pouvez également lui parler de vos sentiments à l'égard d'un traitement aux médicaments. L'erreur que commettent le plus souvent les gens, c'est d'arrêter de prendre leurs médicaments une fois qu'ils se sentent mieux. Certains médicaments sont conçus pour traiter uniquement de graves affections, mais la plupart des psychotropes visent à prévenir les rechutes. Il se pourrait en effet que vous puissiez réduire graduellement votre dose ou arrêter complètement votre traitement, mais assurez-vous d'en parler à votre médecin au préalable. Souvent, la démarche la plus efficace est de jumeler médicaments et thérapie.

Questions à poser sur les médicaments

Quels sont les noms génériques et les appellations commerciales de mon médicament ?

Quelle dose devrais-je prendre ?

Pourquoi est-ce que je prends ce médicament et qu'est-il censé faire ?

Comment et quand dois-je prendre mon médicament ? (p. ex., dois-je le prendre toujours à la même heure, avec les repas ?)

Quels sont ses effets secondaires les plus courants et comment peut-on les traiter ?

Quelles interactions médicamenteuses graves devrais-je signaler à mon médecin ?

Quels médicaments, aliments et boissons interagissent avec ce médicament ?

Que dois-je faire si je saute une dose ?

Pendant combien de temps devrai-je prendre ce médicament ?

Combien de temps prendra le médicament avant d'agir ?

Puis-je développer une dépendance à ce médicament ?

Existe-t-il des études sur ce médicament (son efficacité, ses risques, le dosage recommandé) ?

Que pourrait-il se produire si j'arrêtais de prendre ce médicament ?

Quels sont les effets à long terme de ce médicament ?

Question : Peut-on développer une dépendance aux médicaments ?

Réponse : On ne développe pas de dépendance à la plupart des psychotropes. Ce n'est pas parce qu'ils sont conçus pour être pris pendant une longue période qu'ils créent une dépendance. Les problèmes de santé mentale sont le résultat d'un déséquilibre chimique et, comme tout autre problème physique, nécessitent souvent un traitement de longue haleine.

Certains psychotropes, comme les anxiolytiques et les stimulants employés pour traiter le trouble d'hyperactivité avec déficit de l'attention, peuvent entraîner une dépendance, même lorsqu'on suit la posologie. Si vous avez des préoccupations à cet égard, n'hésitez pas à en parler à votre médecin, pharmacien ou fournisseur de soins de santé. Si vous avez un problème de toxicomanie, mentionnez-le à votre médecin. Il pourra alors décider du type de médicaments à vous prescrire.

Électrochocs

Les électrochocs sont le plus souvent réservés aux personnes qui ont une dépression grave et qui ne réagissent pas aux autres traitements. Bien que cette méthode de traitement s'avère souvent très efficace, elle demeure très controversée.

On donne au client un anesthésique et un relaxant musculaire. Puis, on envoie une décharge électrique au cerveau qui provoque une petite convulsion. Presque toutes les personnes qui ont subi des électrochocs perdent la mémoire de ce qui s'est passé immédiatement avant ou pendant le traitement. Certaines personnes perdent la mémoire de tranches importantes de leur vie.

Avant de décider si les électrochocs ou tout autre traitement de problèmes de santé mentale vous conviennent, renseignez-vous sur leurs avantages et leurs effets secondaires.

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