À propos de la santé mentale et de la toxicomanie

Comment traiter les troubles concomitants ?

Les troubles concomitants de toxicomanie et de santé mentale : Guide d'information

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Dans bien des cas, les personnes ayant des troubles concomitants doivent se rendre à un endroit pour recevoir un traitement pour la santé mentale et à un autre endroit pour recevoir un traitement contre la toxicomanie. Parfois, ces services ne sont pas reliés entre eux.

Or, il y a souvent des liens entre les problèmes de santé mentale et les problèmes d’abus d’alcool et d’autres drogues, et ces problèmes interagissent. Les chances de réussite sont meilleures lorsque le traitement de ces deux types de problèmes a lieu en même temps et de façon coordonnée. Le traitement dépend généralement de la nature et de la gravité des problèmes. Il peut être psychosocial (thérapie individuelle ou de groupe) ou biologique (médicaments) ou, dans bien des cas, regrouper ces deux types de traitement.

Bien que le plan de traitement doive tenir compte à la fois des problèmes de santé mentale et des problèmes d’abus d’alcool et d’autres drogues, il est parfois préférable de traiter un de ces problèmes avant l’autre. Par exemple, il est plus probable que les personnes ayant à la fois un trouble de l’humeur et un trouble lié à la consommation d’alcool se rétablissent mieux si on traite d’abord le trouble lié à la consommation d’alcool.

En outre, une personne qui reçoit un traitement contre des troubles concomitants peut vivre un épisode qui aggrave son problème de santé mentale. Dans ce cas, le traitement pourrait être axé sur son problème de santé mentale plutôt que sur sa toxicomanie.

Où le traitement est-il dispensé ?

La plupart des personnes atteintes de troubles concomitants ont des problèmes variant de légers à modérés qui peuvent être traités dans la collectivité, par exemple par leur médecin de famille. Les personnes aux prises avec de graves problèmes peuvent avoir besoins de soins spécialisés.

Qu’est-ce que le traitement intégré ?

Les clients qui ont à la fois de graves problèmes de santé mentale et une toxicomanie grave peuvent avoir besoin d’un traitement intégré. Cette approche permet de s’assurer que les clients reçoivent tous les traitements dont ils ont besoin de façon efficace et coordonnée. De plus, elle permet aux clients de recevoir non seulement des traitements pour les troubles concomitants, mais aussi de l’aide pour d’autres aspects de leur vie comme le logement et l’emploi. Ce soutien permanent les aide à :

  • maintenir les bons résultats des traitements ;
  • prévenir les rechutes ;
  • faire en sorte que leurs besoins fondamentaux sont satisfaits.

Le traitement intégré donne de meilleurs résultats si le client a établi depuis longtemps une relation stable avec un gestionnaire de cas en qui il a confiance. Cette personne est un professionnel de la santé comme un agent chargé du dossier ou un thérapeute. Même si une seule personne supervise le traitement du client, ce dernier peut bénéficier de l’appui d’une équipe de professionnels comme des psychiatres, des travailleurs sociaux et des thérapeutes en toxicomanie.

Si les services de traitement ne sont pas tous dispensés au même endroit, les responsables de divers programmes peuvent coordonner ensemble le traitement. Par exemple, le thérapeute en toxicomanie peut poser des questions à ses nouveaux clients pour déterminer s’ils ont également des problèmes de santé mentale. Si tel est le cas, il peut :

  • soit traiter les problèmes de santé mentale ;
  • soit diriger ses clients vers un organisme de santé mentale et collaborer avec cet organisme. Les thérapeutes des deux organismes se consulteraient régulièrement pour suivre les progrès réalisés par leurs clients.

Objectifs de traitement

Auparavant, les systèmes de traitement de la toxicomanie et des problèmes de santé mentale considéraient et traitaient chacun des problèmes de façon différente, ce qui a pu créer une confusion dans l’esprit de certains clients qui recevaient des traitements de ces deux systèmes. Par exemple :

  • Un grand nombre de services de traitement de la toxicomanie sont d’avis que réduire la consommation d’alcool et d’autres drogues est un objectif réaliste pour les clients au début du traitement. C’est ce qu’on appelle la réduction des méfaits. À mesure que le client poursuit son traitement, l’abstinence, c’est-à-dire arrêter complètement de consommer de l’alcool et d’autres drogues, peut devenir son objectif à long terme. Toutefois, certains responsables de programmes de santé mentale demandent à leurs clients d’arrêter complètement de consommer de l’alcool ou d’autres drogues avant de commencer leur traitement.
  • Un grand nombre de problèmes de santé mentale peuvent être traités par des médicaments. Toutefois, dans le cadre de certains programmes de traitement de la toxicomanie, on tente d’aider le client à arrêter de prendre des drogues et des médicaments, y compris ceux servant à traiter les problèmes de santé mentale.

Heureusement, le personnel de nombreux programmes de santé mentale et de traitement de l’alcoolisme et de la toxicomanie travaille maintenant en plus étroite collaboration de sorte que les clients remarqueront moins de différences comme celles décrites précédemment.

Le but ultime du traitement est d’amener les clients à :

  • déterminer ce que signifie pour eux un avenir prometteur ;
  • trouver des moyens de mener une vie saine.

Le plan de traitement doit être adapté aux besoins particuliers de chaque client. Il doit faire appel aux démarches les plus appropriées en matière de problèmes de santé mentale et de toxicomanie.

Types de traitement

Le traitement des troubles concomitants peut être de nature psychosociale ou se faire à l’aide de médicaments. Les clients peuvent recevoir l’une ou l’autre de ces formes de traitement ou les deux.

Traitements psychosociaux

Les traitements psychosociaux sont un élément important du traitement des troubles concomitants. Ils comprennent :

  • la psychoéducation ;
  • la psychothérapie (counseling, thérapie individuelle et de groupe) ;
  • la thérapie familiale ;
  • le soutien par les pairs.

Psychoéducation

On entend par psychoéducation la sensibilisation aux questions de santé mentale et de toxicomanie. Les personnes qui connaissent leurs problèmes sont mieux en mesure de faire des choix éclairés. Ces connaissances peuvent aider les clients et leur famille à :

  • faire face à leurs problèmes ;
  • déterminer ce qu’il faut faire pour les éviter ;
  • élaborer un plan pour faciliter le rétablissement.

Tous les clients devraient bénéficier de services de psychoéducation lorsqu’ils commencent un traitement pour leurs troubles concomitants. Toutefois, il se peut qu’ils bénéficieront davantage de ces services s’ils les reçoivent tout au long de leur rétablissement. La psychoéducation peut suffire à traiter les personnes ayant des problèmes légers.

Lors des séances de psychoéducation, les participants discutent :

  • des causes des problèmes de santé mentale et de la toxicomanie ;
  • de la façon dont ces problèmes pourraient être traités ;
  • de la façon de gérer soi-même ses problèmes (si possible) ;
  • des mesures qu’on peut prendre pour éviter d’autres épisodes.

Psychothérapie

La psychothérapie, qu’on appelle parfois « dialogue psychothérapeutique », aide les clients à surmonter leurs problèmes en les amenant à examiner la façon dont ils :

  • pensent ;
  • agissent ;
  • se comportent avec leur entourage.

Il existe de nombreux types de psychothérapie. Certains conviennent mieux à des problèmes précis. La psychothérapie peut être de courte ou de longue durée.

La thérapie de courte durée a une structure qui lui est particulière et met l’accent sur des points précis. Le thérapeute joue un rôle actif et dirige le processus. En général, ce type de traitement compte, au plus, de 10 à 20 séances.

Lors d’une thérapie de longue durée, le thérapeute joue généralement un rôle moins actif et le processus est moins structuré. Dans la plupart des cas, le traitement dure au moins un an. Cette thérapie a pour but d’aider le client à régler des questions psychologiques complexes.

Pour que la thérapie soit réussie, il faut que le client établisse une relation de confiance avec un thérapeute qui le soutient et qui le met à l’aise.

Ce thérapeute peut être :

  • un médecin ;
  • un travailleur social ;
  • un psychologue ;
  • un autre professionnel.

Lors de leur formation, les thérapeutes apprennent divers types de psychothérapie. Ils travaillent dans des hôpitaux, des cliniques et des cabinets privés.

Thérapie cognitivo-comportementale

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est un type de psychothérapie de courte durée. Elle est efficace pour traiter un vaste éventail de troubles concomitants.

Les personnes qui suivent une TCC examinent comment leurs croyances ou leurs pensées affectent la façon dont elles se perçoivent et dont elles perçoivent le monde. Certaines pensées enracinées exercent une influence considérable sur l’humeur et le comportement. Par exemple, si une personne déprimée qui boit trop d’alcool croit qu’aucun traitement ne peut l’aider, il est possible qu’elle ne recherche pas de traitement. La TCC aide les clients à repérer et à modifier ces pensées et leur enseigne de nouvelles stratégies pour les aider dans leur vie quotidienne.

Thérapie comportementale dialectique

La thérapie comportementale dialectique (TCD) est un type de thérapie cognitivo-comportementale utilisé pour traiter un éventail de problèmes de comportement. La TCD repose sur des techniques occidentales cognitivocomportementales et sur des philosophies zen orientales. Elle apprend aux clients à :

  • être davantage conscients de leurs pensées et de leurs actions ;
  • tolérer la détresse ;
  • maîtriser leurs émotions ;
  • améliorer les liens avec autrui.

Thérapies psychodynamiques ou par la compréhension de soi Habituellement, les thérapies psychodynamiques ou par la compréhension de soi sont de longue durée et moins structurées. Elles atténuent la détresse en aidant les clients à comprendre ce qui motive leur comportement.

 Les thérapies interpersonnelles aident les clients à communiquer et à interagir avec d’autres personnes de façon plus efficace. En outre, elles aident les clients à :

  • examiner leurs interactions avec autrui ;
  • déterminer les enjeux et les problèmes dans leurs relations ;
  • trouver des façons d’apporter des changements.

La thérapie interpersonnelle de groupe met l’accent sur les interactions entre les membres d’un groupe.

Thérapie de groupe

La thérapie de groupe peut être bénéfique pour les personnes atteintes de troubles concomitants. Elle peut comprendre les traitements suivants :

  • thérapie cognitivo-comportementale ;
  • thérapie interpersonnelle ;
  • psychoéducation.

Un groupe peut être un milieu où les clients se sentent à l’aise pour discuter de questions telles que les relations familiales, les effets secondaires des médicaments et les rechutes.

Thérapie familiale

La famille peut aussi participer au traitement d’un client. Le soutien accordé par les membres de la famille peut être bénéfique pour les personnes aux prises avec des troubles concomitants. Les membres de la famille peuvent eux aussi suivre une thérapie. La thérapie familiale peut être salutaire pour diverses raisons :

  • la famille peut se renseigner sur les problèmes de santé mentale et la toxicomanie ;
  • les membres de la famille peuvent se faire soigner eux-mêmes en tant que clients.

Ce type de thérapie peut fournir à la famille :

  • des renseignements sur les troubles concomitants ;
  • des conseils et un soutien.

Le thérapeute travaille habituellement avec une seule famille à la fois. Parfois, des séances de thérapie familiale sont offertes en groupe pour plusieurs familles qui vivent des situations semblables. Les membres du groupe peuvent alors faire part de leurs sentiments et de leurs expériences à d’autres familles qui les comprennent et les soutiennent.

Groupes d'entraide formés de pairs 

Les groupes d’entraide formés de pairs peuvent jouer un rôle important dans le traitement. Ces groupes sont formés de personnes ayant toutes des troubles concomitants. Elles s’acceptent et se comprennent les unes les autres et peuvent faire part de leurs difficultés dans un milieu sécuritaire où elles se sentent appuyées. Dans bien des cas, les membres du groupe établissent des liens étroits entre eux. Les personnes chez lesquelles on a diagnostiqué récemment des troubles concomitants peuvent bénéficier des expériences vécues par les autres membres du groupe.

Il existe des groupes d’entraide formés de pairs pour les clients et pour les familles. Parmi les groupes s’adressant aux clients, citons les groupes Double Trouble et Dual Recovery Anonymous. La Family Association for Mental Health Everywhere (FAME) organise des groupes pour les familles. Pour de plus amples renseignements, voir page 42. Les groupes d’entraide formés de pairs offrent ce qu’on appelle un secours mutuel.

Traitements biologiques

Médicaments servant à traiter les problems de santé mentale

Les médicaments peuvent aider à maîtriser et à prévenir les symptômes. Psychiatric Drugs Explained, de David Healy, est une source utile de renseignements sur le fonctionnement des médicaments. Les principaux types de médicaments servant à traiter les problèmes de santé mentale sont :

  • les antidépresseurs ;
  • les anxiolytiques ;
  • les psychorégulateurs ;
  • les antipsychotiques.

Antidépresseurs

Les antidépresseurs sont utilisés pour traiter la dépression. Certains permettent également de traiter les troubles de l’angoisse. Il existe plus de 40 antidépresseurs. En voici quelques-uns :

  • les inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine (ISRS) : fluoxétine (p. ex., ProzacMD), paroxétine (p. ex., PaxilMD), sertraline (p. ex., ZoloftMD) ;
  • les antidépresseurs tricycliques : amitriptyline (p. ex., ElavilMD), nortriptyline (p. ex., AventylMD), imipramine (p. ex., TofranilMD), désipramine (p. ex., NorpraminMD), clomipramine (p. ex., AnafranilMD) ;
  • les inhibiteurs de la monoamine-oxydase (IMAO) : tranylcypromine (p. ex., ParnateMD), phénelzine (p. ex., NardilMD), moclobémide (p. ex.,ManerixMD) ;
  • autres : néfazodone (p. ex., SerzoneMD), venlafaxine (p. ex., EffexorMD), bupropion (p. ex.,Wellbutrin SRMD).

Anxiolytiques

Les anxiolytiques sont utilisés pour traiter l’angoisse. Les benzodiazépines sont un type d’anxiolytiques. On les utilise parfois pour aider les clients pendant leur sevrage de l’alcool. Ce sont des sédatifs légers (ils peuvent avoir des effets relaxants et causer une somnolence). Les benzodiazépines sont sans danger si elles sont prises pendant une courte période. Toutefois, si elles sont prises pendant longtemps, elles peuvent entraîner une dépendance. C’est pour cette raison qu’on les prescrit généralement pour une longue période seulement si d’autres médicaments n’ont pas donné les résultats escomptés. Lorsque les benzodiazépines sont prescrites, il faut surveiller de près la dose. Les anxiolytiques comprennent les médicaments suivants :

  • le chlordiazépoxide (p. ex., LibriumMD) ;
  • le diazépam (p. ex.,ValiumMD) ;
  • l’alprazolam (p. ex., XanaxMD) ;
  • le lorazépam (p. ex., AtivanMD) ;
  • la buspirone (p. ex., BusparMD).

Psychorégulateurs

Les psychorégulateurs sont utilisés pour réduire les sautes d’humeur et pour prévenir les épisodes maniaco-dépressifs. Les trois grands types de psychorégulateurs sont :

Antipsychotiques

Les antipsychotiques sont utilisés pour traiter la psychose. Les idées délirantes et les hallucinations sont des symptômes de psychose. Il y a deux grands types d’antipsychotiques :

  • typiques : halopéridol (p. ex., HaldolMD), chlorpromazine (p. ex., LargactilMD), perphénazine (p. ex., TrilafonMD) ;
  • atypiques : clozapine (p. ex., ClozarilMD), rispéridone (p. ex., RisperdalMD), olanzapine (p. ex., ZyprexaMD).

Médicaments utilisés pour traiter la toxicomanie

Les médicaments peuvent également être utilisés pour traiter la toxicomanie. Certains sont administrés pendant une courte période et d’autres, pendant une longue période.

Il existe trois types principaux de médicaments contre la toxicomanie :

  • les médicaments aversifs ;
  • les médicaments qui atténuent les états de besoin ;
  • les médicaments de substitution.

Médicaments aversifs

Les personnes qui prennent des médicaments aversifs éprouvent des effets désagréables s’ils continuent de consommer de l’alcool ou d’autres drogues. Le disulfirame (AntabuseMD) est un médicament aversif utilisé pour traiter la dépendance à l’alcool.

Médicaments qui atténuent les états de besoin

Certains médicaments modifient la réaction chimique du cerveau aux drogues. Ils bloquent les effets agréables d’une drogue ou atténuent les états de besoin.Voici des exemples de ces médicaments :

  • la naltrexone (ReViaMD), pour traiter la dépendance à l’alcool ou aux opioïdes ;
  • le bupropion (WellbutrinMD, ZybanMD), pour traiter la dépendance à la nicotine.

Médicaments de substitution

Les médicaments de substitution atténuent ou préviennent les symptômes de sevrage. Ils peuvent également atténuer ou éliminer les états de besoin. Lorsqu’ils s’accompagnent d’un soutien médical et social, ces médicaments peuvent aider les clients à mettre fin à un style de vie axé sur l’abus d’alcool et d’autres drogues. La méthadone, qui est utilisée pour traiter la dépendance aux opioïdes comme l’héroïne, est le médicament de substitution le plus courant.

Observance thérapeutique et effets secondaires 

Un médicament peut avoir des effets secondaires troublants. Un grand nombre de ces effets s’estompent avec le temps. Si vous éprouvez des effets secondaires graves, parlez-en à votre médecin. Il pourra modifier la dose ou prescrire d’autres médicaments permettant de réduire, voire d’éliminer ces effets secondaires. N’oubliez pas que l’abus d’alcool et d’autres drogues peut nuire aux effets positifs des médicaments.

Votre médecin surveillera votre médication. Dans certains cas, il peut vérifier la quantité de médicaments présents dans votre sang pour s’assurer que la dose est adéquate. Votre médecin peut également examiner certains organes de votre corps pour déterminer les effets des médicaments.

Lorsque des précautions adéquates ont été prises, les risques de complications graves attribuables aux médicaments sont généralement inférieurs aux risques que court une personne qui a des problèmes de santé mentale ou une toxicomanie non traités.

Traitements particuliers

Les clients en voie de rétablissement peuvent avoir besoin d’interventions particulières telles que :

  • la gestion du sevrage ;
  • la gestion de crises ;
  • la prévention de la rechute ;
  • l’hospitalisation.

Gestion du sevrage

Certains clients ont besoin d’aide à court terme pour mettre fin à leur abus d’alcool et d’autres drogues. La gestion du sevrage les aide à gérer les symptômes qu’ils éprouvent lorsqu’ils arrêtent de prendre de la drogue et à se préparer à suivre un traitement de longue durée. De plus, elle permet aux clients de prendre connaissance des options qui s’offrent à eux pour traiter leur toxicomanie.

Il y a trois types de gestion du sevrage :

  • gestion du sevrage dans la collectivité – le client peut gérer lui-même son sevrage à la maison avec l’aide de professionnels des soins de santé ;
  • gestion du sevrage dans un centre – le client recevra des soins plus intensifs et sera supervisé de plus près ;
  • services médicaux de gestion du sevrage – si le client éprouve des symptômes de sevrage plus graves, comme des convulsions ou des hallucinations, il pourrait avoir besoin de services médicaux de gestion du sevrage, qui seront supervisés par un médecin ou une infirmière. Ces services peuvent nécessiter une hospitalisation ou être dispensés en clinique externe. Des médicaments peuvent être prescrits au client pour remplacer la drogue ou soulager les symptômes.

Gestion de crises

Il peut arriver qu’une personne atteinte de troubles concomitants soit en crise. Par exemple, il peut y avoir un danger qu’elle se fasse du mal ou qu’elle blesse quelqu’un d’autre.

Il peut être très difficile pour les membres de sa famille de réagir de façon efficace à une crise soudaine. Il est utile de prévoir des stratégies d’urgence lorsque la personne se sent bien afin que tout le monde sache comment réagir lors d’une crise éventuelle.

Selon la situation, la crise peut être gérée à la maison avec l’aide des membres de la famille, de pairs et de professionnels. Toutefois, il est possible que la crise nécessite l’hospitalisation de la personne.

Une fois la crise terminée, il faudra peut-être modifier le traitement de la personne. Par exemple, elle devra peut-être reprendre une thérapie si elle a terminé son traitement.

Prévention de la rechute

Dans les cas les plus graves, les problèmes de santé mentale et de toxicomanie sont chroniques et récurrents. Cela signifie que, même après qu’une personne a été traitée, les problèmes peuvent se manifester de nouveau, c’est-à-dire qu’elle peut avoir une rechute.

La rechute fait partie du processus de rétablissement. Cela ne signifie pas qu’il faut mettre fin au traitement. Si la personne prend des médicaments pour un problème de santé mentale, elle doit continuer à les prendre.

Il est important de reconnaître la rechute et d’en discuter. La rechute peut être une occasion :

  • d’apprendre ;
  • de revoir le plan de traitement ;
  • de renouveler un plan d’action.Les personnes qui ont de nouveau des problèmes de santé mentale ou une toxicomanie n’ont pas nécessairement besoin de soins médicaux intensifs. La rechute peut être traitée par une thérapie individuelle ou de groupe.

Hospitalisation

Lors d’une crise grave ou d’une rechute, il peut être nécessaire d’hospitaliser le client, par exemple lorsqu’il peut y avoir des conséquences graves découlant des situations suivantes :

  • le client se comporte de façon agressive ;
  • il prend des risques dangereux ;
  • il a fait une surdose ;
  • il s’est fait du mal ou a un comportement suicidaire ;
  • il ne subvient pas à ses besoins fondamentaux.

Dans de tels cas, le client peut être hospitalisé pendant quelques jours ou quelques semaines. À l’hôpital, il se peut qu’il suive une thérapie individuelle ou de groupe tous les jours. Le client peut s’attendre à quitter l’hôpital lorsque :

  • les mesures de suivi auront été mises en place ;
  • les symptômes se seront estompés ;
  • le client ne présentera pas de danger et pourra prendre soin de lui à la maison.

Admissions en cure volontaire et admissions en cure obligatoire

En général, une personne se rend à l’hôpital de son propre gré (admission en cure volontaire). Cela signifie :

  • qu’elle accepte d’être hospitalisée ;
  • qu’elle peut quitter l’hôpital en tout temps.

Toutefois, dans la plupart des territoires, la loi autorise les médecins à hospitaliser une personne contre son gré (admission en cure obligatoire). Cela signifie que cette personne n’estime pas qu’elle a besoin d’aide et ne veut pas être hospitalisée. Le médecin peut admettre une personne en cure obligatoire s’il croit que celle-ci court un risque élevé :

  • de se faire du mal ;
  • de blesser quelqu’un d’autre.

Chaque province, État et territoire a mis en place un processus régissant les admissions en cure obligatoire. Par exemple, en Ontario, si la personne n’a pas de médecin, sa famille peut demander à un juge de paix d’ordonner qu’un médecin effectue un examen au cours duquel il déterminera si cette personne doit être évaluée par le service psychiatrique d’un hôpital. Le médecin doit prouver que la personne risque de se faire du mal ou de blesser quelqu’un d’autre à cause de sa maladie.

La loi protège les droits des personnes admises à l’hôpital contre leur gré. Par exemple, un « conseiller en matière de droits » rendra visite au client et veillera à ce que ce dernier puisse en appeler de son admission en cure obligatoire devant un comité indépendant formé d’avocats, de médecins et de non-spécialistes.

Il faut parfois demander l’aide de la police pour amener quelqu’un à l’hôpital. Il peut être très difficile pour les membres de la famille de prendre cette décision. Dans bien des cas, ils se sentent coupables d’appeler la police, même s’ils ont besoin d’aide pour protéger la vie de la personne qui leur est chère. Il ne faut pas oublier que, lorsqu’une personne menace de se suicider, c est généralement une façon de demander de l’aide. Les pensées suicidaires sont souvent temporaires, mais il faut les prendre au sérieux et assurer la sécurité de la personne.

Les troubles concomitants de toxicomanie - guide

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