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Seul-e au Canada – Vivre dans une culture nouvelle

De : Seul-e au Canada, ou vingt et une façons d’améliorer son sort (© 2001, 2011  CAMH)

« Les deux premières semaines, j’étais tout excité. Tout était nouveau. Après je me suis rendu compte qu’il n’était pas facile de trouver du travail. Ça a même été très difficile. »
Chatura, de Sri Lanka

Lorsqu’on vit dans une culture différente, on est dépaysé, ce qui est une cause de stress. C’est normal et cela fait partie de l’adaptation à tout ce qui est nouveau : alimentation, langue, habitudes, personnes et activités. Ce dépaysement – qui est un véritable choc culturel – peut modifier votre façon de penser ainsi que vos réactions affectives et physiologiques. Ainsi, vous serez peut-être irritable, triste ou en colère. Vous aurez peut-être l’impression de ne pouvoir faire confiance à personne ; vous serez peut-être mal dans votre peau et vous aurez probablement le mal du pays. Vous souffrirez peut-être de maux de tête ou d’estomac, et vous sentirez facilement fatigué-e.

Les nouveaux arrivants éprouvent souvent ce dépaysement. Il n’y a pas grand-chose à faire pour l’éviter, mais il y a des moyens de le gérer. Il faut, pour commencer, reconnaître que vous ressentez un choc culturel, et qu’il n’y a pas de honte à cela. C’est une réaction normale face à l’étrangeté de tout ce qui vous entoure.

À mesure que vous vous adapterez à la vie canadienne, ce choc culturel prendra de nouvelles formes. C’est un cycle qui comporte
plusieurs phases que vous traverserez chacune peut-être plus d’une fois, mais avec le temps, vous finirez par vous sentir un peu plus chez vous.

Ces phases pourront être l’enthousiasme, la colère et la tristesse, la fatigue due à la langue, la perte d’énergie et de tolérance, l’adaptation et enfin la vie dans deux cultures. Nous les détaillons ci-après.

L’enthousiasme.  À votre arrivée, vous serez probablement tout excité-e de vivre au Canada et de penser à toutes les aventures qui vous attendent. Tout vous paraîtra idéal. Vous serez très occupé-e entre la recherche d’un logement, d’un travail, et les efforts déployés pour vous faire des amis. Cette période peut durer un jour ou plusieurs mois ; malheureusement, elle risque de s’estomper avec le temps.

La colère et la tristesse. Lorsque vous aurez vécu au Canada pendant quelque temps, vous aurez peut-être l’impression que ce n’est pas aussi facile que vous l’aviez espéré. Il vous faudra peut-être attendre un permis de travail, une audience pour votre statut de réfugié-e, ou une inscription à des cours d’anglais. La formation et les qualifications obtenues dans votre pays d’origine ne seront peut-être pas reconnues au même titre ici. Lorsque vous chercherez du travail, on vous dira sans doute que vous n’avez pas d’« expérience canadienne ». Rien d’étonnant à ce que vous soyez irrité-e et frustré-e. Vous vous demanderez même si vous n’avez pas eu tort de venir au Canada.

La fatigue due à la langue. Vous serez peut-être fatigué-e d’entendre parler et de parler anglais toute la journée. Même ceux dont l’anglais est la langue maternelle éprouvent des difficultés à comprendre l’accent canadien et doivent répéter plusieurs fois ce qu’ils disent pour se faire comprendre, ce qui est très fatigant. Vous vous sentirez probablement triste lorsque vous penserez à la vie dans votre pays, à votre famille et à vos amis.

La perte d’énergie et de tolérance. Avec tout ce que vous aurez à affronter, vous risquez d’avoir moins d’énergie et d’être moins tolérant-e que d’habitude, ce qui entraînera peut-être des troubles d’appétit et de sommeil. Vous serez aussi peut-être moins actif ou moins sociable. Sachez simplement que tout ceci est normal.

L’adaptation. Peu à peu vous vous sentirez davantage chez vous et vous verrez se dissiper colère et tristesse, à mesure que vous vous familiariserez avec la culture canadienne, la nourriture, le temps et la langue. Ce qui vous surprenait ou vous blessait au départ vous paraîtra plus normal.

La vie dans deux cultures. Il faut du temps pour se sentir à l’aise dans une culture nouvelle. Il vous faudra peut-être des années pour vous sentir chez vous au Canada. Même si vous êtes content-e d’être ici, la vie reste difficile. Dans certaines situations, les valeurs de votre culture d’origine seront en conflit avec les valeurs canadiennes. Vous vous demanderez parfois où vous vous situez. Là encore, c’est normal. Il y a des gens qui s’adaptent facilement, et d’autres à qui il faut une vie pour s’établir dans un nouveau pays. Le choc culturel peut s’atténuer assez vite ; vous en souffrirez peut-être périodiquement, mais pas toute votre vie.

Exercise

Voici un exercice qui vous aidera à comprendre comment le choc culturel vous affecte.

  1. Qu’est-ce que vous ressentez le plus : l’enthousiasme, la tristesse, l’irritation ou la satisfaction dans votre nouveau pays, le Canada ?
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  2. Quelles sont les personnes, les choses ou les expériences qui vous ont le plus dépaysé-e ?
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  3. Quelles sont les personnes, les choses ou les expériences qui vous ont mis-e à l’aise ?

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  4. Que pouvez-vous faire pour vous remonter le moral ?

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