Le traitement
La Schizophrénie: Guide d’information
Au début, les personnes atteintes de schizophrénie sont ou bien traitées en consultation externe, ou bien hospitalisées, selon
la gravité de leurs symptômes. À l’heure actuelle, le traitement de la maladie combine l’administration de médicaments avec
des interventions psychosociales (p. ex. counseling). Le counseling familial est souvent recommandé pour aider les schizophrènes
et leur famille à comprendre et à gérer les problèmes causés par la maladie. Il est important d’en apprendre le plus possible
sur les traitements offerts, de comprendre les avantages et les inconvénients de chaque traitement et d’en discuter avec le
médecin pour que tout le monde participe à la prestation des soins.
Traitements biologiques
Médicaments
La mise au point, dans les années 1950, des neuroleptiques, ou médicaments antipsychotiques, s’avère l’une des plus importantes
percées médicales dans le traitement de la schizophrénie. Grâce à ces médicaments, les personnes atteintes de schizophrénie
n’ont plus besoin d’être hospitalisées pendant des années. La plupart peuvent vivre dans la communauté et ne faire des séjours
à l’hôpital que si elles rechutent.
Il existe différents types de médicaments antipsychotiques : le type et le dosage varient d’une personne à l’autre. La plupart
de ces médicaments sont administrés sous forme de comprimés, mais certains sont prescrits sous forme de liquide et d’autres
sont injectés. Les médicaments antipsychotiques ne créent pas d’accoutumance. Il est important de prendre les médicaments
assez longtemps pour contrôler les symptômes et prévenir les rechutes. Le médecin traitant sera en mesure de préciser la durée
de la prise de médicaments.
Certaines personnes oublient régulièrement de prendre leurs médicaments. Des injections à effet prolongé («implant») sont
parfois données à ces personnes, à raison d’une fois par mois, par exemple.
D’autres ne répondent pas aux médicaments antipsychotiques traditionnellement prescrits, mais obtiennent de bons résultats
avec certains des médicaments plus récents. L’un de ces médicaments, la clozapine, peut affaiblir le système immunitaire.
Il est donc important que les personnes qui prennent de la clozapine subissent régulièrement des analyses de sang pour contrôler
le nombre de leurs globules blancs.
Les antipsychotiques sont les médicaments les plus souvent utilisés dans le traitement de la schizophrénie, mais d’autres
types de médicaments sont aussi prescrits pour traiter les symptômes de la maladie tels que la dépression, l’angoisse et les
troubles du sommeil.
Effets secondaires
Les médicaments antipsychotiques ont parfois des effets secondaires désagréables. Ils surviennent surtout pendant la phase
active de la maladie, lorsque les malades doivent prendre des doses plus élevées de médicaments. Les problèmes les plus fréquents
sont la raideur musculaire, les tremblements, les spasmes musculaires, l’agitation, la sécheresse de la bouche et la vision
trouble. Il arrive qu’en raison de ces effets secondaires, les malades se découragent et hésitent à prendre leurs médicaments.
Avec le temps, toutefois, le corps s’adapte aux médicaments et, normalement, les effets secondaires s’atténuent. D’autres
médicaments sont parfois prescrits pour soulager ou réduire les effets secondaires désagréables.
Chez certaines personnes, l’usage prolongé de neuroleptiques entraîne un autre trouble appelé dyskinésie tardive. Il s’agit
habituellement de mouvements involontaires du visage, des yeux, de la langue, de la bouche ou de la mâchoire. Si cela se produit,
il faut changer de médicaments ou cesser d’en prendre.
Électrochocs
Les électrochocs ne sont habituellement pas recommandés pour le traitement de la schizophrénie. Dans certains cas, toutefois,
ils sont prescrits pour les personnes gravement malades qui ne répondent pas aux médicaments ou qui sont profondément déprimées.
Interventions psychosociales
La schizophrénie frappe le plus souvent les jeunes gens, dans les années au cours desquelles ils développeraient normalement
les compétences nécessaires pour vivre de façon autonome. Comme la maladie empêche cette évolution lorsqu’elle s’installe,
les interventions psychosociales visent souvent à permettre aux malades d’acquérir ces compétences indispensables. Elles les
aide à se fixer des objectifs dans les aspects les plus importants de leur vie et à travailler à leur réalisation. Toute une
variété d’approches sont utilisées, entre autres la gestion de cas, le counseling, les programmes dans des centres ou des
pavillons et des programmes de logement avec soutien intégré ou soutien flexible de l’extérieur.
Gestion de cas
Les responsables de cas sont des cliniciens qui ont reçu une formation en réadaptation psychosociale. Ils s’occupent d’une
gamme très vaste de besoins pour aider leurs clients à jouir de la meilleure qualité de vie possible dans la communauté. Il
peut s’agir, par exemple, de besoins de logement, de besoins professionnels, sociaux, éducatifs ou financiers, ou d’intervention
en cas de crises, selon la situation des clients. Les responsables de cas mettent leurs clients en rapport avec des agences
et des services, communiquent avec les familles et d’autres fournisseurs de soins et contrôlent la satisfaction et les progrès
de leurs clients. En plus de coordonner tous ces services, les responsables de cas peuvent remplir les fonctions de conseillers
ou de thérapeutes, et établir une liaison avec des services médicaux pour Guide d’information 11 des problèmes liés aux médicaments
ou pour répondre à d’autres besoins médicaux. Le service de la gestion de cas est souple. Chaque programme est conçu en fonction
des clients et de leurs besoins.
Counseling
Des services de counseling sont offerts par des professionnels de la santé qui ont reçu une formation en travail social, en
sciences infirmières, en psychologie, en médecine ou en ergothérapie. La psychothérapie d’appoint, individuelle et de groupe,
est la forme de counseling la plus souvent donnée aux personnes atteintes de schizophrénie. À l’aide de cette approche, les
personnes acquièrent plus d’information sur les sources de leur détresse et reçoivent de l’aide pour modifier les croyances
et les comportements qui alimentent leur problème. Le counseling vise avant tout à encourager les personnes à développer leurs
points forts et leur capacité de vivre avec leur maladie.