Vous connaissez... L'ecstasy
© 2003, 2010 CAMH
Noms communs : E, exta, ecsta, xeu, taz, MD, XTC, Adam, Mitsubishi
Qu’est-ce que l’ecstasy ?
Le nom chimique de l’ecstasy est 3,4-méthylènedioxyméthamphétamine, abrégé en MDMA. La composition chimique et les effets
de la MDMA sont similaires à ceux de l’amphétamine (un stimulant) et de la mescaline (un hallucinogène).
Le produit vendu sous le nom d’ecstasy contient souvent des drogues autres que la MDMA dont les effets peuvent être similaires
ou non à ceux de la MDMA, telles que la caféine, l’éphédrine, les amphétamines, le dextrométhorphane, la kétamine et le LSD.
L’ecstasy peut parfois contenir des drogues très toxiques comme le PMA (paraméthoxyamphétamine), qui peuvent être mortelles,
meme à faible dose. La MDMA influe sur la chimie du cerveau en libérant en particulier une quantité élevée de sérotonine.
La sérotonine est une substance chimique présente dans le cerveau qui joue, entre autres, un rôle important sur la régulation
de l’humeur, de l’énergie et de l’appétit.
La MDMA a été brevetée en 1913. Dans les années 1970, on l’a utilisée de façon expérimentale, notamment comme complément à
la psychothérapie. La possession, le trafic, l’importation ou la fabrication de cette substance sont devenus illégaux au Canada
en 1976 et aux États-Unis en 1985.
Quelle est l’origine de l’ecstasy ?
L’ecstasy est fabriquée dans des laboratoires illégaux. Son procédé de fabrication et sa composition chimique varient d’un
laboratoire à l’autre. Le produit vendu sous le nom d’ecstasy contient souvent des drogues inconnues ou d’autres agents de
remplissage.
À quoi ressemble l’ecstasy ?
Elle est vendue habituellement sous forme de comprimés ou de capsules à avaler. Elle est également vendue en poudre ; les
comprimés peuvent être écrasés puis reniflés. Il arrive aussi, bien que rarement, que cette drogue soit injectée.
Les comprimés d’ecstasy sont de forme, de taille et de couleur différentes. Ils sont souvent estampillés d’un logo comme un
papillon ou un trèfle, ce qui leur donne l’apparence d’un bonbon. Ces motifs de « marque » sur les comprimés d’ecstasy ne
constituent pas une preuve de la qualité de la drogue, car il arrive que divers fabricants utilisent le même logo. Les imitations
de mauvaise qualité sont répandues et il est possible que des comprimés vendus sous le nom d’ecstasy ne contiennent pas de
MDMA.
Qui prend de l’ecstasy ?
La consommation croissante d’ecstasy comme drogue à usage récréatif a commencé dans les années 1980 aux États-Unis. Elle semble
être la drogue de prédilection des jeunes lors de parties qui durent toute la nuit (les « raves »). Cette drogue est encore
utilisée par les jeunes dans les boîtes de nuit et lors de fêtes, mais de nos jours son usage s’est répandu parmi d’autres
groupes et dans divers milieux.
Selon un sondage mené auprès des élèves ontariens de la 7e à la 12e année, l’usage de l’ecstasy au cours de l’année écoulée
est passé de 6 pour cent en 2001 à 3,2 pour cent en 2009. Et d’après un sondage de 2008 auprès des Canadiennes et Canadiens
de 15 ans et plus, 1,4 pour cent des répondants avaient consommé de l’ecstasy au moins une fois dans l’année écoulée.
Quels sont les effets de l’ecstasy ?
Les effets de l’ecstasy dépendent de plusieurs facteurs, entre autres :
- l’âge et le poids de la personne ;
- la quantité absorbée et la fréquence de consommation ;
- la durée d’utilisation ;
- la méthode d’absorption ;
- le milieu ambiant ;
- l’état médical ou psychiatrique préexistant ;
- la consommation simultanée d’alcool ou de drogues (illégales, sur ordonnance, en vente libre ou à base de plantes).
À doses faibles ou modérées, l’ecstasy peut produire des sensations de plaisir et de bien-être. La personne se sent plus sociable
et plus proche des autres. Comme tous les stimulants, l’ecstasy procure à son usager l’impression d’un débordement d’énergie
et de confiance.
Cependant, même à faible dose, l’ecstasy peut avoir des effets négatifs notables. Quant aux doses plus fortes, elles risquent
fort probablement d’intensifier les effets négatifs sans toutefois accroître les effets souhaités. Il s’agit, entre autres,
des symptômes suivants : grincements des dents, douleurs aux mâchoires, transpiration, augmentation de la tension artérielle
et du rythme cardiaque, angoisse ou crises de panique, vue trouble, nausées, vomissements et convulsions.
Une fois les effets initiaux disparus, les usagers risquent également de ressentir les effets ultérieurs, par exemple, confusion,
irritabilité, angoisse, paranoïa, dépression, troubles de la mémoire ou insomnie.
Quelle est la durée des effets ?
L’ecstasy commence à faire effet normalement dans l’heure qui suit. Ces effets peuvent durer de quatre à six heures. La durée
des effets ultérieurs est plus difficile à prédire ; ils risquent de durer pendant des jours, voire des semaines.
L’ecstasy est-elle dangereuse ?
Elle peut l’être. Bien que certaines personnes considèrent l’ecstasy comme une drogue relativement inoffensive, on lui attribue
un nombre croissant de décès. Comme c’est le cas pour de nombreuses drogues illégales, ces risques augmentent en fonction
de la quantité absorbée et de la fréquence d’utilisation.
La déshydratation et la température excessive du corps sont souvent à l’origine des décès liés à l’ecstasy, en particulier
dans le cadre de parties où les jeunes dansent toute la nuit. L’ecstasy fait augmenter la température du corps, la tension
artérielle et le rythme cardiaque, ce qui peut entraîner une insuffisance rénale ou cardiaque, des accidents vasculaires cérébraux
ou des crises d’épilepsie. On a même signalé des cas de jaunisse et de lésions au foie.
Les personnes souffrant de tension artérielle élevée, de problèmes de coeur ou de foie, de diabète, d’épilepsie ou de n’importe
quel trouble mental sont particulièrement vulnérables aux dangers de l’ecstasy. Une partie du danger provient du fait que
les personnes qui prennent de l’ecstasy peuvent ne pas être au courant de leur état préexistant et ne savent pas que les effets
de l’ecstasy peuvent provoquer les symptômes de leur maladie.
Comme c’est le cas de toute drogue illégale vendue dans la rue, on ne connaît pas vraiment la pureté ni la puissance de l’ecstasy.
En prenant de l’ecstasy, vous ne savez pas avec certitude ce que vous prenez et quels en seront les effets.
Le fait de combiner l’ecstasy à d’autres drogues, illégales ou sur ordonnance, risque de causer une interaction toxique. Plusieurs
médicaments sur ordonnance interagissent avec cette substance, dont un type d’antidépresseurs, les inhibiteurs de la monoamine-oxydase
(IMAO), et le ritonavir, un inhibiteur de protéase dont on se sert pour traiter l’infection au VIH.
Conduire ou faire fonctionner des machines sous l’effet de l’ecstasy ou de toute drogue accroît le risque de blessure corporelle
tant pour l’usager que pour les autres.
L’ecstasy peut-elle créer une toxicomanie ?
Cette drogue prend souvent une importance exagérée dans la vie des usagers. Les signes de toxicomanie comprennent les fortes
envies de ressentir les effets de la drogue, une consommation plus importante que voulue et l’utilisation continue, malgré
les problèmes qu’elle peut amener.
La tolérance à l’ecstasy s’établit très rapidement. Par conséquent, plus vous en consommez, moins vous en ressentez les effets.
Consommer une plus forte dose ne produira peut-être pas les effets escomptés, car l’usage fréquent de cette substance épuise
la sérotonine et d’autres substances chimiques du cerveau qui produisent la sensation d’« euphorie » causée par l’ecstasy.
Il existe peu de preuves indiquant que la MDMA entraîne une dépendance physique ou des symptômes de sevrage.
Quels sont les effets à long terme de l’ecstasy ?
Selon les études effectuées sur des animaux, l’usage d’ecstasy peut endommager les cellules cérébrales qui produisent la sérotonine.
Peu de recherches ont été menées sur les êtres humains ; cependant, certains travaux semblent montrer que l’ecstasy peut causer
des lesions cellulaires et altérer la chimie du cerveau humain, entravant des fonctions cérébrales comme l’apprentissage et
la mémoire.
Le risque de détérioration causée par la consommation de cette substance serait fonction de la dose et de la fréquence de
consommation, mais certaines etudes semblent suggérer que même l’usage occasionnel d’une petite dose d’ecstasy pourrait endommager
les cellules du cerveau qui produisent la sérotonine. On ignore encore la durée exacte des effets et on ne sait pas s’ils
sont permanents.