À propos de la psychose
La psychose chez les femmes : Guide d'information
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Le terme « psychose » s’applique à un état d’esprit dans lequel la pensée, le raisonnement et l’humeur sont considérablement
perturbés.
Un grand nombre de facteurs peuvent jouer dans l’apparition de la psychose, notamment une fièvre élevée, une réaction à des
drogues, une maladie neurologique (une maladie cérébrale comme l’épilepsie) et des antecedents familiaux de psychose. Il arrive
souvent qu’il n’y ait pas de cause connue et que la maladie apparaisse « sans raison ».
Au cours d’un épisode psychotique, une femme peut être convaincue que son conjoint la trompe, même si ce n’est pas le cas.
Elle peut interpréter les gestes et le ton de voix de son conjoint en se fondant sur ses plus grandes craintes et non sur
la réalité. Elle peut entendre une voix dans sa tête qui lui confirme ses craintes, ce qui lui prouve que ses croyances sont
vraies. Il est difficile de changer ces idées fixes, même avec la preuve du contraire.
Il arrive que ces convictions psychotiques (appelées idées délirantes) découlent d’une perturbation de l’humeur. Si une femme
est très dépressive, par exemple, elle peut se sentir indigne d’être aimée et croire (à tort) qu’on l’a abandonnée, qu’on
s’en prend à elle ou qu’elle fait l’objet de discrimination. Cela peut aussi se produire chez les hommes. En général, les
idées délirantes des femmes sont concentrées sur les relations. Se croire à tort trompée par son conjoint est une idée délirante
courante chez les femmes atteintes de psychose. Chez les hommes, les idées délirantes sont plutôt axées sur des conspirations
terroristes, des préoccupations spirituelles ou l’espionnage informatique.
Il est difficile, au début d’un épisode psychotique, d’en déterminer la cause sous-jacente. Le diagnostic devient de plus
en plus difficile à mesure que les symptômes changent avec le temps. Il n’existe pas de test objectif pour établir un diagnostic
de psychose. Le diagnostic est fondé sur une opinion clinique qui tient compte des éléments suivants :
- les symptômes signalés par la femme (et sa famille)
- l’élément déclencheur apparent
- la durée des symptômes
- l’évolution des symptômes
- le degré de perturbation de la vie quotidienne entraîné par les symptômes
- les antécédents familiaux.
La psychose frappe autant les femmes que les hommes. Si la psychose déclenchée par la consommation de drogues est plus fréquente
chez les hommes, la psychose associée aux fluctuations de l’humeur est plus courante chez les femmes.
Lorsque les femmes reçoivent un diagnostic de schizophrénie, elles présentent habituellement moins de symptômes « négatifs
» (ce qui se soustrait quand la personne est touchée, comme le plaisir ou la motivation) que les hommes. Le diagnostic de
schizophrénie repose souvent sur la présence de symptômes négatifs. Il est cependant très difficile d’établir ce diagnostic
chez les femmes, car elles manifestent rarement ce type de symptômes. Par contre, les femmes présentent souvent des symptômes
liés à l’humeur, la dépression en particulier, même quand elles sont atteintes de schizophrénie plutôt que d’une psychose
à forme dépressive. Les symptômes de la dépression comprennent la tendance à pleurer facilement, le sentiment de culpabilité
et le manque d’espoir. Il est encore plus difficile de poser un diagnostic précis lorsqu’il existe à la fois des symptômes
cognitifs (p. ex. une perte de la capacité de raisonner) et des symptômes de l’humeur.
Les femmes connaissent habituellement leurs premiers troubles psychotiques à un âge plus avancé que les hommes. Dans bien
des cas, la maladie apparaît au début de la vingtaine et est déclenchée par un événement précis, comme une rupture. Chez les
hommes, la maladie se manifeste généralement vers la fin de l’adolescence et peut être déclenchée par la consommation d’alcool
et de drogues.
Étant donné l’apparition plus tardive de la maladie chez les femmes, ces dernières ont l’avantage d’avoir une plus grande
scolarité et une plus grande expérience personnelle et professionnelle qui les aident à se rétablir. Dans l’ensemble, elles
réagissent mieux aux traitements que les hommes et ont besoin de doses relativement faibles de médicaments. Les femmes sont
aussi plus disposées à parler de leurs expériences et, de ce fait, répondent mieux aux interventions psychosociales. Ce sont
tous là des éléments positifs pour les femmes.
Par contre, le risque de rechute chez les femmes est supérieur à certains moments (p. ex. à l’approche des règles, après un
accouchement et à la ménopause). Les hormones féminines pourraient donc influencer la résistance à la psychose. Les autres
facteurs de risque chez les femmes sont la pauvreté, l’immigration, la toxicomanie, la violence conjugale, l’exploitation
sexuelle et la monoparentalité. Ajoutons à cela les stéroïdes et les médicaments pour des problèmes de thyroïde (dont font
davantage usage les femmes).
Un grand nombre de troubles médicaux et neurologiques sont accompagnés de symptômes psychotiques. Différentes formes de psychose
peuvent exiger des traitements particuliers.
Schizophrénie
La schizophrénie est caractérisée par trois types de symptômes.
Le premier type, les symptômes « positifs », sont ceux qui « s’ajoutent ». Les symptômes positifs comprennent les hallucinations
(troubles de la perception, p. ex. entendre, voir, goûter, sentir ou ressentir des choses qui, en réalité, n’existent pas)
et les idées délirantes (croyances enracinées, ne reposant pas sur des faits).
Le deuxième type, les symptômes « négatifs », sont ceux qui « se soustraient ». La perte de plaisir, le manque de motivation
et la passivité sont des exemples de symptômes négatifs. Ils se traduisent chez la personne par une absence d’émotions et
l’évitement des contacts sociaux.
Le troisième type, les symptômes cognitifs, comprennent les pertes de mémoire, la capacité de raisonner et de compter.
Pour établir un diagnostic de schizophrénie, ces trois types de symptômes doivent durer depuis au moins six mois et doivent
perturber la capacité de fonctionner de la personne. La schizophrénie est une maladie persistante. Il y a des périodes de
rémission (périodes durant lesquelles la personne ne présente pas de symptômes), mais le traitement doit être poursuivi afin
de prévenir les rechutes (le retour des symptômes).
Trouble schizophréniforme
Ce terme est utilisé lorsque les symptômes de schizophrénie n’ont pas encore duré pendant une période de six mois. Le trouble
peut disparaître complètement, de lui-même, ou se transformer en maladie mentale persistante.
Trouble bipolaire ( manie-dépression )
Il s’agit d’un trouble de l’humeur qui se traduit par une alternance de périodes de dépression et de périodes d’excitation.
Il arrive que les deux pôles de la maladie soient accompagnés de symptômes psychotiques. Par exemple, lorsque la personne
est déprimée, elle peut entendre des voix qui la dévalorisent, et en phase maniaque, elle peut se voir comme un être exceptionnel,
capable d’accomplir de véritables tours de force, même s’il n’en est rien. Lorsqu’elles sont en rémission, les personnes ayant
un trouble bipolaire peuvent reprendre leur vie normale, contrairement à celles qui sont atteintes de schizophrénie.
Trouble schizo - affectif
Ce type de psychose se caractérise par la présence de symptômes de schizophrénie et de troubles de l’humeur. Ces symptômes
se manifestent en même temps ou en alternance.
Dépression psychotique
La dépression unipolaire (dépression sans manie) peut être accompagnée de symptômes psychotiques. Elle est beaucoup plus courante
chez les femmes que chez les hommes.
Psychose due aux drogues
La consommation de drogues, telles que la marijuana, la cocaïne, le LSD, les amphétamines et l’ecstasy, peut entraîner des
symptômes psychotiques. Ces symptômes ont tendance à disparaître une fois l’effet des drogues dissipé. S’ils ne disparaissent
pas, la drogue peut avoir déclenché une maladie plus persistante. La psychose due aux drogues est plus courante chez les hommes
que chez les femmes.
Psychose réactionalle brève
Cette forme de psychose présente des symptômes psychotiques qui durent moins d’un mois. Elle est plus courante chez les femmes
que chez les hommes.
Trouble délirant
Ce trouble persistant se manifeste par des idées délirantes prononcées (habituellement élaborées) mais non accompagnées d’hallucinations.
La personne pourrait par exemple croire qu’elle a écrit une chanson qui lui a été volée par un groupe populaire et que ce
groupe gagne des millions de dollars sur son dos. Elle passe tout son temps à vouloir réparer le tort qu’on lui a fait et
néglige tous les autres aspects de sa vie. Le trouble délirant n’empêche pas la personne de fonctionner au quotidien, mais
il rend les relations interpersonnelles tendues.
Syndrome de stress post - traumatique
Les symptômes du syndrome de stress post-traumatique (SSPT) apparaissent à la suite d’un événement traumatisant tel qu’une
violente agression. La personne ayant ce syndrome est hantée par l’événement traumatisant qu’elle revit et évite les situations
qui lui sont associées. Elle peut avoir des flash-backs (rappels visuels ou auditifs de l’événement en question) impossibles
à distinguer des hallucinations causées par une psychose. Les femmes sont plus susceptibles que les hommes de manifester des
symptômes de SSPT à la suite d’un événement traumatisant.
Les diagnostics psychiatriques ne sont pas objectifs (il n’existe en effet pas de test sanguin ni d’examen radiographique
permettant de confirmer ces diagnostics). Il est donc important d’être le plus précis possible lorsque vous décrivez ce que
vous ressentez à votre médecin pour l’aider à poser le bon diagnostic. Faites-lui part de vos pensées et de vos sentiments.
Dites-lui si vous avez consommé de l’alcool ou de la drogue, en quelles quantités et à quand remonte la dernière consommation.
Si vous avez vécu un traumatisme pendant votre enfance ou à l’âge adulte, dites-le à votre médecin. Il est également important
de discuter ouvertement des antécédents de problèmes de santé mentale dans votre famille, s’il y en a.
Parler à un professionnel de la santé peut être une expérience bouleversante ou déroutante, surtout lorsqu’on ne se sent pas
bien. De plus, les symptômes de la maladie peuvent modifier votre aptitude à vous exprimer. Votre médecin ou d’autres membres
de votre équipe de soins peuvent vous demander la permission de s’adresser à vos proches. Les amis et la famille pourront
lui faire part de leurs observations et donc l’aider à poser un diagnostic.
Plus votre médecin dispose d’information, plus il ou elle sera en mesure de poser un diagnostic précis.
*Pour plus d’information sur ce sujet, consulter la liste des lectures suggérées.