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La psychose chez les femmes : Guide à l'intention des femmes et de leur famille

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Avoir des relations amoureuses

De nos jours, beaucoup de choix s’offrent aux femmes. Elles peuvent choisir entre le mariage, le célibat ou l’union libre.Une femme peut avoir une idée bien arrêtée du genre de vie qu’elle désire et d’autres peuvent se sentir poussées par leur famille et leurs amis à faire certains choix.

La psychose peut avoir d’énormes répercussions sur l’estime de soi de la femme. La femme peut craindre qu’un proche, y compris son conjoint, la rejette ou la quitte. Ces sentiments sont tout à fait normaux. Il est bon d’en parler avec un bon ami, un parent ou un conseiller.

Il arrive qu’un conjoint ait des craintes non fondées sur la maladie. Le conjoint peut surmonter ses peurs en se renseignant et en en parlant avec un professionnel de la santé.

Parfois, une femme peut se sentir dévalorisée et seule. Elle peut alors être tentée d’avoir une relation intime avec quelqu’un qu’elle ne fréquenterait pas habituellement. Il est très important de ne pas agir de façon impulsive et de ne pas prendre de risques inutiles. Parler de sa solitude à un ami proche ou à un conseiller peut aider à trouver de meilleures solutions.

Avoir des enfants

Certaines femmes décident d’avoir des enfants et d’autres pas.Les femmes peuvent mener des vies satisfaisantes sans enfants. Certaines choisissent de mettre l’accent sur d’autres aspects de leur vie, comme leur carrière, leurs passe-temps ou d’autres intérêts. La psychose complique chez la femme la décision d’avoir ou non des enfants. Généralement, les femmes aux prises avec une psychose se posent beaucoup de questions :

  • Mon enfant héritera-t-il de ma maladie ?
  • Serai-je en mesure de prendre soin de mon enfant ?
  • Devrais-je cesser de prendre mes médicaments pendant ma grossesse ?
  • Mes médicaments pourraient-ils nuire à la santé du foetus ?

Que prendre en considération avant de décider d’avoir ou non un enfant :

Votre santé

  • Certains symptômes nuisent-ils à vos relations ou activités quotidiennes ?
  • Avez-vous un bon niveau d’énergie ? Une bonne concentration ?
  • Vos médicaments entraînent-ils de la somnolence ?
  • Avez-vous eu beaucoup de stress récemment ? Comment l’avez-vous géré ?
  • Récemment, vous êtes-vous sentie moins apte à prendre soin de vous-même ou à vaquer à vos activités quotidiennes à la suite d’une rechute ? Qui a alors pris les choses en main ?
  • Quelqu’un s’est-il inquiété de votre capacité de prendre soin de vous ?
  • Votre médecin et d’autres fournisseurs de soins se préoccupent-ils de votre capacité de prendre soin d’un bébé ?

Votre conjoint

  • Votre conjoint est-il en bonne santé ?
  • Gère-t-il bien le stress ?
  • Comprend-il bien votre maladie et son traitement ?
  • Dans quelle mesure peut-il vous aider quand vous êtes malade ?
  • Comment envisage-t-il le fait d’avoir des enfants ?
  • Votre relation avec votre conjoint est-elle solide ?
  • Pensez-vous vous retrouver seule avec votre enfant ?

Vos finances et vos conditions de vie

  • Habitez-vous un endroit qui conviendrait à un bébé (p. ex. aires de jeu sécuritaires, une chambre individuelle) ? Votre lieu de résidence influence la façon dont vous pouvez prendre soin d’un enfant. Il existe des logements subventionnés pour les familles.
  • Avez-vous assez d’argent pour fournir à un bébé ce dont il a besoin, p. ex. pour le nourrir, le vêtir, lui acheter des jouets et d’autres nécessités ?

Soutien

  • Vos amis et les membres de votre famille seraient-ils en mesure de vous aider à prendre soin d’un enfant ? Au besoin, pourraient-ils vous aider financièrement ?
  • Si vous étiez hospitalisée à la suite d’une rechute, qui prendrait soin de votre enfant ?
  • Comment vous sentiriez-vous si personne ne pouvait vous aider, obligeant les services d’aide à l’enfance à intervenir ?
  • Au besoin, permettriez-vous à un intervenant de venir chez vous pour vous aider à prendre soin de l’enfant ?
  • Seriez-vous prête à suivre des cours de compétences parentales ou à participer à un groupe pour acquérir de nouvelles compétences ?

Votre enfant

  • Seriez-vous en mesure de vous occuper d’un enfant ayant une maladie mentale, des difficultés d’apprentissage ou des problèmes de comportement et dont il serait plus difficile de prendre soin ?
  • Seriez-vous prête à obtenir de l’aide si votre enfant avait des besoins particuliers ?

Discutez ouvertement de ces questions avec votre conjoint, votre famille, votre médecin et votre équipe de soins. Notez les questions qui préoccupent tout le monde et discutez des mesures à prendre. Sachez quelle information vous manque et comment l’obtenir. Une fois bien renseignés, vous et votre conjoint pourrez plus facilement décider d’avoir ou non un enfant. Il est bon de s’informer sur les risques génétiques, la prise de médicaments pendant la grossesse, l’accouchement et la garde d’enfants.

Mon enfant héritera-t-il de ma maladie ?

Cela dépend du diagnostic. La schizophrénie semble être une maladie génétique complexe. Cela signifie qu’elle se transmet des parents aux enfants, mais pas de façon claire. L’enfant d’un parent ayant une schizophrénie a environ une chance sur dix d’hériter de la maladie, ce qui représente un risque dix fois plus grand que celui d’un enfant de parents qui n’ont pas de schizophrénie. Si le père et la mère ont une schizophrénie, l’enfant a une chance sur deux de contracter la maladie. Cependant, le taux réel de risque dépend en partie du type de psychose dont le parent est atteint et de la santé mentale de l’autre parent. Pour l’instant, nous ne savons pas exactement comment se transmettent les gènes de la schizophrénie ou d’autres types de psychoses. Des facteurs comme l’infection, la carence vitaminique, la malnutrition, la consommation de drogues au cours de la grossesse et des difficultés à l’accouchement peuvent augmenter les risques.

Dois-je continuer à prendre mes médicaments pendant ma grossesse ?

Le premier trimestre de la grossesse est une période cruciale sur le plan des choix. C’est à ce moment-là qu’une femme doit décider de poursuivre ou non sa grossesse et de continuer ou non de prendre ses médicaments. Les médicaments antipsychotiques exposent le foetus à peu de dangers, mais peuvent légèrement augmenter les risques d’anomalies congénitales. Le niveau de risque est le même avec tous les antipsychotiques, mais on en connaît plus sur les anciens antipsychotiques.

Les régulateurs de l’humeur cependant peuvent nuire au foetus et doivent être pris sous haute surveillance. La plupart des antidépresseurs sont relativement sans danger, mais comme tout autre médicament, ils doivent être pris prudemment au cours du premier trimestre de grossesse.

Vous devez discuter de la grossesse avec votre médecin et votre équipe de soins. Ils examineront votre santé et les médicaments que vous prenez, dans votre intérêt et dans celui du foetus. Ils vous renseigneront aussi sur la façon de prendre vos médicaments pendant la grossesse. Le programme Motherisk du Hospital for Sick Children de Toronto, en Ontario, est une ressource internationale pour obtenir des informations sur l’utilisation des médicaments pendant une grossesse. Il est fortement recommandé d’y faire appel (416 813-6780 ; site Web : www.motherisk.org).

Vous devez planifier soigneusement votre grossesse. Les médecins recommandent aux femmes de commencer à prendre de l’acide folique avant la grossesse afin de prévenir des anomalies du tube neural. Ces anomalies peuvent se produire chez les foetus de toutes les femmes, mais elles peuvent être plus répandues chez les foetus des femmes qui prennent des médicaments ou qui ont de l’embonpoint. Les femmes enceintes devraient subir de nombreux examens prénataux et de suivi chez leur médecin et leur professionnel de la santé mentale. Idéalement, tous les membres concernés de la famille devraient participer à ces suivis étant donné que leur soutien sera requis après la naissance. La grossesse n’est pas en soi un moment difficile pour la femme atteinte de psychose, mais cette dernière devient plus vulnérable pendant la période post-partum. Il est stressant de prendre soin d’un enfant, surtout si on ne bénéficie pas du soutien de son conjoint ou de sa famille.

Qu’advient-t-il de ma médication après la naissance du bébé ?

L’allaitement est important pour le lien entre la mère et l’enfant et pour la santé du bébé. Il existe des moyens de réduire la quantité de médicaments transmis dans le lait maternel. La période post-partum est très stressante et délicate pour les femmes ayant vécu une psychose. C’est pourquoi vous ne devriez pas abandonner le traitement antipsychotique durant l’allaitement.

Vous devriez également recevoir la visite fréquente d’un intervenant à domicile. Ces visites permettront de surveiller vos symptômes psychotiques et votre niveau d’énergie, et de vérifier que votre médication n’est pas trop forte. Il est préférable que les femmes vulnérables restent plus longtemps à l’hôpital après l’accouchement. À la maison, elles doivent également s’entourer d’un réseau complet de soutien pendant au moins six mois.

Les autorités pourraient-elles m’enlever mon bébé ?

Il n’est jamais facile de prendre soin d’un enfant. Et vous devrez faire face à des difficultés additionnelles si vous avez vécu une psychose.Vous pouvez ressentir de la somnolence, un des effets sédatifs des médicaments, ou voir vos symptômes psychotiques persister. D’autres facteurs peuvent augmenter votre niveau de stress, comme les difficultés financières, la consommation d’alcool ou de drogues, la monoparentalité et le manque de soutien des amis et de la famille. Le risque que vous ne puissiez pas vous occuper correctement de votre enfant, et même de vous, est relativement élevé. En pareilles circonstances, les services d’aide à l’enfance doivent intervenir dans l’intérêt de l’enfant, mais aussi pour réduire votre fardeau.

Vous pouvez avoir peur que l’on vous retire à jamais votre enfant si vous montrez des signes de détresse. Le travail du personnel de l’aide à l’enfance est d’assurer la sécurité et le bien-être des enfants. Son but n’est pas de séparer les familles. La meilleure chose à faire est de suivre votre traitement et de collaborer avec l’équipe de soins et le personnel de l’aide à l’enfance. Vous augmenterez ainsi vos chances de garder votre enfant ou de reprendre rapidement sa garde. Il est fortement recommandé de déterminer à l’avance qui s’occupera de votre enfant lorsque vous ne serez pas en mesure de le faire.

Certains bébés de parents psychotiques se développent lentement et, par conséquent, peuvent être plus difficiles à élever. Dans de tels cas, il est important d’avoir du soutien additionnel. Votre médecin et votre équipe de soins peuvent vous aider à en obtenir.Le service de santé publique et de nombreux centres communautaires offrent de l’aide aux parents.

La psychose chez les femmes - Guide d'information