Se rétablir d’une psychose
La psychose chez les femmes : Guide à l’intention des femmes et de leur famille
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Dans notre société, la pauvreté, la violence conjugale et la violence sexuelle au cours de l’enfance sont des réalités vécues
plus souvent par les femmes, auxquelles s’ajoute la pression d’être mince, d’être une bonne mère et de s’occuper de sa famille,
tout en ayant la responsabilité d’un emploi à temps plein. Dans certains foyers, ce sont des enjeux prépondérants. Les immigrantes
et les réfugiées peuvent aussi faire face à la discrimination, à l’exploitation, à l’isolement et aux barrières linguistiques.
Nous ne savons toutefois pas si de telles pressions sont des facteurs qui contribuent à l’apparition de la psychose ou à la
vitesse du rétablissement.
Depuis que je suis malade, je ne me sens pas très bien dans ma peau. Est-ce normal ?
La psychose est une expérience bouleversante dans la vie d’une femme. Cela constitue un traumatisme en soi qui peut entraîner
une réaction de stress posttraumatique. On peut difficilement savoir à quoi s’attendre après avoir vécu un épisode psychotique,
car bien des choses demeurent inconnues. En outre, les stéréotypes négatifs dont sont victimes les personnes frappées de maladie
mentale existent toujours dans bien de collectivités. Ces préjugés ont des effets néfastes sur les personnes aux prises avec
une psychose. Si vous ne vous sentez pas bien dans votre peau, demandez-vous si c’est à cause de préjugés, d’une dépression,
de la crainte de l’avenir ou d’autre chose. Essayez de prendre conscience de vos sentiments et discutez-en avec un membre
de la famille, un ami ou un thérapeute en qui vous avez confiance.
Le fait de vous confier à quelqu’un vous aidera à reprendre confiance et à passer à une autre étape de votre rétablissement.
Certaines femmes trouvent utile de participer à des groupes d’entraide de femmes ayant vécu une expérience similaire.
Que puis-je faire pour faciliter mon rétablissement ?
Une femme qui tente de reprendre sa vie en main doit collaborer étroitement avec son médecin et d’autres professionnels de
la santé. Ensemble, ils peuvent examiner les facteurs de risque individuels qui ont pu contribuer à la maladie. Il est important
d’approfondir le plus possible les causes de l’épisode psychotique afin de pouvoir les éviter à l’avenir. Les thérapeutes
recommandent généralement de bien dormir et de bien s’alimenter, de faire de l’exercice, de développer un réseau de soutien
social, d’établir des relations familiales positives, de faire un travail intéressant et de structurer ses journées. Il est
parfois nécessaire de consulter régulièrement un intervenant en santé mentale et de prendre de faibles doses de médicaments
pour maîtriser la psychose.
Le rétablissement à la suite d’une psychose ne se fait ni facilement, ni rapidement. L’un des plus grands défis consiste à
gérer son anxiété face à un avenir incertain. Avec de l’aide, vous devez vous efforcer de ne pas perdre de vue les possibilités
d’avenir.
Quels sont les médicaments utilizes pour traiter la psychose ?
Le traitement de la psychose repose sur les médicaments antipsychotiques. L’administration de ces médicaments continue habituellement
après la disparition des symptômes afin de prévenir les rechutes. De nouveaux antispychotiques sont constamment mis au point.
Voici quelques-uns des antipsychotiques les plus couramment prescripts au Canada :
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Antipsychotiques typiques (médicaments plus anciens)
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Antipsychotiques atypiques (médicaments plus nouveaux)
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- halopéridol (Haldol) - trifluopérazine (Stelazine) - perphénazine (Trilafon)
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- olanzapine (Zyprexa) - rispéridone (Risperdal) - quétiapine (Seroquel) - clozapine (Clozaril)
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D’autres médicaments peuvent aussi être prescrits pour traiter des problèmes accompagnant parfois la psychose ou les effets
secondaires des antipsychotiques, comme la raideur musculaire, les troubles du sommeil, la dépression, l’anxiété, le gain
de poids et les sautes d’humeur.
Les femmes réagissent-elles mieux aux antipsychotiques que les hommes ?
Les femmes ont généralement besoin de doses plus faibles de médicaments antipsychotiques que les hommes pendant les phases
aiguës et de maintien (lorsque les symptômes de la maladie sont stables). Mais cela peut changer après la ménopause. Au début
de la maladie, les femmes peuvent avoir besoin de plus faibles doses parce qu’elles sont plus susceptibles de suivre la posologie.
De plus, il est possible que l’organisme des hommes et des femmes absorbe et métabolise les médicaments différemment. L’alimentation,
le poids, l’hérédité, le tabagisme, la consommation d’alcool et l’usage d’autres médicaments sur ordonnance ou obtenus illégalement
ont aussi une influence sur le dosage. Les antipsychotiques ont tendance à s’accumuler dans les cellules adipeuses du corps
et leur effet dure plus longtemps chez les femmes qui ont, en moyenne, plus de tissu adipeux que les hommes.
Les médicaments entraînent-ils des effets secondaires chez les femmes ?
Tout médicament peut entraîner des effets indésirables. Dans la plupart des cas, les effets secondaires ne sont pas graves
et peuvent souvent être traités ou disparaître au fur et à mesure du traitement. Il se peut que les effets secondaires se
fassent sentir avant l’action bénéfique du médicament. C’est signe que le médicament est bien absorbé par l’organisme et commence
à faire effet. N’arrêtez pas de prendre vos médicaments avant de consulter votre médecin.
Les effets secondaires varient en fonction de la dose et du médicament. Certaines femmes n’éprouvent pratiquement aucun effet
secondaire ou éprouvent des effets très légers, tandis que d’autres ont des réactions plus prononcées et problématiques. Chaque
personne réagit différemment. Soyez vigilante et signalez à votre médecin les effets que vous ressentez.
La plupart des médicaments utilisés en psychiatrie ralentissent le métabolisme et par conséquent peuvent faire engraisser.
Cela pose un grave problème pour bien des femmes qui doivent alors faire de l’exercice et faire attention à ce qu’elles mangent.
Cela peut aussi augmenter le risque de diabète et de maladie cardiovasculaire. Il est important de signaler à votre médecin
si vous avez des antécédents familiaux de diabète ou de maladie cardiovasculaire et de faire régulièrement vérifier votre
glycémie.
Effet des médicaments sur le cycle menstruel
Beaucoup de médicaments utilisés en psychiatrie bloquent la transmission de la dopamine, ce qui fait augmenter la sécrétion
de l’hormone prolactine. Ce processus peut modifier le cycle menstruel. L’interruption de vos règles n’est donc pas nécessairement
un signe de grossesse. Signalez à votre médecin tout changement dans votre cycle menstruel. Dans la mesure du possible, votre
médecin pourra rajuster la dose de vos médicaments pour éviter l’interruption de vos règles. Bien que certains antipsychotiques
diminuent la fertilité, il se peut qu’effectivement l’absence de règles signifie que vous êtes enceinte. Si vous n’êtes pas
prête à vivre une grossesse, assurez-vous d’utiliser des moyens contraceptifs. Il est important de discuter de contraception
avec votre médecin ou votre intervenant en santé mentale.
L’élévation de la prolactine peut entraîner d’autres effets secondaires, dont une sensibilité accrue et le gonflement des
seins et des écoulements de lait. Certaines femmes trouvent ces effets secondaires très déplaisants. La sécheresse vaginale
est un autre effet secondaire possible. Certaines femmes peuvent constater une baisse de leur désir sexuel ou être incapable
d’avoir un orgasme. Il est important de discuter des effets secondaires de nature sexuelle avec votre fournisseur de soins
de santé.
Somnolence et passivité
Quelques médicaments entraînent aussi de la somnolence ou un sentiment de passivité. La passivité est un état où la personne
n’a pas la force de s’affirmer. Il arrive que des femmes se fassent exploiter dans leur situation de famille parce que leurs
médicaments les rendent passives. L’effet sédatif des médicaments peut poser un danger dans certaines situations au travail,
au volant d’un véhicule ou si l’on doit s’occuper d’autres personnes. Il faut donc en discuter avec le médecin. Il existe
des façons simples de composer avec cet effet secondaire.
Dyskinésie tardive
Les antipsychotiques de première génération peuvent, s’ils sont pris pendant de nombreuses années, provoquer des mouvements
involontaires (dyskinésie tardive). Les nouveaux médicaments sont moins susceptibles d’entraîner ce problème.
Autre effets secondaires
La constipation, la raideur musculaire, l’agitation, l’anxiété, l’insomnie, la salivation excessive et les cauchemars comptent
au nombre des autres effets secondaires. Bien qu’elles soient rares, des convulsions similaires à l’épilepsie peuvent se produire.
Pendant combien de temps dois-je prendre des médicaments ?
Cela dépend de vous, de votre situation, de votre diagnostic, de l’évolution de votre maladie et du stress que vous vivez.
Il est possible que vous deviez continuer à prendre des médicaments une fois que les symptômes se sont estompés ou ont disparu.
Si vous cessez de les prendre, vous risquez de vivre un nouvel épisode psychotique. La plupart des gens sont réticents à l’idée
d’avoir à prendre régulièrement des médicaments. Toutefois, tout comme s’appliquer un écran solaire nous protège du cancer
de la peau lorsqu’on sort au soleil, on doit envisager la prise d’antipsychotiques comme une protection contre les événements
stressants de la vie qui peuvent déclencher une rechute. Il est important de discuter avec le médecin de toute préoccupation
concernant les médicaments.
Puis-je boire de l’alcool pendant que je prends des médicaments ?
Chez la plupart des gens, un verre occasionnel de vin ou de bière ne cause aucun problème. Par contre, une consommation modérée
ou excessive d’alcool peut vous rendre plus vulnérable à une rechute. Il existe des services de counseling spécialisés pour
les personnes qui ont un problème d’alcool ou d’autres drogues.
Quels sont les effets d’autres drogues ?
L’usage des drogues de rue aggrave les symptômes psychotiques. Même si vous n’avez plus de symptômes, vous risquez de les
voir réapparaître si vous prenez de la drogue. L’usage de drogues peut entraîner une rechute et mener à une hospitalisation.
Les médicaments en vente libre ou sur ordonnance, les remèdes à base de plantes, la caféine et le tabac risquent d’interagir
avec vos médicaments. La caféine augmente la concentration de certains antipsychotiques dans le sang. La cigarette peut modifier
la façon dont l’organisme métabolise les médicaments. Les doses de médicaments pourraient devoir être augmentées pour beaucoup
de fumeurs. Si vous faites usage de certaines de ces substances, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.
La pilule anticonceptionnelle a-t-elle un effet sur ma médication ?
Les pilules anticonceptionnelles, ou contraceptifs oraux, contiennent des hormones féminines – oestradiol et progestérone.
Ces hormones peuvent empêcher les enzymes du foie de bien métaboliser les médicaments prescrits. Lorsque cela se produit,
une plus grande quantité de médicament est libérée dans le sang et des effets secondaires risquent de se manifester. Il est
préférable de consulter votre médecin au sujet des interactions possibles de la pilule anticonceptionnelle et des antipsychotiques.
Puis-je envisager d’autres moyens de contraception ?
Certaines femmes préfèrent les méthodes anticonceptionnelles de barrière comme le condom pour homme ou femme, ou le diaphragme.
Insister pour que le partenaire masculin utilise régulièrement un condom pendant les relations sexuelles est probablement
ce qu’il y a de mieux à faire. Non seulement les condoms réduisent au minimum le risque de grossesse non désirée, mais ils
empêchent également la transmission des virus ou d’autres infections. Depuis l’épidémie des cas de VIH/SIDA, il est crucial
de se protéger contre les infections. Si vous avez de la difficulté à vous assurer que votre partenaire masculin utilise régulièrement
un condom, renseignez-vous auprès de votre médecin sur les autres méthodes disponibles. On développe maintenant de nouveaux
produits.
Vous pouvez aussi vous renseigner sur la disponibilité de la pilule du lendemain et demander à votre médecin si c’est une
option appropriée dans votre cas. Vous trouverez peut-être utile d’assister à des cours d’éducation sexuelle. Vous découvrirez
le vaste choix de contraceptifs utilisés couramment et vous apprendrez comment repousser des avances sexuelles non désirées.
Il est important de savoir comment se protéger contre les agressions et le harcèlement.
Les antipsychotiques peuvent-ils priver mon organisme de certains éléments nutritifs ?
Il s’agit là d’une question très complexe qui nécessite de plus amples recherches. Certains médicaments sur ordonnance influencent
la façon dont l’organisme absorbe et métabolise les vitamines et minéraux. Il est bon que votre médecin vous fasse régulièrement
des prises de sang pour vérifier votre taux d’acide folique et de vitamine B. Vous pouvez aussi parler de cette question à
un nutritionniste ou à un pharmacien.
Les traitements non médicamenteux revêtent une importance particulière pour les femmes car ils sont relativement sans danger
pendant la grossesse.
Y a-t-il d’autres moyens que les médicaments pour se rétablir d’un épisode psychotique ?
Il est crucial de vous renseigner sur la maladie et son traitement. Cela vous aidera à faire des choix thérapeutiques éclairés
et à avoir la meilleure santé possible. Un programme de réadaptation peut vous aider à regagner vos aptitudes et votre confiance
en vous. La thérapie ou le counseling peut vous aider à composer avec la maladie. La thérapie cognitive explore le lien entre
les pensées, les sentiments et les actions et vous enseigne comment composer avec des symptômes précis. Vous pouvez participer
à des séances individuelles ou de groupe. Le counseling conjugal ou familial peut aussi être utile.
Il ne faut pas oublier le soutien familial. Les parents, frères et soeurs, conjoints et enfants sont tous profondément touchés
par la psychose. Ils doivent donc apprendre à composer quotidiennement avec la maladie d’un être cher. Il faut aussi leur
donner l’occasion d’exprimer leurs inquiétudes.
Les remèdes à base de plantes sont-ils efficace ?
Jusqu’à présent, nous n’avons pas suffisamment de preuves en ce sens pour encourager l’emploi de remèdes à base de plantes
dans le traitement de la psychose. En fait, certains de ces produits seraient à l’origine de symptômes psychiatriques. Il
faut cependant approfondir les recherches dans le domaine. Si vous prenez des remèdes à base de plantes, informez-en votre
médecin.
Les électrochocs sont-ils parfois utilisés pour traiter la psychose ?
Les électrochocs (ETC) sont parfois recommandés pour traiter des personnes psychotiques. Aujourd’hui, on applique généralement
les électrochocs sur un côté du cerveau seulement et non sur les deux comme c’était le cas avant ; ils entraînent très peu
de perte de mémoire comparativement aux formes d’ETC qui étaient utilisées auparavant. La perte de mémoire dépend du nombre
de traitements consécutifs, de l’intervalle entre les traitements et des réactions propres à la personne.
Qu’est-ce que la SMT ?
La stimulation magnétique transcrânienne (SMT) est une nouvelle forme de traitement où l’on envoie des ondes magnétiques au
cerveau. Ce traitement peut être utile en présence de certains symptômes comme les hallucinations.