Expliquer les troubles concomitants aux enfants
Les troubles concomitants de toxicomanie et de santé mentale : Guide d'information
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Il peut être délicat et difficile d’expliquer un problème de santé mentale ou une toxicomanie aux enfants. Certains parents
décident de ne pas en parler parce qu’ils veulent protéger leurs enfants. Ils tentent de maintenir leur routine familiale
comme si de rien n’était. Cette stratégie peut fonctionner à court terme mais, à long terme, il se peut que les enfants soient
désorientés et qu’ils s’inquiètent du changement de comportement de leur père ou de leur mère.
Les enfants sont sensibles et intuitifs. Ils remarquent rapidement un changement de comportement dans la famille, surtout
lorsqu’il touche leur père ou leur mère. Si la famille ne parle pas du problème, les enfants tireront leurs propres conclusions
qui, dans bien des cas, seront erronées.
Les jeunes enfants, surtout ceux d’âge préscolaire et du niveau élémentaire, croient souvent que le monde tourne autour d
eux. Si quelque chose de négatif se produit, ils pensent qu’ils en sont responsables. Par exemple, un enfant brise accidentellement
un objet de valeur. Le lendemain, son père ou sa mère semble déprimé. L’enfant peut alors croire qu’en brisant l’objet, il
a causé la dépression de son père ou de sa mère.
Que devrais-je révéler aux enfants ?
Les enfants ont besoin d’explications. Fournissez-leur tous les renseignements qu’ils peuvent comprendre.
Tout-petits et enfants d'âge préscolaire
Les tout-petits et les enfants d’âge préscolaire comprennent les phrases simples et courtes. Ils ont besoin de renseignements
concrets, exempts de jargon technique. Il est préférable de leur donner des explications simples puis de s’efforcer de rendre
leur vie aussi normale que possible. Après avoir expliqué le problème, vous pouvez réconforter l’enfant en vous livrant ensemble
à une activité qui lui est agréable.
Enfants d'âge scolaire
Les enfants d’âge scolaire peuvent assimiler davantage d’information que les enfants plus jeunes. Toutefois, il est possible
qu ils ne comprennent pas les détails concernant les médicaments et la thérapie.
Adolescents
Les adolescents peuvent généralement comprendre la plupart des renseignements qu’on leur fournit. Dans bien des cas, ils ont
besoin de parler de leurs pensées et de leurs sentiments. Les adolescents s’inquiètent beaucoup de ce que d’autres personnes,
particulièrement leurs camarades, pensent d’eux et de leur famille. Il est possible qu’ils posent des questions sur l' hérédité
et qu’ils se demandent ce qu’ils devraient révéler à d’autres personnes. Ils peuvent craindre les préjugés associés aux problèmes
de santé mentale et de toxicomanie. En leur communiquant des renseignements, vous les encouragerez à parler.
Ce que vous pouvez dire aux enfants
Il est bon d’expliquer trois points principaux aux enfants :
1. Le parent a un problème qu’on appelle « troubles concomitants ». Le parent se comporte ainsi parce qu’il est malade. Cette maladie peut avoir des symptômes qui causent des changements d’humeur
ou de comportement imprévisibles.
2. L’enfant n’a pas causé le problème. Il faut rassurer l’enfant et lui dire que ce n’est pas de sa faute si le parent est triste, en colère ou heureux. Il faut
lui dire que son comportement n’est pas la cause des émotions ou du comportement du parent. Les enfants voient les choses
de façon concrète. Si un parent est triste ou en colère, il est fort possible que l’enfant croit que c’est de sa faute et
qu’il se sente coupable.
3. L’enfant n’a pas la responsabilité de guérir la personne malade. Il faut que l’enfant sache que les adultes de sa famille et d’autres personnes, comme des médecins, tentent d’aider la personne
malade et que c’est à eux que revient la responsabilité de prendre soin de cette personne.
L’enfant a besoin d’être protégé des effets des symptômes de la personne malade par le parent en santé et par d’autres adultes
en qui il a confiance. Il est très pénible pour l’enfant de voir son père ou sa mère dans un état de détresse ou de souffrance
affective. En parlant à quelqu’un qui comprend la situation, l’enfant pourra mieux comprendre les sentiments confus qu’il
éprouve.
À l’extérieur de la maison
Beaucoup d’enfants ont peur des changements qu’ils constatent chez leur parent atteint de troubles concomitants. Les moments
qu’ils passaient auparavant avec cette personne leur manquent. Le fait de se livrer à des activités à l’extérieur de la maison
les aide en les exposant à d’autres relations saines. À mesure que le parent se rétablit, il recommencera graduellement à
se livrer aux activités familiales. Cela l’aidera à renouer de bonnes relations avec l’enfant.
Le père et la mère devraient discuter avec l’enfant de ce qu’il peut dire aux personnes ne faisant pas partie de sa famille.
Le soutien des amis est important. Toutefois, il peut être difficile d’expliquer les troubles concomitants et certaines familles
craignent que :
- d’autres personnes ne comprennent pas la situation ;
- d’autres personnes se comportent de façon préjudiciable à l’égard de la personne atteinte de troubles concomitants.
Chaque famille doit déterminer ce qu’elle veut révéler à d’autres personnes.
Pendant la maladie
Les activités quotidiennes des enfants peuvent être bruyantes. Il est possible qu’une personne aux prises avec des troubles
concomitants ne puisse tolérer le bruit et le comportement des enfants. Il peut être nécessaire pour les membres de la famille
de protéger la personne malade contre les situations qui pourraient la rendre irritable et brusque envers les enfants. Il
faudra peut-être que les enfants aillent jouer à l’extérieur ou que le parent se repose une partie de la journée dans une
pièce calme de la maison.
Pendant le rétablissement
Une fois rétabli, le parent qui était malade peut expliquer son comportement aux enfants. Il devra peut-être prévoir des activités
spéciales auxquelles il se livrera avec eux, qui lui permettront de renouer de bonnes relations avec eux et leur démontreront
que le parent est de nouveau disponible, qu’il s’intéresse toujours à eux.