Vous connaissez... Les opioïdes
Noms communs : poudre, brune, blanche, héro, cheval, horse (pour l'héroïne) ; M, morph, Miss Emma (pour la morphine) ; meth (pour la méthadone)
; percs (pour le Percodan® et le Percocet®) ; juice (pour le Dilaudid®)
Que sont les opioïdes ?
Les opioïdes sont une catégorie de drogues qui ont des effets similaires à ceux de la morphine. Leur usage médical principal
consiste à soulager la douleur. Citons, parmi les autres utilisations médicales, le soulagement de la toux et de la diarrhée
et le traitement de la dépendance à d'autres opioïdes. Les opioïdes peuvent également produire une sensation d'euphorie, ce
qui en fait une drogue d'abus.
Les lois fédérales réglementent la possession et la distribution de tous les opioïdes. Les sanctions pour possession et distribution
illicites d'opioïdes vont d'amendes à la prison à vie.
Quelle est l'origine des opioïdes ?
Certains opioïdes, comme la morphine et la codéine, sont présents à l'état naturel dans l'opium, une substance gommeuse que
l'on récolte dans la capsule du pavot asiatique, qui pousse dans le sud de l'Asie. D'autres opioïdes comme l'héroïne sont
fabriqués en ajoutant un produit chimique à la morphine. De nos jours, de nombreuses drogues de la catégorie des opioïdes
ne proviennent pas de l'opium. Elles sont fabriquées synthétiquement à partir de produits chimiques. Voici quelques exemples
d'opioïdes produits par des compagnies pharmaceutiques : l'oxycodone (Percodan/Percocet), la mépéridine (Demerol®), l'hydrocodone
(Tussionex®) et l'hydromorphone (Dilaudid).
À quoi ressemblent les opioïdes ?
Les opioïdes sur ordonnance se présentent sous diverses formes : comprimés, capsules, sirops, solutions et suppositoires.
L'opium se présente sous forme de morceaux ou de poudre brun foncé. Il est généralement avalé ou fumé. L'héroïne se présente
d'habitude sous forme de poudre blanche ou brunâtre. (Voir Vous connaissez… L'héroïne.)
Qui prend des opioïdes ?
Les médecins et les dentistes prescrivent des opioïdes aux patients qui ont des douleurs aiguës ou chroniques dues à une maladie,
une opération ou une blessure. On prescrit également des opioïdes pour soulager une toux modérée ou grave et la diarrhée.
Les opioïdes comme la méthadone et la buprénorphine sont utilisés pour traiter la dépendance à d'autres opioïdes comme l'héroïne.
Compte tenu du risque d'abus, on prescrit avec prudence des opioïdes pour soulager les douleurs chroniques. Cependant, les
opioïdes s'avèrent particulièrement utiles pour soulager la douleur aux derniers stades d'une maladie terminale, lorsque le
risque de dépendance physique n'importe pas.
Certaines personnes ont recours aux opioïdes, car ils produisent une sensation de bien-être et de " high " (euphorie). On
accorde beaucoup d'attention à l'usage de drogues illégales comme l'héroïne, mais certains des opioïdes les plus couramment
utilisés et qui font le plus souvent l'objet d'un usage abusif sont des médicaments sur ordonnance tels que le Tylenol® (1,
2, 3 et 4), qui contient de la codéine, l'hydromorphone (Dilaudid), l'oxycodone (Percocet, Percodan), la morphine et d'autres.
Parfois, les personnes auxquelles on prescrit des opioïdes ne les utilisent pas de façon appropriée. Le renouvellement prématuré
d'une ordonnance en est un signe indicateur. Les personnes qui utilisent des opioïdes de façon abusive ont parfois recours
à la technique de l'" obtention d'ordonnances multiples ", une pratique illégale consistant à faire une demande d'ordonnance
pour des opioïdes auprès de plus d'un médecin, sans en informer les autres. Les opioïdes sont également volés dans les pharmacies
et vendus dans la rue.
Les professionnels de la santé qui ont accès aux médicaments sur ordonnance sont également vulnérables à l'abus d'opioïdes.
Certains développent une accoutumance.
Quels sont les effets des opioïdes ?
Les effets des opioïdes dépendent de :
- la quantité absorbée
- la fréquence de consommation et la durée d'utilisation
- la méthode d'absorption (p. ex., par injection ou par voie orale)
- l'état d'esprit, les attentes et le milieu ambiant
- l'âge
- l'état médical ou psychiatrique préexistant
- la consommation simultanée d'alcool ou d'autres drogues (illicites, sur ordonnance, en vente libre ou à base de plantes).
De faibles doses d'opioïdes suppriment la sensation de douleur et la réaction émotionnelle à la douleur. Voici quelques-uns
des effets possibles : sentiment d'euphorie, somnolence, détente, difficulté à se concentrer, contraction des pupilles, légère
diminution de la fréquence respiratoire, nausées, vomissements, constipation, perte d'appétit et transpiration. Lorsque les
doses sont plus fortes, ces effets deviennent plus intenses et durent plus longtemps.
La rapidité et l'intensité des effets des opioïdes varient en fonction de la façon dont ils sont pris. Lorsqu'ils sont pris
par voie orale, les effets se font sentir graduellement, généralement dans les 10 à 20 minutes environ. En cas d'injection
veineuse, les effets deviennent alors extrêmement intenses et se font ressentir en l'espace d'une minute.
Quelle est la durée des effets ?
Lorsqu'on prend des opioïdes pour soulager la douleur, la durée des effets varie en fonction du type d'opioïde, bien qu'une
seule dose, dans la plupart des cas, puisse soulager la douleur pendant une période de quatre à cinq heures.
Les opioïdes sont-ils dangereux ?
Oui. Les opioïdes peuvent être dangereux s'ils sont utilisés sans surveillance médicale, entre autres raisons, parce que :
- Tous les opioïdes, et tout spécialement l'héroïne, sont particulièrement dangereux lorsqu'ils sont pris en grande quantité
ou lorsqu'ils sont combinés à d'autres dépresseurs comme l'alcool et les benzodiazépines. Les opioïdes ralentissent la partie
du cerveau qui contrôle la respiration. Les signes d'une surdose sont, entre autres : respiration lente, peau bleutée et coma.
La mort peut s'ensuivre, généralement parce que la respiration s'arrête. Si la surdose est prise à temps, on peut la traiter
avec des médicaments comme la naloxone, qui bloque les effets des opioïdes, y compris leur effet sur la respiration.
- Les personnes qui recherchent les effets euphoriques des opioïdes risquent d'en prendre des quantités de plus en plus importantes,
au fur et à mesure qu'elles développent une tolérance à leurs effets. Le risque de surdose augmente au fur et à mesure que
la dose augmente. Si les personnes qui ont développé une tolérance arrêtent de prendre cette drogue, elles perdent leur tolérance.
Si par la suite elles recommencent à prendre la même dose qu'elles prenaient avant d'arrêter, le risque de surdose devient
alors extrême.
- Certaines personnes s'injectent des opioïdes pour accroître l'intensité de l'euphorie. L'injection non médicale de drogue
entraîne un risque élevé d'infection et de maladie, à cause de l'usage de seringues non stérilisées, du partage des seringues
et des impuretés présentes dans la drogue. L'incidence du VIH et de l'hépatite est particulièrement élevée parmi les usagers
de drogues injectées. Les drogues de rue ne sont pratiquement jamais pures, et les comprimés ou capsules pharmaceutiques,
une fois dilués pour être injectés, contiennent des substances qui peuvent endommager de façon permanente les veines et les
organes.
- L'usage d'opioïdes à action brève, comme l'héroïne, durant la grossesse peut avoir les effets suivants : accouchement prématuré,
faible poids du bébé à la naissance, symptômes de sevrage du nourrisson et mort infantile. Les femmes enceintes qui ont développé
une dépendance aux opioïdes sont traitées à la méthadone, un opioïde à action prolongée, pour prévenir les symptômes de sevrage.
(Voir Vous connaissez… La méthadone.)
Les opioïdes peuvent-ils créer une dépendance ?
Oui.
Lorsqu'on prend des opioïdes de temps à autre, sous surveillance médicale, le risque d'accoutumance est faible. Cependant,
les personnes qui prennent des opioïdes régulièrement pour leurs effets " agréables " développent rapidement une tolérance
à ces effets. Elles risquent alors de prendre de plus grandes quantités de drogue pour obtenir la même intensité d'effet.
L'usage ou l'abus chronique d'opioïdes peut entraîner une dépendance psychologique et physique.
Une personne développe une dépendance psychologique lorsque la drogue occupe toutes ses pensées, émotions et activités et
que le besoin d'en prendre se transforme en état de manque ou en compulsion.
Dans le cas de la dépendance physique, le corps s'est adapté à la présence de la drogue, et des symptômes de sevrage apparaissent
si l'usager réduit ou arrête brusquement de prendre la drogue.
La personne qui a développé une dépendance physique ressentira des symptômes de sevrage dans les six à 12 heures qui suivent
la prise d'un opioïde à action brève, comme l'héroïne, et dans les un à trois jours qui suivent la prise d'un opioïde à action
prolongée, comme la méthadone. Dans le cas des opioïdes à action brève, les symptômes de sevrage apparaissent rapidement et
sont intenses ; dans le cas des opioïdes à action prolongée, ces symptômes se manifestent plus progressivement et sont moins
intenses.
Voici quelques exemples de symptômes de sevrage : sentiment de malaise, bâillements, larmes, diarrhée, crampes abdominales,
chair de poule et nez qui coule. Ces symptômes s'accompagnent d'un état de manque. Normalement les symptômes disparaissent
après une semaine, bien que certains d'entre eux comme l'angoisse, l'insomnie et l'état de manque puissent durer pendant longtemps.
Contrairement aux symptômes de sevrage de l'alcool, les symptômes de sevrage des opioïdes constituent rarement un danger de
mort.
Quels sont les effets à long terme des opioïdes ?
Voici les symptômes d'un usage à long terme d'opioïdes : sautes d'humeur, contraction des pupilles (visibilité réduite la
nuit), constipation, diminution de la libido et irrégularités menstruelles. Une dépendance aux opioïdes peut avoir des effets
sociaux, financiers et émotionnels dévastateurs, à long terme.