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Rétablissement et prévention de la rechute

Le trouble obsessionnel-compulsif : Guide d’information

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Le processus de rétablissement

Bien que la thérapie cognitivo-comportementale et les médicaments aident généralement à atténuer les symptômes du trouble obsessionnel-compulsif, ces thérapies ne permettent pas de résoudre entièrement toutes les difficultés que comporte la vie avec cette maladie. Se rétablir d’un trouble obsessionnel-compulsif est un processus qui se fait graduellement, comme l’apparition de la maladie, et il exige des efforts continus.

Le trouble obsessionnel-compulsif touche chaque aspect de la vie de ceux qui en souffrent. Il peut perturber la capacité de fonctionner au travail, dans certaines situations sociales et en famille. Une fois les symptômes allégés, lorsque vous serez près à reprendre une vie normale, vous aurez peut-être de la difficulté à composer avec les problèmes pratiques et affectifs qui auront pu surgir après une longue maladie.

Une période de maladie prolongée peut diminuer la confiance en soi d’une personne qui se sent vulnérable dans des situations qui lui étaient familières et dans lesquelles elle se serait sentie à l’aise auparavant. Le trouble obsessionnel-compulsif peut pousser une personne à devenir très dépendante de son entourage. Les gens sont souvent étonnés de constater qu’ils redoutent autant la perspective de redevenir indépendants et de reprendre leurs responsabilités. Il est important de reconnaître que ces réactions sont un stade normal du rétablissement après un trouble obsessionnel-compulsif.

Le rétablissement est un processus et non pas un événement passif. D’abord, il faut reprendre tout doucement vos activités familières et avoir de modestes attentes. Petit à petit, prenez des responsabilités et une certaine assurance. Lorsque vous reprendrez des activités telles que les rencontres sociales, les études ou le travail, vous éprouverez probablement un sentiment d’anxiété.Vous devez savoir vous pardonner vos erreurs.

Retour au travail

Le soutien d’un thérapeute peut aider au moment du retour au travail ou aux études et au moment de renouer les relations avec votre famille et vos amis. Par exemple, vous éprouverez sans doute une certaine angoisse à l’idée de reprendre le travail. Voici certaines questions liées au travail que posent souvent les personnes ayant un trouble obsessionnel-compulsif :

  • Comment expliquer mon absence à mes collègues ?
  • Est-ce normal de manquer d’assurance et de confiance en soi ?
  • Comment puis-je comprendre et gérer ces sentiments et ces problèmes sans éprouverle besoin de m’engager dans des comportements compulsifs ?

Vous avez peut-être d’autres questions au sujet de la reprise de vos activités professionnelles. Lorsque vous aurez fait part de vos inquiétudes à votre thérapeute, essayez ensemble de trouver une stratégie qui facilitera votre retour au travail. Il serait préférable que votre thérapeute connaisse bien le trouble obsessionnel-compulsif. De nombreux professionnels de la santé mentale ne connaissent pas le trouble obsessionnel-compulsif aussi bien que les autres troubles mentaux. S’il n’y a pas dans votre ville de thérapeute possédant ces connaissances, vous pourriez trouver le soutien nécessaire auprès d’un thérapeute disposé à se renseigner sur ce trouble.

Il vous est vivement recommandé d’assumer progressivement vos responsabilités. Reprenez vos activités professionnelles à temps partiel seulement ou avec une charge de travail moins lourde. Votre fournisseur de soins recommandera peut-être des arrangements particuliers qui pourraient vous être utiles en cette période de transition. Les arrangements habituels comprennent des pauses plus fréquentes, du temps pour vos rendez-vous chez le médecin et la réorganisation des tâches non essentielles.

Il peut être utile de renseigner votre employeur et vos collègues sur certains signes typiques du trouble obsessionnel-compulsif, mais certaines personnes préfèrent ne pas discuter de leur maladie avec leur employeur. Si vous ne parlez pas de votre état, vous ne pourrez pas demander d’arrangements spéciaux, mais cela ne veut pas dire pour autant que votre retour au travail sera un échec. En pareil cas, il peut être particulièrement important d’avoir d’autres personnes, en dehors de votre milieu de travail, avec qui discuter de vos problèmes et de vos préoccupations.

Prévention efficace de la rechute

Le trouble obsessionnel-compulsif, comme le diabète, est une affection chronique. Bien que les symptômes puissent être atténués et maîtrisés à l’aide de médicaments et de traitements, vous devez prendre des précautions pour prévenir leur réapparition.

Il est important de savoir comment vous vous sentez. L’anxiété, le stress, la fatigue et le sentiment de perte de maîtrise de soi peuvent déclencher une rechute. Pour certaines personnes, des situations ou des conditions particulières peuvent provoquer l’apparition de symptômes. Dans de nombreux cas, l’interruption trop précoce ou trop soudaine d’un traitement médicamenteux peut favoriser une rechute.

Lorsque les symptômes du trouble obsessionnel-compulsif se sont atténués, diverses stratégies peuvent aider à maintenir les résultats obtenus grâce aux progrès que vous avez faits.

  1. Renseignez-vous sur le trouble obsessionnel-compulsif. Lisez tout ce que vous pouvez sur le trouble obsessionnel-compulsif et son traitement. Consultez la liste des lectures et des sites Internet recommandés à la fin de ce livre. Si vous ne comprenez pas tout, demandez l’aide des professionnels de la santé mentale qui vous soignent.
  2. Résistez aux besoins compulsifs ; apprenez des façons saines de tolérer le stress et vos craintes et mettez-les en pratique. Lorsque les symptômes du trouble obsessionnel-compulsif se seront en partie dissipés, il vous faudra un engagement et de la détermination pour ne pas régresser. Les stratégies malsaines utilisées pour tolérer le stress et les craintes doivent être remplacées par des stratégies saines. Résistez au besoin de céder à vos compulsions. Appliquez les techniques apprises en thérapie, continuez à vous efforcer d’éliminer les modèles obsessifs de pensée et les comportements compulsifs. Ne vous contentez pas d’une amélioration partielle des symptômes, vous risqueriez de rechuter.
  3. Si des médicaments vous ont été prescrits, continuez à les prendre jusqu’à ce que votre médecin vous donne d’autres directives. Souvent lorsqu’ils commencent à se sentir mieux, les patients cessent de prendre leurs médicaments. Vous êtes plus susceptible de rechuter si vous arrêtez de prendre vos médicaments trop tôt. Les médecins recommandent généralement de prendre les médicaments pendant six à douze mois. Dans certains cas, les antidépresseurs peuvent être recommandés pendant plusieurs années. Si vous éprouvez des effets secondaires, vous serez peut-être tenté d’arrêter vos médicaments. Au lieu de prendre des décisions non éclairées, essayez avec votre médecin de dresser un plan de traitement qui vous convienne.
  4. Demandez à des membres de votre famille et à des amis de vous aider à guérir. Si vous choisissez de vivre dans l’isolement et le secret, vous créerez un terrain propice aux symptômes du trouble obsessionnel-compulsif. Lorsque la famille et les amis sont au courant de votre lutte et y participent, ils peuvent vous aider de plusieurs façons. Ils peuvent, par exemple, vous aider à maîtriser vos besoins compulsifs, vous aider à vous protéger contre la réapparition des symptômes et vous donner le soutien et l’encouragement nécessaires.

    Vous seul choisissez à qui parler de votre maladie. Cependant, pour contrecarrer une éventuelle rechute, il importe d’avoir au moins une personne sur laquelle vous pouvez compter et à qui vous pouvez vous confier. En plus de la famille, des amis et du soutien professionnel, beaucoup de personnes aux prises avec un trouble obsessionnel-compulsif trouvent que les groupes d’entraide et de soutien constituent un maillon précieux de leur réseau. (Consultez la liste des associations dans la section « Ressources » pour savoir s’il y a un groupe de soutien pour personnes ayant un trouble obsessionnel-compulsif dans votre collectivité.)
  5. Adoptez un mode de vie sain fondé sur une bonne nutrition, l’exercice et de bonnes habitudes de sommeil. Vos habitudes alimentaires, le sommeil et l’exercice ont une incidence sur votre état général et votre tolérance au stress. Bien « nourrir » votre corps, vos émotions et votre esprit vous aide à vous sentir calme mais alerte et à affronter les problèmes au fur et à mesure qu’ils surviennent. Le yoga, les thérapies par le mouvement et la méditation réduisent l’anxiété. Ils peuvent également augmenter l’énergie et la concentration et procurer un sentiment de bien-être.
  6. Essayez d’équilibrer votre vie en réservant suffisamment de temps pour le travail, la famille, les amis et les loisirs. Au début, il peut sembler facile de se dérober au trouble obsessionnel-compulsif en se concentrant exclusivement sur une chose, comme le travail ou un passe-temps. Mais un jour ou l’autre, cette tactique ne marchera peut-être plus et vous devrez développer d’autres aspects de votre vie. Il est important de rester en contact avec toutes les facettes de votre vie, comme les études, le travail ou les activités bénévoles, la famille, les amis et vos loisirs favoris. En vous remettant de votre maladie, le fait de consacrer de l’énergie à plusieurs domaines vous aidera à mieux équilibrer votre vie et à en tirer une plus grande satisfaction ; il vous sera ainsi plus facile d’éviter les rechutes.
  7. Demandez une post-cure. Le fait de poursuivre le traitement, même après l’atténuation des symptômes, peut aider à maintenir les résultats obtenus et à prévenir une rechute. Selon vos besoins, vous pourriez également bénéficier d’une thérapie individuelle, de groupe ou familiale ou de l’aide d’un groupe de soutien.
  8. Planifiez votre temps et votre avenir. La lutte contre un trouble obsessionnel-compulsif peut vous prendre du temps et vous empêcher de penser à votre avenir. Lorsque vos symptômes se seront estompés, vous ne saurez peut-être que faire du temps que vous aurez soudain à votre disposition. Les possibilités vous sembleront peut-être infinies et même impressionnantes.

    Pour ne pas laisser un trouble obsessionnel-compulsif envahir complètement votre vie, vous devez participer à des activités qui vous intéressent et qui vous aideront à ne pas faire de pas en arrière. Certaines personnes peuvent réussir à reprendre là où elles s’étaient égarées et à retourner au travail, aux études ou à d’autres intérêts qu’elles avaient laissés de côté en raison de leur maladie. Pour d’autres, le choix sera peut-être plus difficile. Dans certains cas, il suffira peut-être de demander les services d’un ergothérapeute ou d’un conseiller en orientation professionnelle pour mieux cerner les possibilités et faire des choix qui feront anticiper l’avenir sous un angle positif.
  9. Ayez un plan en cas de rechute. Si vous continuez à mettre en pratique les techniques apprises en thérapie et à suivre les conseils reçus, le trouble obsessionnel-compulsif n’exercera probablement plus jamais d’influence sur vos pensées et vos actes. Cependant, avec le trouble obsessionnel-compulsif, le risque de rechute est toujours là. Si vous avez l’impression que le trouble obsessionnel-compulsif recommence à contrôler votre vie, agissez. Ayez un plan d’intervention précoce. Consultez votre médecin ou votre thérapeute. Le fait d’adapter votre dose de médicaments à vos besoins ou de revoir certaines stratégies comportementales apprises en thérapie peut prévenir une rechute totale.

Relation avec le conjoint

Le trouble obsessionnel-compulsif peut se répercuter sur votre relation avec votre conjoint. Au stade de la maladie où les symptômes sont de modérés à graves, il peut être difficile d’offrir à votre conjoint le soutien et l’intimité souhaités. À la longue, la distance et même l’hostilité peuvent s’installer dans la relation. Il faut du temps et des efforts pour reconstruire ce qu’on a peut-être perdu aux pires moments de la maladie et pendant le traitement de la personne touchée.

La thérapie de couple offerte par un thérapeute conjugal connaissant les troubles obsessionnels-compulsifs peut être très utile. L’intervention d’un thérapeute disposé à se renseigner sur le trouble obsessionnel-compulsif peut être tout aussi efficace. Vous aurez peut-être besoin de quelqu’un qui vous aidera à parler des difficultés de la relation de manière constructive plutôt qu’agressive. Un bon thérapeute peut ouvrir la communication et aider les couples à redécouvrir ce qui les avait réunis au départ. Le trouble obsessionnel-compulsif est une maladie que la personne touchée devra gérer toute sa vie. Il a des conséquences sur les activités et les objectifs des gens. Les couples devront peutêtre faire leur deuil de la relation qu’ils avaient imaginée et envisager sous un nouvel angle la voie qu’ils suivront ensemble.

Relation avec les enfants

Dans le pire des cas, le trouble obsessionnel-compulsif peut vraiment perturber vos relations personnelles. Il peut même altérer votre capacité d’assumer votre rôle de père ou de mère. Vous éprouverez peut-être beaucoup de difficulté à vous acquitter de vos tâches courantes, comme changer les couches, préparer les repas ou passer du temps avec vos enfants. Vous risquez de vous dissocier du réseau social de vos enfants et d’avoir besoin de renouer avec le personnel de l’école et les voisins ou de reprendre les activités parascolaires. Si vous parlez aux gens, que leur dites-vous ? Il est parfois difficile de se réadapter au rôle de père ou de mère lorsqu’on se rétablit d’une maladie. La consultation d’un thérapeute peut vous aider à gérer votre anxiété, si vous en éprouvez.

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