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Les troubles anxieux : Guide d’information

Que se passe-t-il lorsqu’un être cher a un trouble anxieux?

Lorsqu’un être cher a un trouble anxieux, tous les membres de la famille sont touchés, car ce trouble exerce des pressions sur eux. Étant donné que la plupart des gens éprouvent de l’angoisse à un moment ou à un autre de leur vie, il peut s’écouler bien du temps avant qu’un diagnostic exact ne soit posé et que l’être cher ne commence un traitement. Votre proche aura sans doute reçu, de la part de personnes bien intentionnées, des conseils du genre : « Tu te fais trop de soucis. Calme-toi. » ou « Ce n’est pas difficile de sortir de la maison. Fais-le ! ». Peut-être avez-vous, vous-même, donné ce genre de conseils à la personne qui vous est chère. Sans la présence de troubles anxieux, ces conseils seraient judicieux. Toutefois, les personnes qui ont un trouble anxieux ne réagissent pas comme la plupart des gens. Il se peut que votre proche ait besoin de l’aide d’un professionnel.

Il est normal pour la famille et le partenaire d’éprouver du ressentiment ou une déception lorsque l’angoisse affecte la vie de famille quotidienne. Le fait de reconnaître la présence de la maladie peut être le premier pas pour pouvoir comprendre la maladie et pour rétablir la vie de la famille.

Lorsqu’un trouble anxieux est diagnostiqué chez un être qui vous est cher, il se peut que vous éprouviez des émotions conflictuelles. Dans bien des cas, lorsque les membres de la famille apprennent qu’un trouble anxieux est à l’origine des inquiétudes et du comportement de l’être cher, ils se sentent soulagés parce qu’ils connaissent enfin les causes du problème. Toutefois, ils peuvent également être en proie à des émotions qui les mettent mal à l’aise comme la tristesse, la peur, la culpabilité ou la colère. Peut-être craignent-ils l’incidence que la maladie aura sur l’avenir de l’être cher et sur le leur. Si on a diagnostiqué un trouble anxieux chez votre enfant, peut-être vous sentirez-vous coupable d’avoir causé cette maladie. Ou peut-être penserez-vous que vous avez fait quelque chose qui a provoqué la maladie, même si les professionnels de la santé vous disent que ce n’est pas le cas. Il ne serait pas étonnant que vous éprouviez une certaine colère parce qu’un trouble anxieux a perturbé la vie de votre famille.

Il est normal d’éprouver un tel éventail de sentiments. Comprendre la situation et apprendre à accepter et à gérer vos sentiments diminueront le stress et vous aideront à épauler la personne aux prises avec un trouble anxieux.

Comment entretenir des rapports avec votre proche

1. Renseignez-vous le plus possible sur les symptômes et les traitements du trouble anxieux. Cela vous aidera à comprendre le membre de votre famille et à le soutenir dans son cheminement.

2. Encouragez votre proche à suivre son plan de traitement. Si vous avez des questions au sujet de son traitement, demandez-lui si vous pouvez parler à un membre de son équipe de traitement.

3. Dans la mesure du possible, faites en sorte que l’angoisse n’accapare pas votre vie familiale. Autant que possible, évitez l’escalade du stress et conservez une vie familiale normale.

4. Soutenez votre proche sans soutenir son angoisse. L’être cher peut vous demander de le rassurer lorsqu’il est angoissé ou il peut vous demander de l’aider à éviter une situation qui l’angoisse. Si vous l’avez aidé à atténuer ou à éviter l’angoisse dans le passé, il vous faudra peut-être un certain temps et quelques efforts pour modifier cette habitude. En évitant de soutenir les comportements de votre proche axés sur l’angoisse—comme le protéger des situations angoissantes ou avoir recours à des rituels pour tenter de bloquer les sentiments d’angoisse—vous l’aiderez à se rétablir.

5. Communiquez avec votre proche de façon positive, directe et claire. Il se peut que votre perception des choses soit différente de celle de votre proche, qui peut être accablé par des craintes. Ne le critiquez pas, même lorsque vous n’êtes pas d’accord avec lui. Par exemple, s’il ne veut pas suivre de traitement alors que vous pensez qu’il en a besoin, prenez le temps d’écouter ses préoccupations. Dites-lui ce que vous pensez tout en respectant ses préoccupations.

6. N’oubliez pas que la vie est un marathon, pas un sprint. Les progrès se font par petits pas. Applaudissez les progrès réalisés par votre proche lorsqu’il fait face à l’angoisse et encouragez-le à utiliser les compétences qu’il a acquises lors de son traitement pour gérer les symptômes.

Le partenaire et la famille doivent prendre soin d’eux-mêmes

Lorsque les membres de la famille ou le partenaire passent beaucoup de temps à prendre soin d’un proche ayant un trouble anxieux, il se peut qu’ils ne prennent pas soin d’eux-mêmes. Par exemple, ils peuvent laisser tomber leurs activités et s’éloigner de leurs amis et collègues. Cet isolement peut se poursuivre pendant un certain temps avant qu’ils ne se rendent compte de l’épuisement physique et émotionnel qu’ils ressentent en s’occupant de leur proche. Le stress qu’ils subissent peut causer des troubles du sommeil, les rendre irritables et les épuiser.

Il faut que les membres de la famille ou le partenaire puissent reconnaître les signes précurseurs du stress et qu’ils soient conscients de leurs limites personnelles. Ils doivent prendre les mesures nécessaires pour rester en bonne santé, tant sur le plan physique que mental. Pour refaire le plein d’énergie, ils peuvent se livrer à des activités ou des passe-temps auxquels la famille ou la personne ayant un trouble anxieux ne participe pas. Il peut s’écouler beaucoup de temps avant que l’être cher ne se remette du trouble anxieux. Les aidants naturels ne doivent pas se concentrer uniquement sur l’être cher qui a besoin d’aide, malgré les pressions qui s’exercent sur eux et la culpabilité qu’ils éprouvent. Si les aidants naturels prennent le temps de s’occuper d’eux-mêmes, ils auront plus d’énergie et de patience pour soutenir leur proche et auront moins tendance à éprouver du ressentiment ou à se sentir dépassés.

La famille et les amis peuvent être d’un précieux secours. Toutefois, lorsqu’on demande l’aide de ces personnes, il ne faut pas oublier que certaines comprennent mieux les troubles de santé mentale que d’autres ou sont mieux renseignées à ce sujet. Il faut choisir avec soin la personne à qui on se confiera et les conseils que l’on suivra.

On encourage les aidants naturels à demander un soutien professionnel adapté aux familles de personnes ayant des problèmes de santé mentale. Pour obtenir ce soutien, on peut s’adresser à des spécialistes du counseling individuel ou familial, à des groupes d’information et de soutien familial (pour mieux comprendre le trouble anxieux) ou à des groupes d’entraide où les familles de personnes ayant un trouble anxieux se soutiennent mutuellement. Les services de counseling et les groupes de soutien peuvent être offerts par un hôpital communautaire, une clinique ou un organisme de santé mentale.

Expliquer les troubles anxieux aux enfants

Il peut être difficile d’expliquer les troubles anxieux aux enfants. Parfois, les parents ne disent pas aux enfants qu’un membre de la famille est aux prises avec un trouble anxieux parce qu’ils ne savent pas comment l’expliquer ou parce qu’ils croient que les enfants ne comprendront pas. Soucieux de protéger leurs enfants, certains parents maintiennent le train-train familial comme si de rien n’était.

Il est difficile de garder le silence et de faire comme si tout allait bien. Avec le temps, cela ne fera qu’ajouter à la confusion des enfants qui essaient de comprendre le problème qu’éprouve un membre de leur famille. Si l’état émotif, mental ou physique d’un membre de la famille change, les enfants s’en rendent compte, car ils sont sensibles et intuitifs. On recommande aux parents de ne pas cacher le trouble anxieux, pour éviter que les enfants se fassent des idées fausses sur l’état de santé de leur proche.

Les enfants âgés de trois à sept ans ont tendance à croire que tout tourne autour d’eux. Par conséquent, ils se sentent coupables lorsqu’un événement inhabituel ou bouleversant survient dans leur famille ou qu’un changement se produit chez une personne de leur entourage. Par exemple, si un membre de leur famille a peur des hauteurs et s’affole en voyant l’enfant monter à une échelle, l’enfant peut en déduire qu’il est la cause du comportement inhabituel de cette personne.

Pour expliquer les troubles anxieux aux enfants, il faut leur fournir uniquement les renseignements qu’ils peuvent comprendre compte tenu de leur maturité ou de leur âge. Lorsqu’ils s’adressent aux tout-petits et aux enfants d’âge préscolaire, les parents devraient utiliser des phrases courtes et simples. Autrement dit, ils devraient utiliser un langage clair et exempt de jargon. En voici quelques exemples :« Parfois ton papa ne se sent pas bien et il est contrarié » ou « Ton papa a une maladie qui le bouleverse quand il voit quelqu’un monter à une échelle ».

Les enfants qui vont à l’école élémentaire peuvent traiter davantage d’information. Ils sont mieux en mesure de comprendre qu’un trouble anxieux est une maladie. Toutefois, trop de détails sur la nature de la maladie et son traitement pourraient les bouleverser. Pour expliquer les troubles anxieux à ces enfants, on peut leur dire : « Quand on a un trouble anxieux, on a peur d’être malade ou on a tellement peur des hauteurs qu’on s’éloigne le plus loin possible des grands bâtiments ».

Les adolescents peuvent traiter la majeure partie de l’information qu’on leur fournit. Dans bien des cas, ils ont besoin de parler de ce qu’ils voient et ressentent. Il se peut qu’ils s’inquiètent des préjugés qui entourent les problèmes de santé mentale et qu’ils posent des questions sur le caractère héréditaire des troubles anxieux. Les adolescents parleront des troubles anxieux si on partage les renseignements avec eux. Les parents devraient parler de trois aspects importants des troubles anxieux à leurs enfants:

1. Le père, la mère ou le membre de la famille se comporte ainsi parce qu’il est malade. Il est plus facile pour les enfants de comprendre le trouble anxieux si on leur explique qu’il s’agit d’une maladie. Dites aux enfants qu’un membre de la famille a une maladie qu’on appelle un trouble anxieux. Vous pouvez leur expliquer la situation en leur disant: « Un trouble anxieux, c’est comme un rhume, sauf que ce ne s’attrape pas. Au lieu d’avoir le nez qui coule, on se fait toujours du souci, parfois sans raison. À cause de cela, on fuit les hauteurs ou les choses qui dérangent ou on passe son temps à vérifier et à revérifier quelque chose.

Parfois, on veut que les autres personnes de la famille se comportent de la même façon. Il faut beaucoup de temps pour se remettre d’un trouble anxieux. Quand on a un trouble anxieux, il faut consulter un médecin ou un thérapeute ».

2. Rassurez l’enfant en lui disant que ce n’est pas de sa faute si son père, sa mère ou un membre de la famille est aux prises avec cette maladie. Il faut dire à l’enfant que ce n’est pas quelque chose qu’il a fait qui a causé la maladie de l’être cher. Les personnes qui ont un trouble anxieux peuvent être déprimées lorsqu’elles essaient de composer avec leurs symptômes. Il importe de rassurer l’enfant en lui disant que ce n’est pas de sa faute si l’être cher est angoissé ou effrayé.

3. Rassurez l’enfant en lui disant que les adultes de la famille et d’autres personnes, comme des médecins, tentent de venir en aide à l’être cher. Ce sont les adultes qui ont la responsabilité de prendre soin du membre de la famille atteint d’un trouble anxieux. Les enfants ne devraient pas avoir à se soucier de prendre soin d’une personne malade. Les enfants ont besoin d’être protégés par leurs parents et d’autres adultes en qui ils ont confiance. Ils doivent être libres de parler de ce qu’ils voient et de ce qu’ils ressentent avec une personne qui sait à quel point il est difficile pour un membre de la famille de composer avec les symptômes d’un trouble anxieux. Les changements qui se produisent chez un être cher à cause d’un trouble anxieux font souvent peur aux enfants. Le temps qu’ils passaient avec la personne, maintenant malade, leur manque. Il est bon pour les enfants de se livrer à diverses activités en dehors de la maison, car cela les expose à des relations saines. À mesure que l’être cher se remettra du trouble anxieux, il recommencera à participer petit à petit aux activités familiales, ce qui contribuera à renouer ses liens avec les enfants.

Si le père ou la mère est atteint d’un trouble anxieux, il ou elle devrait, en compagnie de l’autre parent, parler aux enfants de ce qu’ils peuvent dire pour expliquer ce trouble aux personnes qui ne font pas partie de la famille. Le soutien des amis est important pour tous. Toutefois, étant donné qu’il peut être difficile d’expliquer les troubles anxieux et que certaines familles se préoccupent des préjugés qui entourent les maladies mentales, les membres de la famille devront déterminer ce qu’ils souhaitent dire au sujet de leur situation.

Certains parents qui vivent avec un trouble anxieux peuvent être moins patients et plus irritables que d’habitude. Ils peuvent avoir de la difficulté à supporter le bruit et la confusion qui accompagnent les jeux de leurs enfants. La famille sera peut-être obligée d’établir une nouvelle routine pour s’assurer que le parent aux prises avec le trouble anxieux peut se détendre et se reposer et éviter les situations susceptibles de déclencher des symptômes de la maladie. Il faut prévoir des périodes où les enfants joueront à l’extérieur de la maison pour que le parent ayant un trouble anxieux puisse se reposer au calme.

Pendant la période de rétablissement, il est bénéfique pour la personne atteinte d’un trouble anxieux d’expliquer son comportement aux enfants. Il se peut que, une fois rétabli, le parent doive se livrer à des activités spéciales avec les enfants afin de renouer les liens et de leur faire comprendre qu’il peut maintenant passer plus de temps avec eux. 

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