À propos de la santé mentale et de la toxicomanie

Passez à l'action! Faire face aux problèmes liés à l'usage d'alcool et d'autres drogues au sein de votre famille

Abordez le problème

Lorsqu'une personne est aux prises avec un problème lié à l'alcool ou aux autres drogues, elle refuse généralement d'en parler. Bien qu'il soit difficile d'entamer le sujet, il est important que vous essayiez. Vous devrez peut-être aborder le problème plus d'une fois. Vous devrez peut-être demander à d'autres membres de la famille de vous soutenir lorsque vous aborderez le sujet avec la personne qui vous inquiète. Si vous pensez que cela présente des risques pour vous, demandez l'aide d'un professionnel dans votre collectivité.

Ce que vous pouvez faire :

  1. Si vous croyez qu'il existe un problème lié à l'alcool ou aux autres drogues dans votre famille, choisissez le bon moment pour entamer le sujet. Tentez de faire participer tous les membres de la famille qui sont touchés par le problème en question. Attendez que tout le monde soit calme et qu'il n'y ait aucune distraction. Ce n'est pas une bonne idée d'aborder le sujet lorsque vous êtes en colère ou lorsque la personne est sous l'effet de l'alcool ou de la drogue.
  2. Dites à la personne que sa situation vous inquiète et que c'est la raison pour laquelle vous abordez la question.
  3. Faites référence à des événements précis. Parlez du comportement à problème de façon factuelle et honnête, au lieu de faire des déclarations générales. Par exemple, « Ça m'a beaucoup inquiété lorsque tu es rentré soûl hier soir », est mieux que « T'es rien qu'un ivrogne. »
  4. Si vous n'êtes pas certain si le problème est le résultat d'un abus d'alcool ou de drogue, posez la question en montrant votre inquiétude. Des accusations peuvent entraîner la personne à nier son problème, même si celui-ci existe. Posez des questions qui pousseront la personne à parler au lieu de répondre simplement par « oui » ou « non ».
  5. Parlez surtout des effets que l'usage d'alcool ou d'autres drogues a sur vous, sur les membres de la famille et sur la personne qui en fait usage.
  6. Offrez votre soutien. Dites à la personne que vous êtes prêt à l'aider à changer ce qui peut être à l'origine de sa consommation d'alcool ou d'autres drogues.
  7. Discutez de la situation avec quelqu'un en qui vous avez confiance, comme un membre de la famille, un ami, un conseiller professionnel, votre médecin ou un membre du clergé.
  8. Renseignez-vous autant que possible sur l'usage d'alcool et d'autres drogues et sur les ressources disponibles dans votre collectivité. Vous pouvez appeler la Ligne d'information du Centre de toxicomanie et de santé mentale, en service 24 heures sur 24, au 1 800 463-6273. À Toronto, composez le 416 595-6111. Vous pouvez aussi communiquer avec Drogue et alcool - Répertoire des traitements (DART) au 1 800 565-8603 afin de connaître les services de traitement offerts dans votre collectivité et ailleurs en Ontario.
  9. Si la personne refuse de discuter de la question, n'abandonnez pas pour autant, même si vous êtes découragé. Essayez encore, en adoptant peut-être une approche différente.

Trouvez des solutions ensemble

Chaque famille a son lot de problèmes. Ce qui est important, c'est la manière dont elles collaborent pour les résoudre. Vous devez avoir recours à l'ensemble des forces et ressources de chacun des membres, particulièrement pour régler les difficultés graves comme les problèmes liés à l'alcool et aux autres drogues.

Ce que vous pouvez faire :

  1. Attaquez-vous au problème aussitôt que possible. Les problèmes graves comme l'usage abusif d'alcool ou d'autres drogues ne disparaissent pas tout seuls. Il faut leur faire face.
  2. Pensez attentivement au moyen d'inclure tous les membres de la famille qui doivent participer à la résolution du problème. Assurez-vous que chacun connaisse les faits importants.
  3. Gardez les choses en contexte ! Ne minimisez pas le problème, mais ne l'exagérez pas non plus.
  4. Ne parlez pas à la personne sur un ton condescendant, il est important d'écouter. Créez une atmosphère où chaque membre de la famille se sentira partenaire dans la résolution du problème. Laissez chaque membre de la famille exprimer son point de vue sur le problème et comment celui-ci le touche. Ce sera probablement différent pour chacun.
  5. Mettez-vous d'accord sur des objectifs réalistes et sur les moyens de les atteindre. Ne vous attendez pas à ce que tout le monde, particulièrement les enfants, puisse prendre le même niveau de responsabilités.
  6. Soyez patient ! Les choses ne se régleront pas nécessairement immédiatement. L'important c'est que votre famille essaie de travailler main dans la main et que ces efforts sont reconnus et appréciés.
  7. Appuyez-vous sur les réussites précédentes pour résoudre les problèmes du moment.
  8. Gardez vos valeurs familiales en tête, comme les règles et les objectifs en matière d'usage d'alcool et d'autres drogues, lorsque vous faites face à des situations difficiles.
  9. Ne doutez pas de la capacité de votre famille à régler le problème. Ne considérez pas que vous avez échoué si vous avez dû recourir à une aide extérieure. Il n'y a rien de honteux à demander de l'aide pour faire face à un problème lié à l'alcool ou aux autres drogues dans la famille.
  10. Célébrez votre réussite lorsque vous arrivez à résoudre un problème difficile. Faites quelque chose que la famille aime faire, comme préparer un souper spécial ou faire une sortie en famille.

Apprenez à faire face

Il n'est pas facile de faire partie d'une famille où il y a un problème lié à l'alcool ou aux autres drogues. Il y a probablement des périodes où vous vous sentez envahi par le stress, l'isolement et la frustration. Il y a peut-être même des jours où vous ne pensez qu'à vous évader. Mettez ces conseils à l'essai pour mieux faire face au problème.

Ce que vous pouvez faire :

  1. N'oubliez pas qu'il est normal de ressentir de la colère et de continuer d'aimer le membre de la famille aux prises avec le problème. Même si vos sentiments semblent très forts et troublants, il est normal de les ressentir.
  2. Ne vous sentez pas coupable du problème lié à l'alcool ou aux autres drogues d'un membre de votre famille. Ce n'est pas votre faute ; vous n'en êtes pas la cause ; vous n'êtes pas en mesure de le maîtriser ni de le traiter.
  3. Rappelez-vous que vous n'êtes pas seul ; d'autres personnes comme vous luttent contre des problèmes comme les vôtres.
  4. Évitez de protéger la personne aux prises avec un problème. Lui trouver des excuses, comme téléphoner à son employeur et prétendre qu'elle est malade, n'est pas profitable à long terme.
  5. Trouvez le juste équilibre entre aider et prendre les commandes. Il arrive que les adolescents, préoccupés par la situation, commencent à faire des choses pour leur mère ou leur père ayant un problème. Par exemple, ils peuvent mettre au lit un parent qui s'est évanoui, s'occuper des jeunes frères et sœurs, faire le ménage et les courses ou payer les factures. À long terme, cette « aide » peut ne pas profiter à la famille.
  6. Essayez de ne pas trop penser aux problèmes de votre famille. Participez plutôt à des activités qui vous permettront de poursuivre votre vie. Adoptez un passe-temps, inscrivez-vous à un club, faites du sport ou du bénévolat. Prenez soin de vous !
  7. N'oubliez pas que votre propre santé, votre sécurité et votre bien-être sont importants. Même si vous n'êtes pas la personne aux prises avec un problème lié à l'alcool ou aux autres drogues, vous avez peut-être besoin de soutien. Sachez reconnaître le moment où vous avez besoin de parler à un autre membre de la famille, un ami, un conseiller professionnel, votre médecin ou un membre du clergé. Demandez de l'aide si vous en avez besoin.

Traitez le conflit de manière positive

Les conflits et les désaccords font partie intégrante de toutes les familles. Les différences d'opinion sont non seulement naturelles, mais saines. Ce qui compte, c'est la façon dont votre famille traite les conflits découlant de problèmes importants comme l'usage d'alcool et d'autres drogues, et le fait que ces conflits vous rapprochent ou vous éloignent.

Ce que vous pouvez faire :

  1. Attendez le moment opportun ! Parfois, on peut intervenir immédiatement lorsqu'il y a conflit. Mais souvent, il est préférable d'attendre que la crise passe et que les membres de la famille se soient calmés.
  2. Incluez tous les membres de la famille qui se trouvent mêlés au conflit ou qui en sont affectés. N'oubliez pas que les enfants ou les membres de la famille qui vivent à l'extérieur de la maison peuvent apporter des points de vue importants.
  3. Avant d'entamer la discussion sur le problème, établissez des « règles » de discussion comme :
    • ne pas s'éloigner du sujet ;
    • ne pas s'injurier ;
    • ne pas harceler, sermonner ou crier ;
    • ne pas déterrer les choses du passé ;
    • ne pas interrompre lorsque quelqu'un parle.
  4. Soyez juste. Ne généralisez pas sur la personne qui vous met en colère en disant : « Tu fais toujours... » ou « Tu ne fais jamais... ».
  5. Évitez de juger ou de blâmer. Traiter quelqu'un d'« alcoolique » ou de « drogué » n'aide pas à réunir la famille pour résoudre le problème. Ces termes peuvent, au contraire, rendre les gens mal à l'aise.
  6. Donnez à chacun la possibilité d'exprimer son point de vue sur la question et de proposer des solutions.
  7. Soyez patient ! Ayez des espoirs réalistes en ce qui concerne les solutions et la capacité de changement de chaque personne.
  8. Sachez reconnaître le moment de lâcher prise. La plupart des problèmes ne se résolvent pas rapidement. Lorsqu'il y a un progrès, même si le problème n'est pas complètement résolu, félicitez les membres de la famille dont les efforts ont permis cette amélioration.
  9. Apprenez avec l'expérience. Réfléchissez à la manière d'aborder la situation plus efficacement la prochaine fois.
Boy and grandfather

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