À propos de la santé mentale et de la toxicomanie

Les causes de la dépression

La Dépression : Guide d'information

Sur cette page :

Il n’existe pas de réponse simple pour expliquer les causes de la dépression, car plusieurs facteurs peuvent jouer un rôle dans l’apparition de la maladie. Parmi ces facteurs, citons : l’hérédité ou les antécédents familiaux de dépression, une vulnérabilité psychologique ou affective, des facteurs biologiques, des événements de la vie ou des facteurs de stress liés au milieu de vie. Le fait de suivre un type de traitement, par exemple la prise d'antidépresseurs, ne signifie pas que la dépression est d’origine purement biologique. Il faut plutôt comprendre que la dépression peut souvent être efficacement traitée en se concentrant sur un aspect, comme la biochimie du cerveau. De même, le traitement recommandé dépend souvent de la gravité de la dépression. Dans le cas d'une dépression grave, il est difficile d’entreprendre un « dialogue psychothérapeutique ». Par conséquent, la première étape du traitement peut consister à prendre des médicaments pour passer par la suite à la psychothérapie. Cet enchaînement s’explique par le fait que lorsqu’on se sent mieux, on peut accepter de parler des problèmes ayant mené à la dépression.

Tout le monde possède un certain nombre de facteurs de « risque » ou de « vulnérabilité ». Plus une personne présente de facteurs de risque, plus elle éprouve du stress et plus elle risque de connaître un épisode de dépression. On parle d’un modèle de vulnérabilité au stress.

Le modèle de vulnérabilité au stress – facteurs de risque de la dépression

  1. Hérédité et antécédents familiaux
    Les antécédents familiaux de dépression ne signifient pas que les enfants et les autres membres de la famille souffriront automatiquement de dépression majeure. Cependant, les personnes ayant de tels antécédents courent un risque légèrement plus élevé d’être déprimées au cours de leur vie. Plusieurs théories expliquent ce phénomène.

    Des recherches en génétique laissent croire que la dépression peut être héréditaire. Des études portant sur des jumeaux élevés séparément ont démontré que si un des jumeaux souffrait de dépression, son frère courait de 40 à 50 p. 100 de risque de développer aussi la maladie. Ces données, bien qu’elles soient modérées, indiquent que certaines personnes peuvent avoir une prédisposition génétique à la dépression.

    Toutefois, il est peu probable que la seule prédisposition génétique entraîne la dépression. D’autres facteurs, comme une enfance traumatisante ou des événements dans la vie adulte, peuvent servir de déclencheurs. Ce que nous avons appris dans notre enfance peut aussi avoir des répercussions sur l’apparition de la dépression. Certaines personnes peuvent avoir constaté des symptômes de dépression chez leurs parents et avoir appris qu'il s’agissait d’un moyen de réagir à certains problèmes. Dans la vie adulte, ces personnes peuvent recourir à ce moyen pour affronter les facteurs de stress. Un enfant qui a grandi avec un parent ayant souffert de dépression courra 10 p. 100 de plus de risque de souffrir de la maladie. Si les deux parents ont fait une dépression, leurs enfants courent 30 p. 100 de plus de risque. Il est important de souligner que ces chiffres sont moins élevés que dans le cas d’autres maladies héréditaires.

    Si vous avez des antécédents familiaux de dépression, il est important de vous renseigner sur cette maladie et de savoir quoi faire pour vous protéger.
  2. Vulnérabilité psychologique
    Votre personnalité et votre façon de faire face aux problèmes peuvent contribuer à l’apparition de la dépression. Si vous êtes le genre de personne qui a une faible opinion d’elle-même et qui s’inquiète beaucoup, si vous dépendez exagérément des autres, si vous êtes perfectionniste et que vous êtes trop exigeant envers vous-même et les autres, ou si vous avez tendance à cacher vos sentiments, vous pouvez courir un risque plus élevé de faire une dépression.
  3. Événements de la vie ou facteurs de stress lies au milieu
    Certaines études indiquent que les pertes et les traumatismes subis lors de la petite enfance, comme le décès ou la séparation des parents, ou les événements de la vie adulte, comme la disparition d’un être cher, le divorce, la perte d’un emploi, la retraite, les problèmes financiers importants et les conflits familiaux, peuvent mener à la dépression. Le fait de traverser plusieurs événements graves sur une période prolongée font augmenter les risques de développer un trouble dépressif. Il n’est pas rare qu’une personne en dépression se souvienne d’événements traumatisants survenus plus tôt dans sa vie, comme la perte d’un parent ou des mauvais traitements subis durant l’enfance, ce qui aggrave la dépression.

    Les problèmes familiaux chroniques peuvent aussi avoir des répercussions graves sur l’humeur et faire apparaître des symptômes de dépression. Les personnes vivant de la violence psychologique ou physique au foyer peuvent se sentir prises au piège, tant sur le plan financier qu’affectif, et se sentir impuissantes quant à leur avenir. Cette situation touche particulièrement les mères de jeunes enfants. Le stress constant et l’isolement social liés à ces situations familiales peuvent causer des symptômes de dépression.

    Une fois qu’une personne fait une dépression grave, elle peut avoir besoin de traitements intensifs avant de se sentir capable d’affronter la situation ou les stress qui ont déclenché l’épisode dépressif.
  4. Facteurs biologiques
    La dépression peut se manifester après un bouleversement physiologique inhabituel, comme l’accouchement, une infection virale ou un autre type d’infection, d’où la théorie selon laquelle les déséquilibres hormonaux et chimiques du cerveau peuvent entraîner la dépression. Des études ont démontré qu’il existe des différences entre les degrés de certains agents biochimiques des personnes déprimées et des personnes non déprimées. Le fait que la dépression peut être soulagée grâce à des antidépresseurs et des électrochocs tend à soutenir cette théorie.

    Le trouble affectif saisonnier représente un bon exemple de l’interaction entre la biologie et la personnalité dans l’apparition de la dépression. Des chercheurs étudient si les agents chimiques du cerveau chargés de régulariser l’humeur, le sommeil et l’appétit sont affectés par les changements du degré de luminosité. Des recherches ont démontré que les personnes souffrant de dépression saisonnière semblaient être très sensibles à leurs propres sentiments et aux événements les entourant et que ces réactions étaient amplifiées par les changements saisonniers au niveau de l’ensoleillement.

    Pour de nombreux patients et leur famille, il peut être très déroutant d’essayer de comprendre les diverses théories expliquant l’apparition de la dépression. Bien qu’aucune recherche n’ait encore put expliquer à fond les causes de la dépression, il est important de savoir que des traitements efficaces sont quand même disponibles.

Questions fréquemment posées sur la dépression

Que dire du syndrome prémenstruel (SPM), de la ménopause et de la dépression?

Les changements hormonaux durant le cycle menstruel des femmes ont souvent été associés aux symptômes de la dépression. Avant leurs règles (période prémenstruelle), les femmes peuvent éprouver des humeurs variables, de l’irritabilité, de l’anxiété, de l’insomnie, ainsi que des crampes abdominales, des ballonnements et de la sensibilité mammaire. Chez les femmes qui ressentent la tension prémenstruelle, ces symptômes peuvent durer quelques jours avant de disparaître. Pour les femmes qui ont le syndrome prémenstruel, les symptômes sont plus graves et perturbent les activités quotidiennes. Une femme aux prises à la fois avec la dépression et les symptômes prémenstruels se sentira beaucoup moins bien durant cette période.

Durant la ménopause, soit une période de changements biologiques survenant dans la cinquantaine, les femmes doivent s’adapter aux effets de la réduction des hormones oestrogènes. Les symptômes de la ménopause, comme les bouffées de chaleur et les sueurs abondantes, peuvent rendent plus difficile le fonctionnement au travail et dans les activités sociales. La ménopause représente aussi une période durant laquelle les femmes peuvent devoir faire face à des problèmes psychologiques et à d’autres événements de la vie; les enfants peuvent quitter le foyer familial, le conjoint et les membres âgés de la famille peuvent avoir des problèmes de santé. La ménopause constitue aussi la fin de la capacité à avoir des enfants. Les facteurs de stress physiques et émotifs associés à la ménopause peuvent contribuer à l’apparition des symptômes de la dépression.

Est-ce que la dépression peut survenir à la suite d’une affection physique?

Oui. Chez la personne malade, la dépression peut se manifester de trois façons différentes.Les symptômes de la  dépression peuvent résulter d’une autre maladie entraînant des symptômes identiques, comme le lupus ou l’hyperthyroïdie. La dépression peut apparaître en réaction à un autre problème de santé, comme un cancer ou une crise cardiaque. Enfin, la dépression peut être causée par une maladie, comme un accident vasculaire cérébral, en cas d’altération neurologique. Peu importe la cause, la dépression en cours de maladie est souvent traitée par la prise d’antidépresseurs et d’autres formes de thérapies.

Est-ce qu’on traite la dépression différemment chez les personnes âgées?

Oui. En général, on prescrit aux patients âgés des doses plus faibles, car ils sont plus sensibles aux médicaments, plus sujets à la confusion et tolèrent moins bien les effets secondaires. On doit en outre prendre en considération l’interaction médicamenteuse, car les patients âgés prennent souvent d’autres médicaments pour traiter leurs problèmes de santé.

Quels sont les effets de l’alcool, des drogues illicites et des médicaments prescrits sur la dépression?

L’alcool, les drogues illicites et les médicaments prescrits peuvent apporter un soulagement temporaire des symptômes de la dépression. Toutefois, cette « automédication » ne fait que masquer, et parfois empirer, les symptômes de la dépression qui refont surface aussitôt que la consommation de ces substances cesse. Chez certaines personnes, la dépression peut être provoquée par la consommation d’alcool et d’autres drogues. Dans ces deux cas, la consommation en soi peut entraîner d’autres problèmes de santé et peut empêcher une personne de fonctionner. Dans la plupart des cas, on traite d’abord le problème d’alcoolisme ou de toxicomanie. Si la dépression persiste, on met alors l’accent sur le trouble de l’humeur.

Est-ce que les personnes déprimées peuvent aussi souffrir d’anxiété?

Oui. Les deux tiers des personnes aux prises avec la dépression présenteraient aussi des symptômes importants d’anxiété.

En état de crise, la personne anxieuse ressent une profonde inquiétude difficile à maîtriser (appréhensions). Elle se sent agitée ou tendue avec les nerfs à vif. La personne anxieuse peut aussi se fatiguer facilement, avoir l impression d’avoir la tête vide, se sentir irritable, ressentir de la tension musculaire et éprouver des problèmes de concentration et d’insomnie. La combinaison des symptômes de dépression et d’anxiété peut gravement perturber le fonctionnement d’une personne au travail, à l’école ou dans ses relations.

Si vous ressentez des symptômes liés à la dépression et à l’anxiété, un examen approfondi devrait permettre de déceler quel est votre principal problème. Le diagnostic déterminera le traitement à suivre. S’il est difficile d’établir le principal trouble, un diagnostic de trouble mixte d’anxiété et de dépression sera posé et un traitement sera prescrit en conséquence.

De nombreux médicaments utilisés pour traiter la dépression, comme le Prozac (fluoxétine) et l’Anafranil (clomipramine) ont aussi des effets bénéfiques sur l’anxiété. On pourrait aussi prescrire des médicaments destinés à réduire l’anxiété ou des anxiolytiques, comme l’Ativan (lorazépam). La thérapie cognitive du comportement, une thérapie à court terme, et le dialogue psychothérapeutique, décrits dans le prochain chapitre, ont donné des résultats très positifs dans le traitement de la dépression et de l’anxiété. Il y a d’autres traitements efficaces, notamment la thérapie de relaxation et les techniques de gestion du stress.

Bien que la solitude et l’absence de soutien social puissent avoir une incidence sur l’apparition et le maintien de la dépression, les personnes déprimées semblent souvent aggraver la situation en évitant les autres, ce qui ne fait qu’accroître leur isolement. Comment se fait-il que ce problème soit si courant?

La plupart des personnes déprimées veulent qu’on les laisse seules. Les symptômes de la dépression font en sorte qu’il est très difficile et même stressant de fréquenter les amis et les membres de la famille et d’interagir avec eux. De plus, les personnes déprimées se sentent souvent coupables de leur problème et supposent que leur présence est intolérable pour les autres. Malheureusement, l’isolement social qui découle de cette situation ne fait qu’aggraver la dépression. Le rétablissement repose en partie sur l’encouragement des personnes déprimées à reprendre part à la vie sociale et à des activités de groupe structurées.

Est-ce que les personnes déprimées devraient s’efforcer de continuer à vaquer à leurs activités quotidiennes?

Une personne légèrement déprimée, mais capable d’effectuer une partie ou la totalité de ses activités habituelles, devrait s’efforcer de le faire. Si la journée n’est pas structurée par une routine, on peut revenir sans cesse sur ses problèmes et aggraver la dépression. Une personne gravement déprimée et dans l’impossibilité physique et psychologique d’effectuer ses activités quotidiennes devrait traiter sa dépression de la même manière qu’elle traiterait une maladie physique grave. C’est-à-dire de ne pas trop s’en demander, d’établir de petits objectifs quotidiens et de se reposer au besoin.

Est-ce qu’on peut retrouver son état normal après une dépression?

La plupart des gens sont en mesure de reprendre leur niveau d’activités précédent. Pour les personnes ayant eu des épisodes de dépression grave, ou plusieurs épisodes de dépression, le rétablissement peut s’avérer beaucoup plus long. Comme première étape du rétablissement, il sera important de se fixer de petits objectifs atteignables, beaucoup moins ambitieux que ce qui aurait été accompli avant la dépression. On peut demander l'aide d’un professionnel pour élaborer un plan progressif pour le retour au travail, aux études ou aux activités de bénévolat.

Après un épisode dépressif, coure-t-on plus de risque de faire des dépressions cliniques?

Les recherches montrent que les personnes ayant eu un épisode dépressif courent 50 p. 100 plus de risque de subir un autre épisode au cours de leur vie. Après deux épisodes dépressifs, le risque de rechute est de 80 p. 100. Bien que ces chiffres soient inquiétants, la meilleure protection contre la rechute est de comprendre que la dépression est une maladie qui doit être prise en charge la vie durant, même au cours des périodes de santé. Voilà pourquoi il est si important que les patients et leurs proches soient informés à propos de ce problème et des stratégies de prévention des rechutes.

Questions courantes sur les crises aiguës

Que doit-on faire lorsqu’on pense au suicide ou qu’on veut s’en prendre à d’autres personnes?

Lorsqu’on est déprimé au point de souhaiter la mort ou lorsqu’on pense à des façons de se suicider ou de tuer d’autres personnes, il faut en parler à son médecin sur-le-champ. Si on n’a pas de médecin, il faut téléphoner à un centre détresse-secours ou se rendre à l’urgence de l’hôpital général ou psychiatrique le plus près. Il est important de parler à quelqu’un ayant un point de vue plus objectif. Les pensées suicidaires découlent de la dépression qui influe sur la façon de se voir et de percevoir ce qui nous entoure.

Est-ce qu’on hospitalise les personnes suicidaires contre leur gré?

La plupart des personnes suicidaires reconnaissent qu’elles ont besoin de traitement et trouvent que l’hôpital est un endroit sûr pour attendre que leur humeur se stabilise. Toutefois, dans la plupart des territoires, si on n'admet pas avoir besoin d’être hospitalisé, ou si une fois hospitalisé on veut sortir pour s’en prendre à soi-même ou à d’autres personnes, un médecin peut légalement empêcher qu’on sorte de l’hôpital jusqu’à ce qu’on soit hors de danger. L’attestation du médecin couvrira une période aussi longue que nécessaire. Dans la plupart des hôpitaux, les patients peuvent consulter un conseiller en matière de droits ou avoir accès à un processus d'appel pour remettre en question l’hospitalisation forcée.

Est-ce qu’on est complètement rétabli lorsqu’on quitte l’hôpital?

Probablement pas. La plupart des patients sont gardés à l’hôpital seulement pour que les symptômes aigus, comme les pensées suicidaires, soient maîtrisés et traités par les médicaments. On planifie ensuite un suivi régulier des patients par des professionnels de la santé mentale au sein de la collectivité. Comme le processus de rétablissement demande du temps et qu’il est important que les patients reprennent les activités normales à la maison, les séjours à l’hôpital sont aussi courts que possible. De plus, certaines personnes déprimées peuvent être trop indisposées par le milieu hospitalier, la présence d’autres malades et le fait d’être éloignées des amis et de la famille pour tirer avantage d’un séjour prolongé à l’hôpital.

 

La dépression : Guide d’information

Liens apparentés