À propos de la santé mentale et de la toxicomanie

Parlons Cocaine

Qu’est-ce que la cocaïne ?

La cocaïne est une drogue stimulante qui entraîne une très forte dépendance. Les personnes qui prennent des stimulants se sentent plus éveillées et ont un regain d’énergie. La cocaïne peut aussi procurer un état d’euphorie (« high »). Le crack est une forme de cocaïne que l’on peut fumer. La cocaïne est tirée des feuilles (coca) du cocaïer, un arbuste qui pousse dans les Andes, en Amérique du Sud. De nos jours, presque toute la coca utilisée dans le monde est cultivée et transformée en cocaïne en Amérique du Sud.

Noms <de rue> Crystal, coke, crack,caillou, free-base, neige, rock (argot pour crack) ligne, speedball, coco

À quoi ressemble la cocaïne? Comment est-elle utilisée ?

La cocaïne peut être sous forme de :

  • poudre (à « sniffer » - renifler)
  • liquide (à injecter)
  • cristaux ou morceaux (à fumer).

On mélange parfois la cocaïne en poudre blanche avec d’autres produits qui lui ressemblent ou avec d’autres drogues. On peut y ajouter :

  • des sucres
  • des anesthésiques locaux (des médicaments qui engourdissent une partie du corps)
  • de la caféine
  • d’autres substances inconnues

Qui prend de la cocaïne ?

  • En 2005, environ un élève ontarien sur 20 (4,4 %) de la 7e à la 12e année a déclaré avoir consommé de la cocaïne au moins une fois au cours de l’année écoulée, ce qui représente près de 43 000 élèves.
  • La consommation de cocaïne est sensiblement la même chez les élèves de sexe masculin et féminin, soit respectivement 4,5 % et 4,3 %.
  • Environ un élève ontarien sur 50 (2 %) a dit avoir consommé du crack au oins une fois au cours de l’année écoulée, ce qui représente approximativement 19 300 élèves.
  • On avait observé une baisse de consommation de cocaïne et de crack dans les années 1980 parmi les élèves, mais on constate un regain depuis 1993.
  • La consommation de cocaïne varie selon les années d’études. C’est en 7e et 8e année qu’elle est la plus faible (environ 2 %) et en 11e et 12e année qu’elle est la plus élevée (environ 7 %).
  • En 2003, environ un adulte sur 14 en Ontario ( 7 %) avait déclaré avoir pris de la cocaïne au moins une fois dans sa vie.
  • Deux pour cent des adultes de la province ont déclaré avoir consommé de la cocaïne au cours de l’année écoulée.

Le savais-tu ?

Depuis au moins 4 500 ans, au Pérou et en Bolivie, les gens mâchent la coca pour masquer leur faim et combattre leur fatigue lorsqu’ils effectuent de durs travaux à haute altitude, avec peu de nourriture.

Info scoop

La cocaïne à l’état pure a été isolée des feuilles du cocaïer pour la première fois en 1860.

Le savais-tu ?

Dans les années 1880, le psychiatre Sigmund Freud a publié des travaux scientifiques qui vantaient les propriétés de la cocaïne pour traiter de nombreux problèmes de santé, comme la dépression et la dépendance à l’alcool et aux opioïdes. Depuis, la cocaïne est devenue facilement accessible et a été légalisée dans des médicaments et des boissons gazeuses brevetés.

Vrai ou faux

1. Renifler de la cocaïne ne peut pas tuer un enfant.

2. L’ecstasy cause plus de décès que la cocaïne.

3. Les gens qui font le trafic de la cocaïne avalent parfois un ballon rempli de cocaïne pour la camoufler.

4. Un trafiquant de drogues est facile à repérer.

Réponses

1. Faux. La cocaïne peut tuer, même lorsqu’elle est reniflée. Des personnes sont mortes après en avoir reniflé pour la première fois.

2. Faux. La cocaïne cause plus de décès que l’ecstasy.

3. Vrai. C’est ce qu’on appelle communément dans le milieu le « body packing ». Si la personne est prise en flagrant délit, elle est arrêtée. Si le ballon se perce, la personne peut mourir d’une surdose.

4. Faux. Les trafiquants n’ont pas toujours l’air de malfaiteurs comme ils sont représentés dans les films et à la télévision. Ils peuvent ressembler à des gens ordinaires comme ceux que tu croises dans la rue ou à l’école.

Les effets de la  cocaïne

La cocaïne crée-t-elle une dépendance ?

Oui, c’est une drogue qui entraîne une très forte dépendance.

Tous ses usagers ne développent pas une dépendance. Mais pour ceux qui le font, c’est la drogue dont il est le plus difficile de se sevrer. Le souvenir de la sensation d’euphorie procurée par cette drogue est si fort qu il est très difficile de ne plus jamais reprendre de cocaïne, même après avoir réussi à cesser son usage.

Les personnes qui développent une dépendance à la drogue en ont toujours une envie intense, même si elles sont conscientes des problèmes qu’elle leur cause. Se procurer et consommer de la cocaïne peut devenir leur plus grande préoccupation.

Si le crack est la forme de cocaïne qui entraîne la plus grande dépendance, toutes les formes de cocaïne entraînent une dépendance, selon la quantité consommée et la fréquence de consommation.

Info Scoop

Les produits chimiques utilisés dans la préparation du crack s’enflamment facilement, rendant sa consommation encore plus dangereuse.

Le savais-tu?

Quant tu te procures de la cocaïne, tu ne sais pas toujours ce que tu obtiens. Il existe de nombreux produits qui ressemblent à une poudre blanche et les trousses d’analyse ne sont pas très précises. Il est donc très difficile de savoir avec exactitude quelles autres substances ont été mélangées à la drogue.

On peut transformer la cocaïne en poudre en cristaux appelés « free-base » ou « crack » que l’on peut fumer à la pipe ou en cigarettes, en les mélangeant à du tabac.

Info scoop

Tu t’exposes plus à des surdoses si tu mélanges la cocaïne avec de l’alcool ou d’autres drogues.

Quels effets la cocaïne a-t-elle sur toi ?

Les effets de la cocaïne varient selon la quantité que tu consommes et la forme sous laquelle la drogue est utilisée, mais aussi selon que tu l’as prise avec de l’alcool ou d’autres drogues. La cocaïne pourrait te rendre :

  • énergique, confiant, bavard, excité et plus éveillé ;
  • agité, nerveux, irritable ou incapable de te détendre ou de dormir ;
  • paranoïaque (p. ex. te faire imaginer des choses ou te faire penser que les gens te veulent du mal).

On peut s’accoutumer aux effets de la drogue si on en consomme régulièrement. Tu pourrais donc devoir augmenter ta dose pour ressentir les mêmes effets euphorisants. Tu pourrais aussi devenir plus sensible à ses effets négatifs comme l’anxiété, la psychose (perte de contact avec la réalité) et les convulsions.

Comment se sent-on après avoir consommé de la cocaïne ?

Quand l’effet d’euphorie s’estompe, tu peux ressentir un grand sentiment « d’effondrement ». Tu peux te sentir anxieux, déprimé, fatigué ; tu peux avoir faim ; tu peux même te sentir suicidaire.

Les gens peuvent aussi avoir envie d’en reprendre, surtout pour enrayer cet état d’effondrement. Certaines personnes peuvent demeurer en état de « high » pendant des heures, voire des jours, en en faisant un usage excessif continu (le « bingeing »).

Ce mode de consommation entraîne rapidement une dépendance.  

Combien de temps les effets durent-ils ?

Pas longtemps. La cocaïne agit rapidement, mais ses effets se dissipent vite.

  • Lorsqu’elle est reniflée ou injectée, ses effets se font sentir en quelques minutes et peuvent durer jusqu’à une heure.
  • Lorsqu’elle est fumée, ses effets se font sentir en quelques secondes, mais ils ne durent que de cinq à 10 minutes.

Info scoop

Plus la cocaïne atteint rapidement le cerveau, plus la dépendance est grande.

Info scoop

Les usagers mélangent souvent la cocaïne avec d’autres drogues, comme l’alcool et la marijuana. Certaines personnes s’injectent même de l’héroïne avec de la cocaïne. C’est ce qu’on appelle un « speedball »

Les dangers et la loi

La cocaïne est-elle dangereuse ?

Oui ! La cocaïne peut être très dangereuse, même si tu en fais usage juste une fois.

  • Même une petite quantité peut causer une surdose.
  • La cocaïne peut causer une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral, même chez les personnes en bonne santé.
  • Renifler la drogue peut causer une infection des sinus, des saignements du nez et la perte de l’odorat. Cela peut endommager à jamais les tissus du nez.
  • Fumer du crack peut endommager les poumons.
  • Tu peux contracter des infections (p. ex. le sida ou l’hépatite) en partageant des seringues pour t’injecter de la cocaïne. L’injection de cocaïne mélangée à d’autres substances impures et insalubres peut aussi entraîner des complications et des infections.
  • La consommation de cocaïne pendant une grossesse peut être nocive pour le à naître. Elle peut causer une faussecouche, un accouchement prématuré ou la naissance d’un bébé de poids insuffisant.
  • L’usage de cocaïne pendant l’allaitement peut rendre le bébé malade.
  • La consommation de cocaïne a été associée à des comportements dangereux et à la violence, ainsi qu’à une altération du raisonnement et du jugement et à des risques accrus d’accidents et de maladies transmises sexuellement.
  • La consommation de cocaïne de longue haleine peut entraîner des problèmes mentaux, comme la psychose, l’anxiété, la dépression et la paranoïa.
  • La consommation à long terme peut aussi entraîner une perte de poids, la malnutrition, une mauvaise santé, des problèmes d’ordre sexuel (difficulté à avoir une érection) et financier, et la perte d’amis.

Le savais-tu ?

Tu peux faire bien du tort à ton nez en reniflant de la cocaïne. La muqueuse peut être tellement endommagée que ton nez coulera presque tout le temps, ou pire, tu pourrais te retrouver avec un trou entre les deux narines qui risquerait de nécessiter une opération !

La cocaïne est-elle légale ?

Non. La possession de cocaïne est une grave infraction criminelle au Canada.

Possession d’une petite quantité de cocaïne à des fins personnelles.

  • Jusqu’à 2 000 $ d’amende ou sept ans de prison, ou les deux

Possession de cocaïne à des fins de trafic (vente ou don)

  • Jusqu’à l’emprisonnement à vie

Rapporter de la cocaïne d’un autre pays

  • Jusqu’à l’emprisonnement à vie

Le savais-tu?

En 2004, on a saisi environ 3 416 kg de cocaïne sur le territoire canadien ou en route vers le Canada. C’est l’équivalent du poids d’un éléphant d’Afrique femelle adulte !

Reduire les risques et obtenir de l'aide ?

Comment réduire mes risques ?

Choisis de dire non à la cocaïne !

Essaie de l’abondonner !

Ne monte pas dans une voiture don’t le conducteur est en état d’euphorie.

Ne mélange pas la cocaïne avec d’autres drogues (y compris l’alcool et des médicaments sur ordonnance).

Comment savoir si quelqu’un fait une surdose et a besoin d’aide ?

Voici les signes d’une surdose de cocaïne :

  • perte de conscience ou coma ;
  • respiration plus rapide ;
  • convulsions ou spasmes incontrôlables ;
  • température excessive du corps ;
  • rythme du coeur rapide ou irrégulier ;
  • douleurs à la poitrine.

Que faire ?

Demande de l’aide médicale immédiatement. Appelle 911 tout de suite. Ce pourrait être une question de vie ou de mort !

Où trouver de l’aide ?

Si toi, un ami ou un membre de ta famille avez un problème lié au tabac, à l’alcool ou à d’autres drogues, vous pouvez trouver de l’aide. Parlez-en à quelqu’un de confiance, comme un médecin, un enseignant, une infirmière ou un conseiller en orientation professionnelle ou en toxicomanie. Vous pou vez aussi communiquer avec un centre d’évaluation de la toxicomanie ou un groupe d’entraide comme les Cocaïnomanes Anonymes ou les Narcotiques Anonymes (voir dans les Pages jaunes, la section Toxicomanie). Voici d’autres endroits qui peuvent aussi aider :

  • Centre de renseignement du Centre de toxicomanie et de santé mentale, au 1 800 463 6273
  • Jeunesse J'écoute, au 1 800 668 6868
  • Drogues et alcool - Répertoire des traitements en Ontario, au 1 800 565 8603, ou www.dart.on.ca

Pour de plus amples renseignements sur des questions de toxicomanie et de santé mentale ou pour obtenir un exemplaire de cette ressource, veuillez appeler le Centre R. Samuel McLaughlin de renseignements sur la toxicomanie et la santé mentale de CAMH :

Sans frais en Ontario : 1 800 463-6273
À Toronto : 416 595-6111

Pour commander des exemplaires en quantité de cette ressource ou d’autres publications de CAMH, veuillez vous adresser aux :

Services des publications
Tél. : 1 800 661-1111 ou
416 595-6059 à Toronto
Courriel : publications@camh.net

Pour faire un don, veuillez vous adresser à la :

Fondation de CAMH
Tél. : 416 979-6909
Courriel : foundation@camh.net

Si vous avez des questions à poser ou des éloges ou des préoccupations à formuler au sujet des services offerts par CAMH, appelez notre coordonnatrice des relations avec les clients au : 416 535-8501, poste 2028.

Remarque : Les termes de genre masculin utilisés pour désigner des personnes englobent à la fois les femmes et les hommes. L’usage exclusif du masculin ne vise qu’à alléger le texte.

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