Qu’est-ce que la toxicomanie ?
La Toxicomanie : Guide d’information
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Les gens prennent de l’alcool et d’autres drogues pour bien des raisons, que ce soit pour se détendre, pour se donner de l’énergie,
pour perdre leurs inhibitions ou pour éprouver du plaisir. Certains croient qu’il est plus facile de faire face à leurs problèmes
s’ils ont pris de l’alcool ou d’autres drogues. D’autres en prennent pour des raisons religieuses, pour s’intégrer à un groupe
ou parce qu’ils veulent faire l’essai d’une drogue en particulier.
Personne ne prévoit devenir toxicomane. Certains croient qu’ils maîtrisent leur consommation d’alcool ou d’autres drogues
et qu’ils en prennent seulement lorsqu’ils en ont envie. Toutefois, lorsqu’ils veulent modifier leur consommation, ils constatent
que ce n’est pas chose facile.
Comme la consommation d’alcool et d’autres drogues est répandue, il faut être capable de repérer les cas où la consommation
risque de devenir problématique.
Sophie adore aller dans un bar avec ses amies après le travail. Comme son emploi est stressant, elle prend quelques verres
avec elles pour se détendre. Depuis quelque temps, au lieu de prendre un verre ou deux après le travail, elle passe la soirée
à boire. Il lui arrive souvent de sauter le souper et de rentrer tard à la maison. À quelques reprises, Sophie a tellement
bu qu’elle ne se souvient plus comment elle est rentrée chez elle et elle est arrivée au travail en retard. Son patron lui
a dit qu’elle a l’air fatiguée et distraite et lui a demandé si tout allait bien.
Cet exemple illustre un cas où un problème d’abus d’alcool et d’autres drogues se développe lentement. On constate que les
indices de la consommation problématique d’alcool ou d’autres drogues peuvent passer inaperçus.
Nous étudierons maintenant des facteurs qui indiquent que la consommation d’alcool et d’autres drogues peut être problématique.
Les effets négatifs et la perte de contrôle sont deux signes importants indiquant que la consommation d’alcool et d’autres
drogues est risquée ou problématique.
Effets négatifs
La consommation d’alcool et d’autres drogues peut avoir des effets négatifs mineurs (p. ex., avoir la gueule de bois, arriver
au travail en retard) ou majeurs (p. ex., perdre son logis, contracter une maladie). Même si la consommation peut sembler
inoffensive, les effets négatifs peuvent s’intensifier avec le temps. Si une personne continue de prendre de l’alcool ou d’autres
drogues malgré les effets négatifs qu’elle en subit, elle pourrait avoir un problème d’abus d’alcool et d’autres drogues.
L’alcool et les autres drogues peuvent avoir des effets négatifs sur tous les aspects de la vie de la personne qui en consomme
:
- blessures subies pendant que les facultés sont affaiblies ;
- angoisse, irritabilité ou dépression ;
- difficulté à réfléchir ;
- trous de mémoire ;
- difficultés dans les relations avec autrui ;
- dépenses consacrées à l’achat d’alcool ou d’autres drogues et non à l’alimentation, au loyer ou à d’autres nécessités ;
- problèmes juridiques causés par la consommation d’alcool ou d’autres drogues ;
- sentiment de désespoir ou impression qu’il y a un vide dans sa vie.
L’alcool et les autres drogues peuvent avoir des effets négatifs sur la famille, les amis et les collègues de travail de la
personne qui en consomme. Ils peuvent même avoir une incidence sur des étrangers (p. ex., lorsqu’une personne prend le volant
tandis que ses facultés sont affaiblies par l’alcool ou d’autres drogues).
Perte de contrôle
Certaines personnes continuent de prendre de l’alcool ou d’autres drogues même si elles savent qu’ils causent des problèmes
dans leur vie et qu’elles souhaitent arrêter. Il se peut qu’elles consomment davantage d’alcool ou d’autres drogues que ce
qu’elles aimeraient prendre ou qu’elles en consomment dans des situations où elles voudraient s’abstenir. D’autres personnes
n’admettent pas que leur consommation d’alcool ou d’autres drogues n’est pas maîtrisée et qu’elle cause des problèmes dans
leur vie. On dit alors que ces personnes sont dans le déni. Toutefois, ce déni peut découler simplement d’une perception inadéquate
de la situation. Qu’on s’en rende compte ou non, la perte de contrôle de la consommation est un autre signe que celle-ci est
devenue problématique.
Simon a commencé à fumer de la marijuana il y a trois ans, à l’époque où son père est parti pour de bon. Au début, il en fumait
seulement après l’école avec des copains, puis il s’est mis à en fumer plus souvent. Maintenant, il fume tous les jours. En
fait, il prend son premier joint dès qu’il se lève le matin. Il dit que la drogue l’aide à se détendre et pense qu’elle est
sans danger. Ses résultats scolaires, qui n’ont jamais été bons, se détériorent. Sa mère lui parle constamment de ses devoirs.
Sa copine se plaint qu’il est toujours « défoncé ». Simon a essayé de mettre fin à sa consommation de drogue, mais il a constaté
que, quand il ne fume pas, il est tendu et irritable. Ses envies de se droguer sont plus fortes que sa volonté d’arrêter.
Dans cet exemple, Simon montre des signes de dépendance. Il fume de la marijuana régulièrement, en subit des effets négatifs
(problèmes à l’école et relation difficile avec sa copine) et est incapable de mettre fin à sa consommation. Il est tiraillé
par son désir d’arrêter de prendre de la drogue, le plaisir qu’il éprouve quand il en prend et le soulagement que la drogue
lui procure.
Dans la prochaine section, nous présentons des définitions des termes toxicomanie et dépendance.
Le terme dépendance est un synonyme de toxicomanie. Il y a deux types de dépendances à l’alcool et à d’autres drogues :
Il y a dépendance psychologique lorsqu’une personne croit qu’elle doit prendre de la drogue pour fonctionner ou se sentir à l’aise (p. ex., avoir besoin
de boire pour se sentir à l’aise en présence d’autres personnes ou devoir prendre de la drogue pour avoir des relations sexuelles
agréables). Certaines personnes en viennent à croire qu’elles doivent prendre de l’alcool ou d’autres drogues pour faire face
à leur quotidien.
Il y a dépendance physique lorsque l’organisme s’est habitué à la présence d’une drogue. La personne s’est accoutumée à la drogue, ce qui signifie qu’elle
doit en prendre davantage pour ressentir les mêmes effets. Lorsqu’elle cesse de prendre de la drogue, elle éprouve les symptômes
du sevrage.
Bien des gens pensent que la dépendance psychologique n’est pas aussi grave que la dépendance physique. Ce n’est pas nécessairement
vrai. Par exemple, la cocaïne ne cause pas de dépendance physique. Toutefois, on considère qu’il s’agit d’une des drogues
dont on peut le plus facilement devenir dépendant et qu’elle est parmi les plus difficiles à abandonner.
Dans le présent guide, nous utilisons le terme toxicomanie pour décrire la dépendance psychologique, qu’elle soit accompagnée
ou non d’une dépendance physique.
Il peut être difficile de modifier sa consommation d’alcool et d’autres drogues, notamment parce que ces substances ont généralement
des effets positifs au départ. Par exemple, certaines personnes se sentent bien, ont davantage confiance en elles et oublient
leurs problèmes lorsqu’elles prennent de l’alcool ou d’autres drogues. Toutefois, il peut s’écouler un certain temps avant
que les problèmes causés par la consommation ne se manifestent.
Certaines personnes consomment de l’alcool ou d’autres drogues pour composer, à court terme, avec des sentiments pénibles
ou douloureux Une personne qui prend ces substances peut avoir l’impression que ses problèmes sont moins graves ou qu’il lui
est plus facile de parler ou de se joindre à d’autres personnes. Elle peut en venir à croire qu’il lui est impossible de fonctionner
sans prendre d’alcool ou d’autres drogues. Lorsqu’une personne consomme de l’alcool ou d’autres drogues pour fuir la réalité
ou modifier ses sentiments, cette consommation peut devenir une habitude dont il est difficile de se défaire.
La consommation d’alcool et d’autres drogues à long terme, surtout si elle est excessive, peut modifier le fonctionnement
du cerveau et d' autres parties du corps. Les personnes qui ont une dépendance physique et qui cessent de prendre de l’alcool
ou d’autres drogues peuvent éprouver des symptômes de sevrage pénibles. De plus, les changements subis par le cerveau peuvent
être permanents. Ce pourrait être la raison pour laquelle certaines personnes continuent d’avoir envie de prendre de l’alcool
ou d’autres drogues et recommencent à en prendre plusieurs années après avoir mis fin à leur consommation.
Un grand nombre de personnes qui avaient une dépendance et qui ont mis fin à leur consommation d’alcool et d’autres drogues
comparent cette expérience à la fin d’une relation qui leur était très importante.
Alex a commencé à prendre de l’héroïne il y a plus de 10 ans. Il n’avait jamais assez d’argent pour acheter de la drogue.
De plus, il en avait assez d’être stressé parce qu’il devait se procurer de la drogue et que, s’il se faisait arrêter à nouveau,
il irait en prison. Malgré cela, il ne lui a pas été facile de décider de mettre fin à sa consommation d’héroïne et d’essayer
un traitement à la méthadone. Lorsque ce traitement est devenu routinier, Alex a commencé à s’ennuyer et ne savait plus que
faire de son temps. Il voulait recommencer à prendre de la drogue, mais avait peur de ce qui lui arriverait s’il reprenait
ses anciennes habitudes. Son conseiller l’a aidé à déterminer comment il voulait vivre sa vie. Alex est retourné à l’école
et a trouvé un emploi à temps partiel. Peu après, il a noué une relation avec une personne en qui il avait confiance. Certains
jours sont plus difficiles que d’autres mais, avec le temps, et comme Alex se tient occupé, la vie devient plus facile.
Alex a eu de la difficulté à mettre fin à sa consommation d’héroïne et à poursuivre son traitement, surtout au début. Les
problèmes d’abus d’alcool et d’autres drogues n’apparaissent pas du jour au lendemain. On peut en dire autant de leur solution.
En poursuivant son traitement et en continuant de recevoir de l’aide, Alex a commencé à reprendre sa vie en main.
La toxicomanie touche un grand nombre de personnes. Il y a de fortes chances que les personnes qui n’ont pas eu, elles-mêmes,
un problème d’abus d’alcool et d’autres drogues aient été confrontées à un tel problème par l’entremise d’un membre de leur
famille, d’un ami ou d’un collègue. Bien que la toxicomanie touche les hommes et les femmes de tout âge, elle est :
- de deux à trois fois plus fréquente chez les hommes que chez les femmes ;
- la plus répandue chez les personnes âgées de 15 à 24 ans (Statistique Canada, 2003).
Selon une étude sur la prévalence de la toxicomanie effectuée en 2002, 2,6 p. 100 des Canadiens avaient une dépendance à l’alcool
et moins de 1 p. 100, une dépendance aux drogues illégales (Statistique Canada, 2003). Toutefois, ces chiffres ne tiennent
pas compte de l’incidence totale des problèmes d’abus d’alcool et d’autres drogues au Canada. En effet, ces problèmes peuvent
se produire même quand la quantité d’alcool ou d’autres drogues consommée est faible et toucher des personnes qui n’ont pas
de dépendance. Par exemple, selon certaines estimations, plus de 25 p. 100 des hommes et près de 9 p. 100 des femmes qui prennent
de l’alcool sont des buveurs « à risque élevé ». On considère que ces personnes ont une consommation d’alcool dangereuse et
nocive pour elles-mêmes ou pour autrui, même si elles n’ont pas nécessairement de dépendance (Adlaf et coll., 2004).
Les préjugés sont une autre raison pour laquelle les problèmes d’abus d’alcool et d’autres drogues pourraient être plus fréquents
que ce qu'indiquent les études. En raison des préjugés associés à ces problèmes, les personnes touchées peuvent éprouver de
la honte et vouloir dissimuler leur toxicomanie.
Les préjugés affectent également la famille des personnes aux prises avec une toxicomanie. Celle-ci se sent obligée de cacher
le problème ou de faire comme si tout allait pour le mieux alors que, en vérité, elle a besoin d’aide.
Que peut-on faire pour éliminer les préjugés ? Un moyen simple de contribuer à les éliminer consiste à remplacer les termes
« toxicomane », « alcoolique », « junkie » et « drogué » par l’expression « personne ayant un problème d’abus d’alcool et
d’autres drogues ».Adoptez cette démarche, que vous parliez d’une autre personne ou de vous même. Ce faisant, vous attacherez
plus d’importance à la personne qu’au problème et vous démontrerez que vous savez qu’un problème ne définit pas une personne.
De plus, vous fournirez à la personne aux prises avec une toxicomanie le soutien et la compréhension dont elle a besoin pour
se rétablir.
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- Quelles sont les causes de la toxicomanie ?
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