Qu’est-ce que la toxicomanie ?
La Toxicomanie : Guide d’information
On a étudié plusieurs facteurs pour tenter d’expliquer et de comprendre les causes de la toxicomanie.Une chose est certaine
: il n’y a pas de cause unique de la toxicomanie. Une personne développe une toxicomanie à cause d’un ensemble de facteurs.
Facteurs génétiques
Il se peut que certaines personnes soient génétiquement plus vulnérables à la dépendance que les drogues peuvent générer.
Des études ont démontré que le risque d’avoir un trouble lié à l’abus d’alcool et d’autres drogues est plus élevé chez les
personnes dont un des proches parents a un tel trouble (Glantz et Pickens, 1992). Toutefois, un grand nombre de personnes
génétiquement vulnérables à la toxicomanie ne développent pas une dépendance aux drogues alors que d’autres, qui n’ont pas
d’antécédents familiaux de toxicomanie, le font.
Interaction de drogues avec le cerveau
Les personnes qui prennent de l’alcool ou d’autres drogues en consomment parce que ces substances stimulent le cerveau et
leur procurent un sentiment de bien-être. Cette gratification immédiate pousse à répéter l’expérience. Toutes les substances
susceptibles d’engendrer une dépendance stimulent la production de dopamine, une substance chimique présente dans le cerveau
qui est associée à la récompense et au plaisir. Manger, boire et avoir des relations sexuelles sont toutes des activités qui
amènent le cerveau à produire de la dopamine. Toutefois, la consommation d’alcool et d’autres drogues stimule considérablement
la production de dopamine, ce qui modifie l’activité chimique du cerveau. Le cerveau, de son côté, tente d’établir un juste
équilibre en s’accoutumant à la présence de la drogue, ce qui signifie qu’il faut en consommer de plus en plus pour procurer
un sentiment de plaisir.De plus, le cerveau s’adapte en réduisant la quantité de dopamine pouvant être produite. Cela explique
en partie pourquoi les personnes aux prises avec une toxicomanie disent qu’elles se sentent « à plat » et déprimées lorsqu’elles
ne prennent pas de drogue (NIDA, année indéterminée ; Glantz et Pickens, 1992).
Environnement
La situation à la maison, le quartier ou la collectivité où on vit et où on va à l’école, ou le lieu de travail peuvent avoir
une incidence sur le risque d’avoir des problèmes d’abus d’alcool et d’autres drogues. On peut en dire autant de l’attitude
des pairs et de la famille ainsi que de la façon dont on perçoit la consommation d’alcool et d’autres drogues au sein du milieu
culturel. Certaines personnes qui font face à des préjugés ou à de la discrimination ou qui sont marginalisées en raison de
leur culture, de leur race, de leur identité sexuelle, de leur orientation sexuelle, de leurs capacités, de leur âge ou d’autres
facteurs consomment de l’alcool ou d’autres drogues pour composer avec les traumatismes qu’elles vivent et avec l’isolement
social dont elles font l’objet.
Questions liées à la santé mentale
Des recherches ont démontré que plus de la moitié des personnes ayant un trouble lié à la consommation d’alcool et d’autres
drogues ont également des problèmes de santé mentale, particulièrement l’angoisse ou la dépression, au cours de leur vie (Reiger
et coll., 1990).
Le lien qui existe entre la consommation d’alcool et d’autres drogues et les problèmes de santé mentale est complexe. Certaines
personnes ayant de tels problèmes consomment de l’alcool ou d’autres drogues pour se sentir mieux, mais ne font qu’aggraver
leur situation. Pour ces personnes, même une petite quantité d’alcool (p. ex., un verre ou deux) peut aggraver leurs problèmes.
Vous trouverez plus de renseignements sur le lien entre la consommation d’alcool et d’autres drogues et les problèmes de santé
mentale dans la publication de CAMH intitulée Les troubles concomitants de toxicomanie et de santé mentale (que l’on peut
consulter en ligne à Les troubles concomitants de toxicomanie et de santé mentale : Guide d'information . Pour plus de détails, voir « Ressources » )
Composer avec ses pensées et ses sentiments
Certaines personnes consomment de l’alcool ou d’autres drogues pour composer avec des émotions ou des situations pénibles.
Par exemple, il se peut qu’elles prennent ces substances parce qu’il leur est difficile de se calmer lorsqu’elles sont en
colère ou bouleversées et que l’alcool ou les drogues régularisent leurs émotions. D’autres personnes prennent de l’alcool
ou d’autres drogues parce qu’elles sont stressées, parce qu’elles s’ennuient, parce qu’elles sont tristes ou pour atténuer
leurs inhibitions et avoir plus de facilité à parler ou à exprimer ce qu’elles ressentent.
Appartenance spirituelle ou religieuse
Nous ne donnons pas tous le même sens au terme spiritualité. Toutefois, un des aspects de la spiritualité qui touche un grand
nombre de personnes est le besoin de sentir que nous sommes liés les uns aux autres et liés au monde qui nous entoure. Les
personnes qui n’ont pas noué ce genre de liens spirituels peuvent sentir un vide ou un manque d’espoir. Elles peuvent alors
consommer de l’alcool ou d’autres drogues pour dissimuler ces sentiments, puis être aux prises avec un problème d’abus d’alcool
et d’autres drogues.
Facteurs de risque et de protection
Les chercheurs ont tenté d’éclaircir les causes complexes des problèmes d’abus d’alcool et d’autres drogues. Pour ce faire,
on peut notamment déterminer les facteurs susceptibles de causer ces problèmes et ceux qui protègent contre de tels problèmes.
Comme la consommation d’alcool et d’autres drogues commence souvent pendant la jeunesse, les chercheurs se sont concentrés
sur ce groupe d’âge.
Les facteurs de risque liés aux problèmes d’abus d’alcool et d’autres drogues chez les jeunes comprennent les suivants :
- la présence de problèmes d’abus d’alcool et d’autres drogues dans la famille ;
- de mauvais résultats à l’école ;
- la pauvreté, les conflits et les perturbations au sein de la famille et le stress ;
- le fait d’avoir des amis qui prennent de l’alcool ou d’autres drogues ;
- avoir de la difficulté à s’intégrer ou être exclu d’un groupe en raison de la race, de l’ethnicité, du sexe, de l’âge, de
l’orientation sexuelle, des capacités ou d’autres facteurs ;
- avoir subi de la violence psychologique, physique ou sexuelle ;
- avoir fait l’objet de discrimination ou d’oppression.
Les facteurs de protection liés aux problèmes d’abus d’alcool et d’autres drogues chez les jeunes comprennent :
- connaître un adulte dont le comportement positif peut servir de modèle (p. ex., le père, la mère, un autre membre de la famille
ou un enseignant) ;
- être bien encadré par ses parents ou d’autres personnes qui prodiguent des soins ;
- avoir des liens étroits avec sa famille, son école ou sa collectivité ;
- s’être fixé des objectifs et nourrir des rêves ;
- se livrer à des activités qu’on aime et qui sont bien encadrées (p. ex., sports, musique, bénévolat).
L’absence ou la présence de facteurs de risque et de protection ne signifie pas qu’une personne sera ou non aux prises avec
des problèmes. Toutefois, ces facteurs déterminent le niveau de risque auquel elle pourrait être exposée. Dans le cas d’une
personne ayant un problème d’abus d’alcool et d’autres drogues, les facteurs de risque et de protection influencent également
dans quelle mesure cette personne sera capable de modifier sa consommation.