À propos de la santé mentale et de la toxicomanie

Incidence des troubles concomitants sur la famille

Les troubles concomitants de toxicomanie et de santé mentale : Guide d'information

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Que se passe-t-il lorsqu’un être cher est aux prises avec des troubles concomitants ?

Lorsqu’une personne a un problème chronique, tous les membres de sa famille sont touchés et doivent composer avec un facteur de stress supplémentaire.

Les familles ont souvent de la difficulté à accepter le fait qu’un parent a à la fois des problèmes de santé mentale et une toxicomanie. Certaines familles acceptent le diagnostic de santé mentale, mais pas la toxicomanie. Elles peuvent croire que ce problème révèle un « mauvais » comportement. D’autres familles acceptent la toxicomanie, mais ont de la difficulté à accepter le fait qu’un parent a un problème de santé mentale. Enfin, certaines familles ont de la difficulté à comprendre que les troubles concomitants sont récurrents et qu’il ne s’agit pas d’une maladie qu’on peut guérir.

Les membres de la famille peuvent éprouver :

  • de la culpabilité ;
  • de la honte ;
  • du chagrin ;
  • de la dépression ;
  • de l’angoisse ;
  • un sentiment de vide.

Ils doivent accepter le fait que leurs attentes à l’endroit de leur parent peuvent changer. Cela dit, les familles peuvent jouer un rôle important dans le rétablissement. Si une personne atteinte de troubles concomitants bénéficie du soutien et de la compréhension de sa famille, elle a de meilleures chances de se rétablir de façon durable.

Les membres de la famille doivent apprendre à :

  • communiquer de façon efficace ;
  • accorder leur soutien lorsque cela est nécessaire ;
  • savoir quand prendre leurs distances ;
  • prendre soin d’eux-mêmes.

Il est possible que, lors du traitement de leur parent, les membres de la famille se mettent à envisager l’avenir avec espoir et optimisme. Peut-être se rendront-ils mieux compte des difficultés auxquelles leur parent fait face et admireront-ils son courage. Lorsque le traitement d’une personne ayant des troubles concomitants se déroule bien, il arrive souvent que les membres de sa famille se sentent gratifiés.

Obtenir un traitement pour un membre de la famille

Il peut être difficile de convaincre un membre de votre famille ou votre partenaire qu’il ou elle a besoin d’aide. Il se peut que cette personne soit tellement découragée par la situation qu’elle n’arrive pas à comprendre comment un traitement pourrait l aider. Les personnes aux prises avec des troubles concomitants sont plus susceptibles d’avoir d’autres problèmes de santé, mais il se peut que ces troubles n’aient pas été diagnostiqués. Par conséquent, même si vous croyez deviner la nature du problème, il se peut que votre parent refuse de reconnaître qu’il doit être traité pour des troubles concomitants.

Il est préférable de soutenir votre parent lorsque vous tentez de le convaincre de se faire traiter. La confrontation ne mène à rien. Un des moyens de le soutenir consiste à déterminer à quel changement il s’oppose le moins.

Par exemple, s’il mentionne que l’alcool a des effets terribles sur son humeur, vous pouvez amorcer une discussion sur la consommation d’alcool et l’amener ainsi à envisager un traitement.

Lorsque le membre de votre famille est prêt à suivre un traitement, jouez un rôle actif, par exemple :

  • en trouvant des centres de traitement ;
  • en prenant rendez-vous pour lui ;
  • en l’accompagnant au centre de traitement.

Si votre parent y consent, vous pouvez également fournir au thérapeute des renseignements qui l’aideront à comprendre la situation que vit votre parent.

Les familles doivent prendre soin d’elles-mêmes

Lorsqu’un membre de la famille a un problème grave, il est normal que les autres membres s’inquiètent et soient stressés. Ils réconfortent ou aident cette personne en plus de relever les défis habituels de leur vie de famille. Par conséquent :

  • les membres de la famille peuvent constater que les soins qu’ils prodiguent à leur parent ont pris la place de leur routine et de leurs activités courantes ;
  • comme ils ne savent pas comment d’autres personnes réagiront envers leur parent atteint de troubles concomitants, il est possible qu’ils évitent de recevoir des amis ;
  • avec le temps, ils peuvent perdre contact avec leurs amis.

Reconnaître les signes de stress 

Il importe de reconnaître les signes de stress chez soi. Dans bien des cas, on met du temps à se rendre compte à quel point on est épuisé sur le plan physique et affectif. À cause de ce stress, on peut :

  • mal dormir ;
  • être constamment épuisé ;
  • être toujours irritable.

Reconnaître ses sentiments 

Vos sentiments sont importants. En les acceptant, vous serez mieux en mesure d’aider la personne atteinte de troubles concomitants. Il est possible que :

  • vous soyez triste parce que l’être cher a à la fois un problème de santé mentale et une toxicomanie ;
  • vous soyez en colère parce que cela est arrivé à un membre de votre famille et vous touche également ;
  • vous craignez ce que l’avenir vous réserve ;
  • vous ayez peur parce que vous ne savez pas comment vous vous adapterez à la situation ;
  • vous vous sentiez coupable parce que vous croyez avoir causé ce problème ;
  • vous éprouviez un sentiment de vide lorsque votre parent se comporte d’une façon qui vous est étrangère ;
  • vous soyez stressé par les tâches supplémentaires que vous devez accomplir.

Prendre soin de soi 

Vous devez prendre soin de votre propre santé physique et mentale. Pour ce faire :

• Déterminez vos limites.

• Prévoyez du temps pour vous. Continuez de vous livrer à des activités en dehors de votre famille, y compris la personne atteinte de troubles concomitants.

• Efforcez-vous de constituer un réseau de soutien formé d’amis et de parents sur qui vous pouvez compter.

• Déterminez à qui vous pouvez vous confier. Certaines personnes ont de la difficulté à comprendre les problèmes de santé mentale et la toxicomanie. Faites attention. Confiez-vous uniquement aux personnes qui pourront vous soutenir.

• Songez à obtenir de l’aide même si votre parent ne suit pas de traitement. Si vous comprenez les problèmes qu’a votre parent et leur incidence sur votre vie, il vous sera plus facile de vous adapter à la situation. Vous pouvez vous joindre à un groupe d’entraide ou de soutien familial mis sur pied par une clinique communautaire de santé mentale, un organisme de traitement de la toxicomanie ou un hôpital.

• Reconnaissez et acceptez le fait que vous éprouverez parfois des sentiments négatifs à l’égard de la situation. Ces sentiments sont normaux, ne vous culpabilisez pas.

Se préparer à une rechute ou à une crise

Dans bien des cas, les membres de la famille évitent de parler à leur parent de rechutes et de crises parce qu’ils craignent que cela ne déclenche une crise ou ne perturbe leur parent. En outre, tout le monde espère que la dernière crise ne se reproduira jamais.

Or, le meilleur moyen de faire face à une crise, voire de l’éviter, est de savoir ce qu’il faut faire avant qu’elle ne se produise. Il faut mettre l’accent sur le bien-être du parent tout en se préparant à une crise ou à une rechute. Cela permettra d’apaiser les inquiétudes de la personne malade et de sa famille.

Lorsque votre parent ou votre partenaire se sent bien, planifiez ce que vous ferez si les problèmes surviennent à nouveau. Posez-vous les questions suivantes :

  • Pourriez-vous consulter ensemble avec votre parent son médecin pour discuter de l’état de ce dernier et de la façon de faire face à une crise éventuelle ?
  • Votre parent vous autorisera-t-il au préalable à communiquer avec son médecin ?
  • Votre parent vous a-t-il autorisé à l’hospitaliser s’il fait une crise ? Dans l’affirmative, quel hôpital a-t-il choisi ?
  • Si votre parent est malade et ne peut prendre de décision au sujet de son traitement, accepte-t-il que vous preniez cette décision ?

Il serait bon d’avoir sur papier les conditions sur lesquelles vous et votre parent vous êtes entendus pour vous assurer qu’elles seront respectées. Vous pouvez également établir des liens positifs avec un thérapeute et élaborer un plan d’urgence pour éviter une crise.

Conseils pour venir en aide à un membre de votre famille

1. Renseignez-vous le plus possible sur les causes, les signes, les symptômes et le traitement des problèmes qu’a votre parent. Cela vous aidera à comprendre sa situation et à le soutenir pendant son rétablissement. Reconnaissez et acceptez vos sentiments. Il est normal d’éprouver des sentiments contradictoires. En sachant cela, vous pourrez mieux maîtriser vos émotions et soutenir votre parent pendant son rétablissement.

2. Encouragez votre parent à suivre son plan de traitement. Incitez-le à assister régulièrement aux séances de traitement. S' il semble que les médicaments n’améliorent pas son état ou s’ils ont des effets secondaires trop prononcés, encouragez votre parent à en parler :

  • au médecin, à l’infirmière, au thérapeute ou à un autre membre de l’équipe de traitement ;
  • à un pharmacien ;
  • à un autre professionnel.

Accompagnez votre parent lors d’une séance de traitement pour faire part de vos observations. Aidez votre parent à éviter es choses qui peuvent l’amener abuser de l’alcool et d’autres drogues.

3. Apprenez à détecter les signes d’actes autodestructeurs et de suicide. Les signes avant-coureurs comprennent :

  • éprouver un désespoir croissant ;
  • régler ses affaires ;
  • tenir des propos comme « Lorsque je ne serai plus là . . . ».

Si votre parent menace de se suicider ou de se faire du mal, prenez-le au sérieux et demandez de l’aide sur-le-champ. Au besoin, composez le 911. Aidez votre parent à se rendre compte que les actes autodestructeurs et les pensées suicidaires sont un symptôme de sa maladie. Dites-lui constamment à quel point sa vie vous est précieuse.

4. Lorsque votre parent se sent bien, déterminez ce que vous pouvez faire pour éviter les crises. En collaboration avec votre parent, faites une liste des mesures que vous prendrez s’il rechute ou s’il a une autre crise. Déterminez comment vous réagirez dans les cas suivants :

  • votre parent fait de nouveau un usage abusif d’alcool ou d’autres drogues ;
  • il a de nouveau des problèmes de santé mentale ;
  • il est aux prises avec d’autres problèmes.

5. N’oubliez pas vos propres besoins :

  • prenez soin de vous-même ;
  • maintenez votre propre réseau de soutien ;
  • ne vous isolez pas ;
  • envisagez de suivre une thérapie ;
  • reconnaissez les pressions qui s’exercent sur votre famille à cause des troubles concomitants ;
  • si possible, partagez les responsabilités avec d’autres personnes ;
  • ne laissez pas les problèmes envahir votre vie familiale.

6. Reconnaissez que le rétablissement est un processus lent et graduel. Sachez que votre parent doit se rétablir à son propre rythme. Vous pouvez l’aider à se remettre d’un épisode ou d’une rechute de la façon suivante :

  • n’ayez pas d’attentes irréalistes et ne surprotégez pas votre parent ;
  • faites des choses avec votre parent plutôt que pour lui. De cette façon, il reprendra lentement confiance en lui.

7. Considérez les troubles concomitants comme une maladie et non pas comme une faiblesse de caractère. Traitez votre parent de façon normale lorsqu’il sera rétabli tout en restant à l’affût des signes de rechute. Si vous détectez des symptômes précoces, suggérez à votre parent de consulter son fournisseur de soins.

Les troubles concomitants de toxicomanie - guide

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